Sheyyad Hamza

poète turc From Wikipedia, the free encyclopedia

Sheyyad Hamza ou Şeyyad Ḥamza est un poète mystique de langue turque du XIVe siècle.

Biographie

On dispose de peu d'informations sur la vie de Sheyyad Hamza. Les biographes n'en font mention qu'à partir du XVIe siècle, et leurs remarques sont allusives. C'est Mehmed Fuad Koprülü qui le fait connaître au XXe siècle. Selon lui, son laqab (titre honorifique contenu dans le patronyme), Sheyyad, indique qu'il avait des sympathies batinites. Cependant, des recherches ultérieures mettent en doute cette interprétation[1]. En effet, le mot Sheyyed, en turc, désigne les chanteurs et les conteurs, qui récitent des histoires à haute voix[2].

Sa date de naissance est inconnue. Mehmed Fuad Koprülü fait de lui un derviche errant du XIIIe siècle[2]. Mais la découverte de la tombe, datée de 1348, de sa fille à Akşehir, fournit un repère chronologique. Il est l'auteur d'une élégie où il fait référence à l'épidémie de peste qui a emporté son enfant. On en déduit qu'il était vivant à ce moment, et que c'est plutôt un poète du XIVe, sans pouvoir en dire davantage. On suppose qu'il a vécu dans la région d'Akşehir, sans certitude[3].

Œuvre

S'il connaissait l'arabe et le persan, il écrit en ancien turc anatolien[3]. L'adaptation du mètre classique arabo-persan au turc lui pose parfois des difficultés[2].

Nous conservons de Shayyed Hamza cinq mesnevis et une quinzaine de poèmes.

Le plus connu des ses mesnevis est Destan-e Yusuf L'épopée de Joseph »), une version de la légende de Joseph et Zuleikha. Le manuscrit original est perdu, il ne subsiste qu'une copie, réalisée en 1545[2]. Un autre mesnevi est intitulé Hadha dasitan-i Sultan Mahmud Ceci est la légende du sultan Mahmud »). Il met en vers le dialogue entre le roi et un sage soufi[1].

Parmi ses poèmes, on compte un na'at (hommage au prophète Mahomet) et un nazire (poème écrit dans le style d'un autre, afin de lui rendre hommage) à la manière de Rumi[1]. Presque tous ses poèmes traitent de thèmes éthiques et religieux, à l'exception de deux, à caractère profane. En outre, le thème de la mort est souvent évoqué. Shayyed Hamza exprime aussi de la colère envers la tyrannie des puissants[3].

Notes et références

Voir aussi

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