Si je t'oublie, Jérusalem

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Les Palmiers sauvages

Faits en bref Auteur, Pays ...
Si je t'oublie, Jérusalem
Les Palmiers sauvages
Auteur William Faulkner
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre roman
Version originale
Langue anglais américain
Titre If I Forget Thee, Jerusalem [The Wild Palms]
Date de parution 1939
Version française
Traducteur Maurice-Edgar Coindreau
Éditeur Gallimard
Lieu de parution Paris
Date de parution 1952
Chronologie
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Si je t'oublie, Jérusalem (ou Les Palmiers sauvages ; If I Forget Thee, Jerusalem [The Wild Palms]) est un roman de William Faulkner. Le roman est constitué de deux récits indépendants, chacun composé de cinq chapitres alternant l'un après l'autre.

Initialement publié sous le titre de The Wild Palms (Les Palmiers sauvages), l'œuvre, pour les rééditions contemporaines, reprend son titre originellement choisi par l'écrivain, If I Forget Thee, Jerusalem, et qu'avait refusé le premier éditeur. Ce titre est tiré d'un Psaume qui rappelle la captivité des Juifs à Babylone.

À l'instar de l'édition originale, la première édition française est titrée Les Palmiers sauvages. Les éditions récentes adoptent le titre Si je t'oublie, Jérusalem voulu par Faulkner.

Résumé

Les Palmiers sauvages raconte le destin médiocre de Harry Wilbourne, un interne qui travaille dans un hôpital de La Nouvelle-Orléans. Il fuit le Sud avec Charlotte Rittenmeyer, une sculptrice mariée et rebelle. Le couple prend le train et se rend à Chicago, puis dans le Wisconsin. Leur passion s'effrite, et Harry se complaît à en détruire l'objet.

Dans Vieux Père, surnom donné au Mississippi par les Noirs[1], pour sauver une femme enceinte, un détenu, dont le nom n'est jamais révélé, lutte avec stoïcisme contre les eaux tumultueuses de la grande inondation du Mississippi de 1927.

À propos du roman

Contexte d'écriture

William Faulkner écrit Si je t'oublie, Jérusalem entre 1937 et 1938[2]. Il est alors en profonde dépression : son frère Dean est mort en 1935 dans l'avion que l'écrivain lui a vendu, ce pourquoi il ressent une profonde culpabilité ; son mariage est un échec et il est profondément alcoolique[3]. Après la mort de son frère, il part s'installer en Californie travailler pour la Twentieth Century-Fox. Il rencontre alors Meta Carpenter, secrétaire d'Howard Hawks, qui sera sa maitresse par intermittence pendant quinze ans. Comme l'écrivain refuse de divorcer, la femme finit par se marier avec un autre homme, ce qui accentue le désespoir de Faulkner[4]. Il rentre alors à Oxford, et le entame la rédaction du manuscrit[4].

En , il revoit Meta et son mari. Complètement ivre, il tombe contre un tuyau de chauffage, et subit une brulure au troisième degré au dos. On lui fait une greffe qui ne prend pas, et c'est dans une intense souffrance physique qu'il écrit Si je t'oublie, Jérusalem[4].

Composition du roman

William Faulkner a toujours expliqué avoir écrit d'une façon conjointe les deux récits de Si je t'oublie, Jérusalem, dans l'ordre où ils figurent dans le livre[5] :

« Il s'agissait d'une histoire – l'histoire de Charlotte Rittenmeyer et de Harry Wilbourne, qui sacrifièrent tout à leur amour, mais en vain. J'ignorais, avant de commencer le livre, qu'il y aurait deux histoires distinctes. Lorsque j'eus terminé ce qui est aujourd'hui la première section de Les Palmiers sauvages, je me rendis soudain compte que quelque chose manquait, que mon texte avait besoin d'être souligné, qu'il lui fallait quelque chose pour le renforcer, comme un contrepoint en musique ; j'écrivis donc Vieux Père jusqu'à ce que l'histoire des Palmiers sauvages retrouve sa vigueur. J'interrompis alors Vieux Père à ce qui est sa première section et repris Les Palmiers sauvages. Je la relançai à l'aide d'une autre section de son antithèse, qui est l'histoire d'un homme qui a trouvé l'amour et qui, tout au long du livre, cherche à le fuir, allant même jusqu'à retourner volontairement en prison où il sera à l'abri. Ce n'est que par hasard, par nécessité peut-être, qu'il y a deux histoires. Ce que j'ai voulu raconter, c'est l'histoire de Charlotte et de Wilbourne. »

 William Faulkner, in Romanciers au travail, trad. Jean René Major, Gallimard, 1967, p. 12[6].

Titre

Le titre est issu du Psaume CXXXVII, qui évoque l'exil à Babylone[7]. Pour François Pitavy qui a écrit une préface au roman, une explication du titre peut faire référence « à un moment décisif de la vie des deux amants dans Les Palmiers sauvages : Wilbourne ne réussit pas l'opération qu'il tente sur Charlotte (sa main tremble, « oubliant » son adresse professionnelle) parce qu'il n'est pas digne de « Jérusalem », l'amour idéal que lui propose Charlotte, grande prêtresse de cette religion dont il n'est qu'un maladroit néophyte »[7]. Comme les Hébreux dans le récit biblique, les personnages des deux récits sont arrachés à la vie qu'ils menaient auparavant[8].

L'éditeur avait refusé ce titre à Faulkner, lui imposant Les Palmiers sauvages (The Wild Palms). Il faut attendre 1990 et l'édition The Library of America pour que le livre retrouve son titre originel[1]. En France le livre est publié pour la première sous le titre Si je t'oublie, Jérusalem dans La Pléiade en 2000[1].

Figure de l'artiste

Faulkner représente régulièrement des artistes dans son œuvre, comme Quentin Compson dans Le Bruit et la Fureur et Absalon, Absalon ! ou Darl Bundren dans Tandis que j'agonise[9]. Ces figures sont également présentes dans Si je t'oublie, Jérusalem : Harry Wilbourne et Charlotte se rencontrent dans un milieu d'artistes bohèmes, que Faulkner décrit de façon satirique pour l'avoir connu à La Nouvelle-Orléans en 1925[9].

Charlotte et Harry incarnent deux faces différentes de l'artiste : alors que Charlotte est une artiste créatrice et visionnaire, une sculptrice sensible à la matérialité des choses, Harry représente l'artisan : quand le couple est installé à Chicago, il écrit des roman-feuilletons, pieds et poings liés à sa table de travail[9].

Si Les Palmiers sauvages incarnent « la Littérature avec une majuscule »[10], de son côté, le récit de Vieux Père, qui rappelle par bien des points Les Aventures de Huckleberry Finn, peut représenter la littérature populaire[10]. Cette dualité se retrouve dans l'image publique de Faulkner lui-même, qui incarne à la fois l'écrivain et le fermier[10].

Le fleuve

Le Mississippi est un des personnages principaux du livre, comme en témoigne le titre donné au deuxième récit, Vieux Père, surnom donné par les Noirs au fleuve[1]. Le forçat fait un long périple de l'État du Mississippi à la Louisiane[1]. L'inondation décrite, la crue du Mississippi de 1927, a des dimensions bibliques, évoquant l'épisode du Déluge ; cet aspect mythique du récit est renforcé par le fait que Faulkner ne donne jamais les noms de ses personnages[1],[11].

Éditions françaises

Annexes

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