Né en 1892 à Venise, Silvio Barro milita dès 1912 dans le mouvement de la jeunesse socialiste vénète puis adhéra au Parti socialiste unitaire (PSU) en 1921[1]. Devenu directeur du journal L’Idea Socialista, il se présenta comme candidat du PSU lors des élections politiques de 1924 mais il ne fut pas élu[1]. Il se montra très actif pendant l’été et l’automne 1924 durant la campagne antifasciste enclenchée par l'assassinat de Giacomo Matteotti, après l’interdiction du PSU[1].
À la suite de la tentative d’attentat contre Mussolini par Tito Zaniboni, Barro dut s’exiler en France, où il trouva un emploi à l’Union des coopératives[1]. Après avoir perdu ce travail, Barro s’éloigna de l’antifascisme, qu’il critiqua durement dans les colonnes de Il Merlo de Alberto Giannini, et commença à collaborer avec la police politique fasciste[1]. Dans le journal de Giannini, en mai 1935, il expliqua que sa conversion était due à la transformation du fascisme qui s'était transformé d’une secte politique en un mouvement de rénovation nationale, dans lequel les antifascistes devaient collaborer s’ils voulaient rester cohérents avec leurs idéaux socialistes[1]. À la fin des années 1930 et au début des années 1940, Barro collabora avec La Verità dans la rubrique consacrée à la situation politique française[1].