Shahnaz Bukhari
psychologue, journaliste et militante des droits des femmes
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Shahnaz Bukhari ou Shahnaz Bokhari (en ourdou : شہناز بخاری) est une psychologue clinicienne, journaliste et militante pour les droits des femmes pakistanaise. Elle est la fondatrice et directrice de l'organisation non gouvernementale Progressive Women's Association Pakistan qui documente et combat les violences faites aux femmes. Son engagement pour les droits des femmes et des enfants est récompensé de nombreux prix.
| Nom dans la langue maternelle |
شہناز بخاری |
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Biographie
Shahnaz Bukhari est titulaire d'une maîtrise ès sciences de l'Université du Pendjab à Lahore[1]. Après ses études, elle travaille comme conseillère familiale et psychologue en Arabie saoudite pendant sept ans[1]. À son retour au Pakistan en 1984, Bukhari constate une absence de services pour les victimes de violence et décide de combler ce manque[2].
L'année suivante, elle fonde la Progressive Women's Association Pakistan (PWA), une organisation destinée à aider les femmes victimes de violences sociales et conjugales[2]. Elle se bat de manière régulière pour faire évoluer la loi pakistanaise sur le viol, l’immolation des mariées par le feu ou pour garantir des places réservées aux femmes au parlement pakistanais[3],[4]. En 1994, la PWA prend également en charge les victimes d'attaques à l'acide et de brûlures[5]. La même année, la PWA réussit à convaincre la Première ministre Benazir Bhutto de créer des commissariats de police entièrement féminins[1]. Bukhari devient sa conseillère spéciale sur la violence domestique[6]. De 1994 à 2008, la PWA recense 7 800 cas d'attaques à l'acide dans la région d'Islamabad[7].

En 1999, Bukhari transforme sa maison familiale à Rawalpindi en premier refuge sécurisé pour les femmes battues et leurs enfants au Pakistan[1]. Bukhari et la PWA ont également enquêté et recensé 5 675 victimes de décès par inhalation de fumée dans des poêles à bois, ce qui couvre en fait des meurtres, parmi les 16 000 cas de violences faites aux femmes qu'elles ont documentés[1].
En 2001, Bukhari est arrêtée pour « complicité de tentative d'adultère » pour avoir hébergé une femme victime de violences conjugales ; elle est acquittée deux ans plus tard[1]. Selon Bukhari, sa famille et elle ont reçu de nombreuses menaces avec perquisition de la police[1]. Bukhari, la PWA et leurs actions font l’objet de documentaires à l’international, produits par National Geographic, la BBC, CNN ou encore Al Jazeera[5].
Shahnaz Bukhari est un temps directrice d'une agence d'emploi pour femmes[3]. Elle partage son temps rémunéré avec le poste de rédactrice et éditrice du magazine Women's World qui traite des problèmes rencontrés par les femmes au Pakistan[3],[8].
Prix et distinctions
Le gouvernement pakistanais reconnaît son engagement pour les droits des femmes en 1995 par un prix[3]. En 2003, Bukhari reçoit le Civil Courage Prize de la Fondation américaine Train pour sa « résistance inébranlable au mal au péril de sa vie, plutôt que pour sa bravoure militaire »[9],[10],[11]. Un an plus tard, Women's eNews (en) l'a nommée parmi les « 21 leaders du XXIe siècle »[1]. En 2001, elle obtient le prix des droits de l'homme de Weimar.