Shahrzad Mojab

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Shahrzad Mojab
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Shahrzad Mojab est une universitaire iranienne, militante pour la paix et féministe. Elle enseigne au sein du département de Leadership, de l'enseignement supérieur et de l'éducation des adultes à l'Institut d'études des femmes et du genre de l'Université de Toronto, au Canada.

Elle est connue pour ses recherches sur l'impact des guerres, les déplacements des populations et la violence sur l'éducation des femmes. En plus de sa recherche académique, elle s'efforce de rendre son travail accessible à un large public par le biais de l'art : films, théâtre, danse.

Shahrzad Mojab quitte l'Iran en 1982 avec sa famille pour fuir les persécutions du gouvernement. Ils vivent depuis 1986 au Canada.

Formation

Shahrzad Mojab est née le à Chiraz en Iran[1]. Elle obtient son baccalauréat ès arts en 1977, en Iran, en anglais. Elle obtient ensuite une maîtrise des arts dans les domaines « éducation comparée et administration » et « enseignement supérieur et continu » en 1979 ainsi qu'une maîtrise en éducation de l'université de l'Illinois à Urbana-Champaign, avec une spécialisation en éducation internationale comparée et en administration de l'enseignement supérieur et de la formation continue[2],[1]. Elle passe quatre ans, de 1979 à 1983, dans l'Iran post-révolutionnaire où elle s'engage dans le mouvement de la gauche, le mouvement des femmes et le mouvement autonome kurde tout en enseignant à l'Université nationale d'Iran de 1979 à 1980[1],[3].

Shahrzad Mojab quitte l'Iran en 1982 avec son mari, Amir Hassanpour, et leur fils Salah pour fuir les persécutions du gouvernement[2],[3].

Carrière académique

Elle retourne d'abord aux États-Unis et à l'Université de l'Illinois à Urbana-Champaign pour y poursuivre un doctorat. Elle soutient sa thèse, intitulée « The State and University: The ‘Islamic Cultural Revolution’ in the Institutions of Higher Education of Iran, 1980-1987 », en 1991[1].

Shahrzad Mojab enseigne d'abord à l'Université de Windsor, à l'Université Ryerson et à l'Université Concordia puis rejoint l'université de Toronto en 1996. Elle est directrice de l'Institut pour les femmes et le genre à l'Université de Toronto de 2003 à 2008, directrice des études sur l'équité et la solidarité au New College de 2018 à 2021 et directrice par intérim du New College de 2009 à 2010. Elle préside également l'Association canadienne pour l'étude de l'éducation des adultes[1],[2],[3],[4],[5].  

Elle contribue à la création du Fonds de dotation Shahidian et du Prix Heydarian pour la justice sociale[1]. Elle contribue également à de nombreux comités au sein de l'université, parmi lesquels le Conseil consultatif sur l'équité et le Conseil consultatif sur la condition féminine[1].

Elle participe au Réseau des femmes dans les zones de conflit (Women in Conflict Zones Network) et au Réseau d’études sur les femmes kurdes (The Kurdish Women’s Studies Network), un réseau multiethnique, interrégional et transnational de chercheuses et de militantes[1].

Politique de diversité dans les universités canadiennes

Shahrzad Mojab participe à la mise en œuvre de la Loi fédérale du Canada sur l’équité en matière d’emploi dans les universités canadiennes et siège dans plusieurs organisations professionnelles : le Conseil des universités de l’Ontario, la Confédération des associations de professeurs d’université de l’Ontario, l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université, le Réseau ontarien pour l’équité en matière d’emploi et le Réseau canadien pour l’équité en matière d’emploi. Ces travaux la conduisent à étudier les relations entre l’État et le système d’éducation en Occident et au Moyen-Orient, qu'elle poursuit dans le cadre de ses projets de recherche « Quebec Universities and the Challenges of Diversity (Les universités du Québec et les enjeux de la diversité » et « Immigrant Women and Adult Education (Les femmes immigrantes et l’éducation des adultes) »[1].

Recherche académique

Les recherches de Shahrzad Mojab s'articulent autour de trois axes : les femmes et les mouvements sociaux révolutionnaires au Moyen-Orient, la politique mondiale de l'éducation et de l'apprentissage et les mouvements étudiants et les relations entre l'État et l'université en Iran[1].

Dans ce contexte, elle traite des conséquences des guerres et de la violence sur les femmes, de la lutte du peuple kurde, de la situation des femmes au Moyen-Orient et dans le monde arabe, de la résistance et la persécution politiques, des politiques éducatives, des études sur la diaspora et le transnationalisme et la pédagogie antiraciste [1],[6].

Son approche sociologique est basée sur le marxisme-féminisme et le matérialisme historique[1].

Elle critique les monopoles du savoir et du pouvoir dans l'éducation, et préconise des pratiques pédagogiques basées sur le dialogue et l'inclusion.

En 2011, elle est appelée, en tant que spécialiste des crimes d'honneur, à témoigner dans le procès « Shafia » où la cour doit se prononcer sur le crime de quatre femmes, filles et épouse de l'accusé principal. Elle déclare que la notion d'honneur familiale est liée à la sexualité des femmes et à la capacité de la contrôler[7].

Autres activités

Shahrzad Mojab s'efforce de rendre son travail accessible à un large public par le biais de l'art : films, peinture, danse, parfois en collaborant avec des artistes[4],[8],[5].

Elle participe à des projets de danse avec Roshanak Jaberi et Doris Rajan (No Woman's Land et Behind the Stained Wall)[5],[9].

Elle a également créé un site internet de recherche sur la résistance au Moyen-Orient : Political prisoners, the Art of Resistance in the Middle East[10].

En 2023, elle crée et dirige The Archive of Defiance, une archive féministe révolutionnaire à vocation esthétique destinée à l'enseignement, la recherche et l'activisme féministes transnationaux. Elle contient notamment une sélection de documents visuels représentatifs du mouvement Femme, Vie, Liberté en Iran, organisée en fonction des formes artistiques[5].

Films

Elle est l'auteure de films documentaires, avec Shahrzad Arshadi, cinéaste et photographe canadienne, engagée pour la justice sociale et des droits de l'homme.

Le documentaire Samjana: Memoirs and Resistance, en 2007, est inspiré de ses recherches sur les femmes au Népal après la guerre, leur rôle dans le processus de paix, ainsi que le rôle des associations de femmes dans la construction d'une paix durable.

Dancing for Change: The Rebel Women of Kurdistan (2011) décrit les rêves et les désirs des femmes kurdes pour un monde juste[11].

Son projet de recherche Remembering Not to Forget (Se souvenir de ne pas oublier) est un récit numérique racontant les histoires des anciens prisonniers politiques la violence d'état, des histoires d'humanité, d'espoir et de résistance. Les histoires comprennent des images numériques, des textes, des narrations audio, des clips vidéo et de la musique.

En 2010, elle réalise Talking Prison, Creating Art and Making Justice et Guerrilla Archive en 2025[5],[12].

Distinctions

Publications (sélection)

Notes et références

Liens externes

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