Simon Byrne
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| Simon Byrne | |
La seule image connue de Simon Byrne : une affiche annonçant le match entre Alexandre McKay (gauche) et Simon Byrne (droite) | |
| Fiche d’identité | |
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| Nom de naissance | Simon Byrne |
| Surnom | The Emerald Gem |
| Nationalité | |
| Naissance | |
| Décès | |
| Catégorie | Poids lourds |
| Palmarès | |
| Titres professionnels | Champion d'Irlande poids lourds (1830) |
| Dernière mise à jour : 7 février 2014 | |
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Simon Byrne (1806 - ), surnommé « The Emerald Gem » (la pierre d'émeraude), était un champion irlandais de pugilat, sport ancêtre de la boxe anglaise dans lequel les boxeurs combattaient à mains nues. Champion poids lourds d'Irlande, il gagne l'Angleterre, animé par l'appât du gain et l'espoir d'y ravir le même titre. Il devient l'un des quatre premiers boxeurs au monde à être impliqué dans des combats de boxe mortels, à la fois en tant que vainqueur et en tant que vaincu[1]. Sa mort fut d'ailleurs un événement qui participa à l'amélioration des règles de sécurité dans la boxe anglaise.
Byrne combattit à une époque où la boxe anglaise, bien qu'illégale, était non seulement populaire, mais aussi soutenue et financièrement encouragée par les gens les plus socialement influents. Malgré cela, ce sport n'était pas exempt de pratiques de corruption, de paris et de matchs truqués. Selon les archives dont on dispose aujourd'hui, il apparaît que Byrne n'a disputé que huit matchs. On peut néanmoins mesurer l'importance de sa carrière et de sa notoriété en son temps aux enjeux disputés lors de trois de ces matchs : son combat contre Alexander McKay, champion d'Écosse, afin de pouvoir affronter le champion d'Angleterre Jem Ward, combat au cours duquel son adversaire fut tué ; le combat suivant contre Jem Ward, que Byrne perdit et, d'après ce qui fut dit à l'époque, durant lequel Byrne n'était pas en état de combattre ; et enfin son combat final contre le successeur de Jem Ward au titre de champion d'Angleterre, James Burke, dans lequel Byrne fut tué.

Au cours de la première moitié du XIXe siècle, le pugilat possédait un curieux statut dans la société britannique. Bien que soutenu par de nombreux membres de l'Establishment, à commencer par les princes eux-mêmes, qui se divertissaient en pariant sur des rencontres de pugilat, ce sport était illégal. Selon certaines sources[2], cette interdiction était due bien moins à la dangerosité de ce sport pour les boxeurs qu'aux divers troubles de l'ordre public, tels que des émeutes, que les rencontres de pugilat généraient. En dépit de l'interdiction, les matchs étaient annoncés par affichage public, et le lieu de rendez-vous était changé à la dernière minute pour dérouter les autorités.
Les règles régissant le pugilat étaient basées sur celles établies par Jack Broughton en 1748, ambiguës et vagues, sujettes à diverses interprétations. Lutte au corps à corps, morsures, doigts dans les yeux ou coups « en dessous de la ceinture » étaient des pratiques souvent acceptées par l'arbitre. Le pugilat eut un succès sans précédent auprès du public durant la période de la régence au Royaume-Uni, lorsqu'elle fut soutenue et encouragée par le prince Régent et ses frères. Les matchs de championnat acquirent une réputation d'endroits à la mode dans les riches classes aristocratiques. Ainsi, il n'était pas rare de voir un match drainer des milliers de personnes, dont une majorité de parieurs. On a même raconté que le duc de Cumberland, frère du roi George III, avait parié des milliers de livres sterling sur le légendaire boxeur Jack Broughton.
Durant les années 1820, la boxe était devenue un véritable foyer de corruption en matière de paris[2]. L'époque du règne de Jem Ward sur le championnat anglais constitue un exemple type des pratiques de corruption qui avaient alors cours : Jem Ward était en effet connu pour accepter de perdre sciemment des combats moyennant une contrepartie financière — il a d'ailleurs admis une fois avoir reçu £100, une somme qui équivaudrait aujourd'hui à plusieurs milliers de livres sterling. À l'aube des années 1830, il était de notoriété publique que la boxe constituait un sport régi par la corruption ; qui plus est, disqualifications abusives et fraudes sans vergogne étaient monnaie courante[2]. Ainsi, la bande des supporters de Nick Ward, frère de Jem, qui lui succéda au championnat, a souvent intimidé les arbitres dans le but d'obtenir la disqualification de ses adversaires[3]. C'est dans ce contexte que Simon Byrne tenta de gagner sa vie.

