Groupe des sept (économie)
groupe de discussion et de partenariat économique de sept pays
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Le Groupe des sept (G7) est un groupe de discussion et de partenariat économique de sept pays réputés en 1975[1] pour être les plus grandes puissances avancées du monde qui détiennent environ les deux tiers de la richesse nette mondiale[2],[3],[4] (44 % en 2023) : Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni. Le groupe rassemble 7 des 10 pays avec le plus important PIB du monde, avec l'absence notable de la Chine qui occupe le 2e rang et de l'Inde qui occupe le 5e rang (en 2025).
Groupe des six (G6) (1975)
Groupe des sept (G7) (1976-1996)
Groupe des huit (G8) (1997-2013)
| Groupe des sept (G7) | |
| En bleu foncé, les pays membres du G7 à part entière et en bleu clair, les pays représentés par l'Union européenne. | |
| Situation | |
|---|---|
| Création | 1975 |
| Ancien nom | Groupe des cinq (G5) (informel) Groupe des six (G6) (1975) Groupe des sept (G7) (1976-1996) Groupe des huit (G8) (1997-2013) |
| Type | Conférence diplomatique |
| Domaine | Économie |
| Organisation | |
| Membres | États membres du G7
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| Présidence | |
| Site web | |
| modifier |
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Le sommet du G7 réunit chaque année les chefs d'État ou de gouvernement de ces pays, ainsi que les présidents de la Commission et du Conseil européens, ainsi que des représentants d'autres pays ou d'autres unions internationales invités à participer sur des sujets précis. La France préside le G7 pour l'année 2026 et fixe deux priorités à son action : le renouvellement des partenariats internationaux et de la solidarité, ainsi que la réduction des déséquilibres macroéconomiques mondiaux.
Ces rencontres sont contestées par des mouvements altermondialistes, qui critiquent l'influence prédominante de ces pays sur l'économie mondiale et les politiques néolibérales qui en découleraient. Toutefois, ces sommets constituent une plate-forme de discussion régulière entre chefs d'État, et assez informelle, favorisant la coopération jusqu'au plus haut niveau et la définition d'objectifs communs.
Historique et contexte

À la suite du premier choc pétrolier, un G5 informel est lancé en 1974, avec une série de réunions à Washington entre les États-Unis, le Japon, la France, l'Allemagne de l'Ouest et le Royaume-Uni[5]. On parle aussi de « Library Group », en référence à la bibliothèque de la Maison-Blanche où se tiennent ces réunions[6].
Puis, avec l'ajout de l'Italie sur l'initiative du président français Valéry Giscard d'Estaing lors du premier sommet de 1975 au château de Rambouillet en France, le G6 est créé. Les six chefs d'État fondateurs du groupe s'engagent alors à se réunir annuellement, avec une présidence tournante, afin de traiter les questions économiques et financières de façon informelle. Il n'existe donc pas de structure particulière du groupe, qui ne répond pas à un protocole ou à une organisation : il s'agit d'une réunion de dirigeants, qui a pour objectif de « discuter des affaires du monde [...] en toute franchise et sans protocole, dans une ambiance décontractée »[7].
Le G6 devient rapidement le G7 avec, en 1976, l'ajout du Canada sur demande germano-américaine. Dès 1977, l'Union européenne participe aussi au G7 en tant qu'invitée ; elle est représentée par le président de la Commission européenne, auquel s'est ajouté par la suite le représentant de la présidence tournante de l'UE, ou le président du Conseil européen[8]. En 1990, l'ancienne RDA intègre de facto le G7 au bénéfice de la réunification allemande. À partir de 1994, la Russie est régulièrement présente en marge du G7 avec les représentants du groupe. On parle alors de P8 (Political 8) ou de G7+1, jusqu'à ce que la Russie rejoigne formellement le groupe en 1997, donnant ainsi naissance au G8.
Le sommet du G8 de 2001 tenu à Gênes en Italie est marqué par des émeutes, opposant les forces de l'ordre et de nombreux manifestants, ainsi que par la mort d'un manifestant, Carlo Giuliani, à la suite d'un tir d'un carabinier. Ce sera le dernier sommet tenu au sein d'une très grande ville, les membres du G8 décidant alors à la suite de ces événements et aux attentats du 11 septembre 2001 commis aux USA de tenir désormais leurs réunions dans des endroits moins accessibles au public[9].
Le G8 qui s'est tenu à Evian-les-Bains, en France en 2003 a également donné lieu à des manifestations violentes à Genève, accompagnées de nombreux pillages de commerces et de dizaines de millions d'euros de dégâts[10].
À la suite de la crise de Crimée qui voit la Russie annexer la Crimée ukrainienne en 2014, la chancelière allemande Angela Merkel affirme implicitement que la Russie n'a plus sa place dans le groupe[11], et le président américain Barack Obama de proposer par la suite de tenir le sommet annuel originellement prévu à Sotchi en Russie à Bruxelles en Belgique. La Russie est alors temporairement suspendue[12]. Federica Mogherini et d'autres autorités italiennes[13],[14] ainsi que le diplomate allemand et le président de la Wehrkunde Wolfgang Ischinger (en)[15] ont déclaré qu'ils travaillaient au retour de la Russie dans le G8. En 2015, le Ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a déclaré que la Russie sera en mesure de revenir dans le groupe à condition qu'il n'y ait pas de nouvelle escalade des conflits en Ukraine et en Syrie[16]. La même année, le Premier ministre du Japon Shinzō Abe a demandé le retour de la Russie dans le G8, indiquant que la participation de la Russie est « cruciale pour la lutte contre de multiples crises au Moyen-Orient »[17].
En 2017, la Russie se retire définitivement après sa suspension de 2014.
En 2025, le Canada (pays hôte) détermine les priorités du sommet : la sécurité mondiale, la guerre commerciale américaine et la stabilité de la région indo-pacifique[18].
Importance économique
| Population (2023) | PIB nominal (2023) | ||||
|---|---|---|---|---|---|
| Millions | % | Milliards USD | % | Rang mondial | |
| Monde | 8 025,0 | 100,0 | 105 435 | 100,0 | |
| G7 | 779,3 | 9,71 | 46 796 | 44,38 | |
| 334,9 | 4,17 | 27 361 | 25,95 | 1 | |
| 84,5 | 1,05 | 4 456 | 4,23 | 3 | |
| 124,5 | 1,55 | 4 213 | 4,00 | 4 | |
| 68,4 | 0,85 | 3 340 | 3,17 | 6 | |
| 68,2 | 0,85 | 3 031 | 2,87 | 7 | |
| 58,8 | 0,73 | 2 255 | 2,14 | 8 | |
| 40,1 | 0,50 | 2 140 | 2,03 | 10 | |
| 449,5 | 5,60 | 18 349 | 17,40 | - | |
L'Union européenne est membre du G7 mais n'est cependant pas un État. L'Allemagne, la France et l'Italie sont également dans l'UE.
Structure et activités
Le G7 n'est pas une administration transnationale, à la différence d'institutions comme les organisations du système des Nations unies telles que l'ONU ou la Banque mondiale, mais il est officiellement reconnu par eux[20]. La présidence du groupe tourne parmi les États membres chaque année. Le pays tenant la présidence accueille une série de réunions au niveau ministériel amenant à une réunion au sommet de deux ou trois jours au milieu de l'année avec les chefs d'État et de gouvernement. Il est aussi responsable de la sécurité des participants.
Les réunions ministérielles rassemblent des ministres compétents dans des domaines tels que la santé, les affaires étrangères, l'éducation, l'économie (depuis 1986)[21], l'énergie, l'environnement, la justice et la sécurité nationale et alimentaire. La plus connue de ces dernières est le G7 qui se réfère maintenant spécifiquement à la réunion annuelle des ministres de l'économie du G8, excepté la Russie, ainsi que de fonctionnaires de l'Union européenne.
Par exemple, en , les ministres de la Justice et de l'Intérieur se sont mis d'accord sur le lancement d'une base de données internationale des pédophiles.
Le sommet de Gleneagles (Royaume-Uni) s'était conclu en 2005 sur l'engagement de procurer à l'Afrique une aide au développement supplémentaire de 25 milliards de dollars. Le suivi de cette volonté est assuré par l'Africa Progress Panel (en), présidé par Kofi Annan. En , cet organe constate par voie de rapport que l'engagement pris en 2005 n'a pas été tenu[22].
Seules cinq femmes ont représenté leur pays dans l’histoire des G8/G7 : Margaret Thatcher et Theresa May pour le Royaume-Uni entre 1979 et 1990 (pour la première) et entre 2016 et 2018 (pour la deuxième), Kim Campbell pour le Canada en 1993, Angela Merkel pour l’Allemagne entre 2005 et 2021, et Giorgia Meloni pour l'Italie depuis 2023.
Sommets
Chaque année, les sommets du G7 changent de pays dans cet ordre : France, États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Japon, Italie, Canada. La Chine et l'Inde sont de possibles futurs candidats.
Précédents sommets
G6
| Dates | Pays | Lieu | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1er | 15– | Rambouillet[a] | G. Ford | T. Miki | H. Schmidt | V. Giscard d'Estaing | H. Wilson | A. Moro |
G7
G8
G7
Dirigeants
- Dirigeants
Contestations et sécurité
Le sommet de Gênes en 2001 a constitué un tournant majeur dans la contestation du G8. Il a été marqué par de violents affrontements, la mort d'un manifestant (Carlo Giuliani) ainsi que par des accusations de grave violences policières[29]. Celles-ci, survenues notamment lors de l'assaut de l'école Diaz, ont par la suite conduit à des procès et à la condamnation de membres des forces de l'ordre[30].
En 2003, le sommet d'Évian a également généré d'importantes manifestations altermondialistes. Ces rassemblements ont été émaillés de violences, entraînant d'importants dégâts matériels dans la ville de Genève, tandis qu'un militant a été gravement blessé lors d'une intervention policière visant à débloquer un axe de circulation[31],[32].
En conséquence de ces événements et des difficultés à assurer le maintien de l'ordre dans des grandes métropoles, les pays organisateurs ont radicalement modifié la logistique de ces sommets. Depuis, ces rencontres se tiennent dans des lieux isolés et plus facilement sécurisables, comme à Heiligendamm en 2007[33]. Ces sommets impliquent maintenant des dispositifs de sécurité exceptionnels, incluant le déploiement de milliers de membres des forces de l'ordre, l'érection de périmètres de sécurité, et occasionnellement la réintroduction temporaire du contrôle aux frontières, comme ce fût le cas en Belgique lors du sommet de 2014[34].