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Servir (association)

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Servir, anciennement Association des anciens élèves de l'ENA (AENA), est l'association d'anciens élèves de l'École nationale d'administration, renommée Institut national du service public. Créée en 1947, elle représente les anciens élèves de l'école (énarques, c'est-à-dire ceux issus des concours d'entrée, ainsi que les élèves internationaux).

Histoire

Fondation et premières années (1947-1958)

L'AENA est fondée le 7 novembre 1947 par les élèves sortant de la promotion 1946-1947 de l'ENA, France Combattante[1]. Elle a vocation à fédérer les anciens élèves de l'école. Marie-Christine Kessler (1978) indique qu'elle s'est construite comme une « fédération de représentants des différents corps et administrations auxquels accèdent les énarques ». Elle est dirigée par un bureau et par une assemblée générale[2].

Tous les élèves font par défaut partie de l'association. Tous ne paient toutefois pas la cotisation annuelle. Kessler rapporte qu'en 1951, seuls 30 % des anciens élèves cotisaient (90 sur 300)[2].

Dans les années 1950, l'association est consultée par le conseil d'administration de l'école dans le cadre des débats sur la réduction de la durée de la scolarité, Félix Gaillard imposant une baisse de trois mois[2]. L'association fait front avec la direction de l'école contre cette mesure, néanmoins adoptée[2]. En 1952, l'association crée une commission des études pour pouvoir se positionner sur le rapport commandé par Gaillard à Victor Pierre Le Gorgeu, Louis Joxe et Henri Deroy. Ses travaux lui permettent ensuite de jouer un rôle majeur dans la première grande réforme de l'école, celle de 1958[2].

Développement (1958-années 1980)

L'association des anciens élèves voit son rôle se confirmer à partir de la fin des années 1950. L'association pèse sur le processus de réforme du concours et de la scolarité de 1958. Elle s'oppose notamment à la suppression du concours interne, qui devait être transformé en une admission sur titre dispensant du concours, et qui n'aurait pas garanti la qualité de la sélection[2]. Son bulletin indique en 1959 que « [n]otre association a montré aux pouvoirs publics qu'elle est capable d'imposer une solution, de prouver l'existence de l’École, la solidarité de ses anciens et d'imposer une mesure étendue collectivement aux anciens de l’École »[2].

Forte de cette montée en puissance, l'association crée en 1959 une section interne visant à rassembler les anciens élèves travaillant au ministère de l'Éducation nationale ; cette section devient une association autonome en 1961[1]. L'association s'oppose en revanche souvent à l'Association des administrateurs civils[3]. La première lutte en effet contre l'intégration, dans le corps des administrateurs civils, des personnels non-issus de l'ENA, et notamment des agents recrutés avant 1945 et dont le niveau, plus faible que celui des énarques, avait justifié la création de l’École[2]. Elle s'oppose au recrutement au tour extérieur pour cette même raison[2].

En 1961, elle est reconnue d'utilité publique[1]. Charles de Gaulle donne à cette époque un discours devant l'assemblée générale des anciens élèves[4].

L'association ne se désintéresse pas des évènements de Mai 68 et de leurs répercussions au sein de l’École. Le rapport rédigé par les élèves de la promotion Jean Jaurès à destination du ministre de la Fonction publique bénéficie de consultations avec l'association[2]. Kessler (1978) rapporte toutefois que les anciens élèves « n'[ont] exercé une certaine influence modératrice que de façon limitée »[2].

En 1982, l'AENA prend position contre la création d'un concours dédié aux personnes ayant eu une expérience syndicale, associative ou d'élu local (troisième concours)[5].

Sous le mandat d'Édith Cresson, l'association des anciens élèves s'oppose à la délocalisation de l'école à Strasbourg, dans la commanderie Saint-Jean[6].

En 2017, une polémique émerge du versement de 400 000 € d'indemnités de départ à la présidente de l'association, Christine Demesse[7].

L'association aujourd'hui

L'association prend position au sujet de la réforme de l'ENA en INSP et de la réforme des concours en 2021. Elle se montre critique du projet de renommage de l'école[8]. Elle critique par ailleurs l'épreuve de questions à réponses courtes, panachage de quatre disciplines différentes, ainsi que le concours à destination des titulaires d'un doctorat[9].

En 2022, l'association est renommée « Servir »[10].

Rôle

L'association est indépendante de l'école. Elle demeure toutefois liée à cette dernière en ce qu'elle dispose d'un siège à son conseil d'administration[1]. Alain Garrigou souligne son rôle d'influence au sein de l'école[11].

L'association édite une revue, Servir, rédigée par des anciens élèves, ainsi qu'un annuaire des anciens élèves.

Présidents

La liste suivante est non exhaustive.

Notes et références

Liens externes

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