Simona Kossak

biologiste polonaise From Wikipedia, the free encyclopedia

Simona Gabriela Kossak née le à Cracovie et morte le à Białystok en Pologne, est une biologiste, zoologue, professeure de sciences forestières et écrivaine polonaise.

Naissance
Décès
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Simona Kossak
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Biographie
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Décès
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BiałystokVoir et modifier les données sur Wikidata
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Nationalité
Formation
Activités
Famille
Père
Jerzy Kossak (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Gloria Kossak (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Forest Research Institute (d)
École polytechnique de Białystok (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction
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Connue principalement pour son activité de préservation des vestiges des écosystèmes naturels de la Pologne, elle s'investit dans l'écologie comportementale des mammifères et se qualifiait parfois de zoopsychologue. Elle a vécu pendant plus de 30 ans entourée d'animaux dans un ancien pavillon forestier Dziedzinka au cœur de la forêt de Białowieża.

Biographie

Famille

Simona Gabriela Kossak naît le à Cracovie dans une famille d'artistes. Son père Jerzy Kossak, sa sœur Gloria Kossak, son grand-père Wojciech Kossak et son arrière grand-père Juliusz Kossak sont peintres. Une de ses tantes, Magdalena Samozwaniec, est écrivaine et une autre, Maria Pawlikowska-Jasnorzewska est poète[1].

Elle passe son enfance dans le manoir Kossakówka (en), la maison historique de la famille Kossak depuis 1869, à Cracovie[2]. Située près du Wawel, la villa est entourée d'un grand jardin dans lequel, dès sa jeunesse, elle développe sa passion pour la nature[3].

Études

De 1965 à 1970, Simona Kossak étudie la biologie à l'université Jagellonne de Cracovie[4].

En 1980, le Conseil scientifique de l'Institut de recherche forestière lui décerne un doctorat en sciences forestières sur la base de sa thèse de doctorat « Recherche sur la situation trophique des chevreuils dans l'habitat de la forêt mixte de conifères fraîche dans la forêt primaire de Białowieża ».

En 1991, elle passe son habilitation en sciences forestières sur la base de son mémoire post-doctoral « Déterminants environnementaux et intraspécifiques du comportement alimentaire du chevreuil (Capreolus capreolus L.) en milieu forestier »[5].

En 1997, elle reçoit le titre académique de professeur de sciences forestières.

Carrière

Simona Kossak travaille à l'Institut de recherche sur les mammifères de l'Académie polonaise des sciences à Białowieża et à l'Institut de recherche forestière du Département des forêts naturelles, dont elle est la directrice de janvier 2003 jusqu'à sa mort en 2007[4].

Elle est l'une des créatrices du répulsif UOZ-1, un dispositif sonore unique au monde qui avertit les animaux sauvages du passage des trains[6].

En octobre 2000, elle reçoit la Croix d'or du mérite.

Environnement

Photographie couleurs à dominante verte, un arbre mort couché au premier plan
Forêt de Białowieża.
Photographie couleurs d'un bison en gros plan en train de pâturer
Bison européen (żubr) dans la forêt de Białowieża.

Dans la forêt de Białowieża où elle effectue ses recherches scientifiques, Simona Kossak souhaite s'engager éthiquement afin que sa recherche ne participe pas à la destruction de la forêt. Elle choisit de s'établir au cœur-même de la forêt, dans l'ancien pavillon forestier « Dziedzinka ». Elle y vit pendant plus de 30 ans sans électricité ni eau courante, côtoyant les habitants non humains de ce dernier fragment de forêt primitive tempérée d’Europe encore peuplé de bisons. Sa seule rencontre humaine est celle d'un photographe animalier, Lech Wilczek, installé dans l'autre aile du pavillon et qui devient son compagnon de vie. À eux deux, ils recueillent et élèvent à Dziedzinka de nombreux animaux.

En 1980, elle mène une campagne contre la cruauté envers les animaux, infligée notamment par les pièges utilisés par les zoologues pour capturer les animaux destinés à la recherche[7].

En 1993, elle continue son action contre les pièges tendus aux animaux. Elle neutralise une série de mâchoires en métal, d'un modèle interdit en Pologne, destinées à attraper des lynx et des loups en vue d'une pose de télémètre dans le cadre d'un programme de recherche de l'Institut d'étude des mammifères de Białowieża. Elle est interpellée et mise en examen. Durant son procès, à la question sur la menace que représentent de tels pièges pour les animaux dans la forêt de Białowieża, Simona Kossak répond : « Je pense que c'est un danger de mort pour ces animaux dont les blessures causées par ces pièges sont souvent fatales. Ces méthodes menacent notamment le Lynx d'Europe dont il ne reste que 12 exemplaires dans cette forêt et qui ont un patrimoine génétique unique qui risque de s'éteindre à jamais. C'est une honte pour le monde de la science que nous ayons recours à de tels procédés. »[1].

Consciente de l’impact négatif de l’anthropopression sur la forêt de Białowieża déjà identifié par Otton Hademann[8], Simona Kossak décide de recourir à la littérature et aux médias pour sensibiliser la société polonaise et internationale.

Dans son livre La Saga de la forêt de Białowieża paru en 2001, elle utilise le genre littéraire traditionnel de la saga pour essayer de transmettre aux lecteurs un point de vue non anthropocentrique sur l'histoire séculaire de la forêt[9].

Entre 2001 et 2007, sur la radio polonaise Białystok, elle participe à près de deux mille émissions sur des sujets liés à la nature. À travers ses conférences radiophoniques et des histoires dont les personnages principaux sont les plantes et les animaux, elle vulgarise la science et sensibilise le public polonais au problème auquel la nature est confrontée avec une intervention humaine croissante[8].

Zoopsychologie

Un chat, un chien et un cheval sont dessinés sur fond beige et entourent le nom de l'école
L'enseigne de l« École avec des animaux » nommée en l'honneur de Simona Kossak.

Après ses études à l'université, Simona Kossak espére trouver un poste dans les Tatras ou les Bieszczady, mais le seul poste de biologiste qu'elle obtient en 1971 est à l'Institut de recherche sur les mammifères de l'Académie polonaise des sciences à Białowieża, dans le Parc national[10].

Fascinée par l'endroit, elle choisit d'emménager au cœur de la forêt primaire, dans une ancienne maison forestière sommairement restaurée qu'elle aménage avec ses affaires héritées de sa famille. Elle se déplace en komar, une moto, et avec un tracteur tout-terrain ou des skis de randonnée[11].

Elle commence à accueillir, avec le photographe Lech Wilczek, dans leur pavillon de Dziedzinka, des animaux qui vont partager leur vie. Comme psychologue animale, ou zoopsychologue comme elle aime à se définir, Simona les soigne, les câline, les observe, dans sa maison transformée en dispensaire vétérinaire.

Une laie, Żabka, vivra avec eux 17 ans. Une petite lynx nommée Agatka que Simona considére comme sa fille, dort avec elle dans son lit. Le couple héberge aussi deux élans nommés Pepsi et Cola, un corbeau voleur nommé Korasek, une rate nommée Kanalia, deux autres rats nommés Alfa et Omega. Ils sont aussi entourés d'une biche, d'une cigogne noire, d'un blaireau, un hérisson, un hibou, des buses, des paons, des moutons, des criquets, des chauves-souris[1].

Lech photographie tout au long de sa vie ces interactions entre Simona Kossak et ses animaux. Ces photographies sont reprises dans des articles, des livres, des films, des expositions, faisant connaître Simona Kossak et son approche particulière du monde animal[12],[13].

Publications

Ouvrages

Articles

  • (en) S. Borowski et S. Kossak, « Bisoniana LI. The natural food preferences of the European bison in seasons free of snow cover », Acta Theriologica, vol. 17, no 13, , p. 151–169 (DOI 10.4098/AT.arch.72-13, lire en ligne, consulté le ).
  • (en) S. Borowski et S. Kossak, « The food habits of deer in the Białowieża Primeval Forest », Acta Theriologica, vol. 20, no 32, , p. 463–506 (DOI 10.4098/AT.arch.75-36, lire en ligne, consulté le ).
  • (en) « The complex character of the food preferences of Cervidae and phytocenosis structure », Acta Theriologica, vol. 21, no 27, , p. 359–373 (DOI 10.4098/AT.arch.76-35, lire en ligne, consulté le ).
  • (en) « Trophic relations of roe deer in a fresh deciduous forest », Acta Theriologica, vol. 28, no 6, , p. 83–127 (ISSN 0001-7051 et 2190-3743, DOI 10.4098/AT.arch.83-7, lire en ligne [archive du ], consulté le ).
  • (en) « Multiple hunting by lynx and red fox and utilization of prey by some carnivores », Acta Theriologica, vol. 34, no 36, , p. 505–512 (DOI 10.4098/AT.arch.89-51, lire en ligne, consulté le ).
  • (en) « Foraging habits and behaviour of moose calves in virgin forests », Acta Theriologica, vol. 37, nos 1-2, , p. 51–61 (DOI 10.4098/AT.arch.92-5, lire en ligne, consulté le ).

Films

  • 2024 : Simona Kossac, film polonais réalisé par Adrian Panek, avec Sandra Drzymalska, Jakub Gierszał, Lech Wilczek, Agata Kulesza, durée 1:40 min. Gagnant du Film for the Climate Award, hors compétition ; nommé aux Golden Lions[14].

Documentaires

  • 2022 : Simona, documentaire polonais réalisé par Natalia Koryncka-Gruz, avec Simona Kossak, Lech Wilczek, Joanna Kossak, Ida Matysek, coproduction Eureka Studio, Canal+, Pologne, 91 min[15],[16].
  • 2014 : Miejsce w raju, documentaire polonais de Beaty Hyży-Czołpińskiej, avec Janusz Korbel, Joanna Kossac, Simona Kossak, coproduction TVP3 Białystok|Telewizja Polska Białystok, 47 min[17].

Distinctions

  • 2000 : Croix d'Or du mérite[18] ;
  • 2002 : Médaille Wiktor Godlewski (pl)[19].

Bibliographie

  • Simonetta Greggio, « Simona Kossak, l’esprit de la forêt », 2 épisodes de 28 mn [audio], sur France Culture, Une histoire particulière, (consulté en ).
  • (pl) Banaś Monika, Kobiety-Polki w nauce, Wydawnictwo Uniwersytetu Marii Curie-Skłodowskiej, coll. « Kobiety w Sferze Publicznej », (ISBN 978-83-227-9712-9, lire en ligne), p. 51-61.
  • (pl) Jacek Smolicki, « Pejzaż Dźwiękowy jako Granica. O Akustycznych Barierach, Teatrze dla Zwierząt i Simonie Kossak: (eng. Soundscape as a Border. On Acoustic Barriers, Theatre for Animals, and Simona Kossak) », Glissando, (lire en ligne).
  • (pl) Anna Kamińska, Simona : opowieść o niezwyczajnym życiu Simony Kossak, Kraków, Wydawnictwo Literackie, , 331 p. (ISBN 978-83-08-05523-6 et 8308055230, OCLC 1066088336, lire en ligne).
  • (pl) Lech Wilczek et Andrzej Antczak, Spotkanie z Simoną Kossak, Białowieża, Stowarzyszenie Mieszkańców Białowieża - Gmina Marzeń [etc.], , 279 p. (ISBN 978-83-925497-0-3, 978-83-931718-8-0 et 978-83-933098-0-1, OCLC 804256009, lire en ligne).
  • (pl) Katarzyna Trusewicz, « Ekogawędy Simony Kossak (Eco-tales by Simona Kossak) », Białostockie Studia Literaturoznawcze, no 9, , p. 95-105 (lire en ligne).

Références

Liens externes

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