Shoshana Strook, née le à Jérusalem (Israël) et retrouvée morte le à Amirim (Israël), est une citoyenne israélienne connue pour avoir dénoncé publiquement des abus sexuels et physiques graves au sein de sa famille, impliquant notamment sa mère, la ministre israélienne Orit Strook.
Son témoignage a déclenché une controverse internationale majeure concernant l'influence politique sur le système judiciaire israélien, l'utilisation des ordonnances de non-divulgation et la protection des victimes de violences domestiques dans les milieux religieux radicaux[1].
Allégations d'abus et procédures
Shoshana Strook est l'une des onze enfants d'Orit Strook, figure de proue du parti d'extrême droite Otzma Yehudit et ministre des Implantations et des Missions nationales, et de son mari Avraham. Elle grandit dans la communauté du sionisme religieux radical[Selon qui?], résidant principalement dans les colonies israéliennes de Cisjordanie, notamment à Hébron.
La famille Strook a fait l'objet de plusieurs procédures judiciaires par le passé. En 2007, l'un des frères de Shoshana, Zviki Strook, a été condamné pour l'enlèvement et l'agression d'un adolescent palestinien, purgeant une peine de prison réduite après une vive polémique judiciaire[2].
En avril 2025, Shoshana Strook publie une série de témoignages vidéo sur les réseaux sociaux. Elle y accuse ses parents et l'un de ses frères de l'avoir soumise à des abus sexuels, physiques et psychologiques systématiques dès l'âge de deux ans et demi[3].
Dans ses déclarations, elle décrit l'existence de réseaux pédophiles et de rituels abusifs, affirmant également avoir été victime de pédopornographie et forcée à la prostitution par son père à l'âge de 13 ans à Tel Aviv. Elle soutient que sa mère, Orit Strook, aurait non seulement couvert ces actes mais y aurait activement participé pour protéger son image publique et politique[4].
Dépôt de plainte en Italie
Craignant que l'influence politique de sa mère n'entrave l'enquête en Israël, Shoshana Strook se rend en Italie fin 2025. Elle y dépose une plainte pénale formelle auprès des autorités italiennes, déclarant chercher un «asile juridique» dans un pays neutre pour échapper aux pressions du gouvernement israélien.
En Israël, l'enquête menée par l'unité de police Lahav 433 est initialement frappée d'un gag order (interdiction de publication), empêchant les médias locaux d'identifier la ministre mise en cause. Cette restriction est fermement critiquée par des organisations de défense des droits des femmes, telles que le mouvement Bonot Alternativa, qui dénoncent un déni de justice[1].
Mort
Le , Shoshana Strook est retrouvée morte à son domicile dans le nord d'Israël. Son décès est confirmé par sa mère via une publication sur les réseaux sociaux. Bien que les premières informations officielles aient évoqué un suicide, la police israélienne a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances exactes de sa disparition, compte tenu de la gravité des accusations portées contre sa famille et de la médiatisation de l'affaire[5].