Simone Michel-Lévy
membre Française de la Résistance Intérieure
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Simone Michel-Lévy est une résistante française (durant la Seconde Guerre mondiale), née le à Chaussin dans le Jura et pendue le au camp de Flossenbürg en Bavière. Elle est l'une des six femmes faites Compagnons de la Libération par le général de Gaulle. Ses pseudonymes de Résistante étaient nombreux : Emma, Françoise, Madame Royale, Mademoiselle Flaubert, Madame Bertrand.
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Camp de Royallieu (jusqu'en ), Holleischen (d) (jusqu'en ), centre pénitentiaire de Fresnes |
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Biographie
Résistante aux PTT
Entrée dans l'administration des PTT (poste, télégraphes et téléphones) en 1924, reçue au concours des rédacteurs en 1942, Simone Michel-Lévy est nommée à la Direction régionale des téléphones à Paris, où elle s'occupe de la commutation des communications téléphoniques[1]. Il s'agit d'un lieu stratégique, dont elle fait avec Ernest Pruvost et Maurice Horvais une agence clandestine d'information, (réseau Action PTT)[2], en particulier vers la Normandie. Elle organise également un système d'acheminement du courrier vers l'Angleterre, détourne du matériel télégraphique et téléphonique pour les organisations résistantes, et sabote des départs pour le STO (Service du travail obligatoire).
À partir de l'automne 1942, le réseau Action PTT prend contact avec l'organisation civile et militaire ainsi qu'avec la Confrérie Notre-Dame, dont l'activité postale est désormais prise en charge par le réseau de Simone Michel-Lévy .
Arrestation, internement et déportation
Elle est arrêtée le par la bande de Christian Masuy (qui travaille pour l'Abwehr), trahie par le chef-radio de la CND (Robert Bacqué, alias Tilden). La trahison de Bacqué démantèle profondément la Confrérie Notre-Dame.
Simone Michel-Lévy est torturée par les hommes de Masuy ; sans avoir donné aucun nom[3], elle est internée à Fresnes, puis au camp de Royallieu.
Elle est déportée depuis Compiègne le , vers le camp de concentration de Ravensbrück, où elle arrive le . En avril de la même année, elle est transférée au Kommando de Holleischen dépendant du camp de concentration de Flossenbürg ; elle y travaille dans une usine fabriquant des munitions anti-aériennes.
Elle organise avec deux autres déportées, Hélène Lignier et Noémie Suchet, le sabotage de la presse à laquelle elles sont affectées ; le sabotage découvert, elles sont toutes les trois bastonnées devant l'ensemble des déportées, avant d'être condamnées à être pendues le , dix jours avant la libération du camp[4],[2].

Distinctions
Elle est reconnue « Morte pour la France »[5].
Chevalière de la Légion d'honneur
Compagnon de la Libération par décret du [6],[7]
Croix de guerre - avec palme de bronze
Médaille de la Résistance française par décret du [8]
Croix du combattant volontaire de la Résistance
Insigne des blessés de guerre
Médaille commémorative française de la guerre - avec barrette « Engagé volontaire »
Médaille de la déportation pour faits de Résistance
Hommages
Noms de lieux et plaques

- Depuis 2006, la place Simone-Michel-Lévy à Paris porte son nom, sur le terre-plein central de l'avenue de Saxe.
- Le conseil municipal de la ville d'Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) a décidé le à l'unanimité de baptiser la rue proche du siège social d'Orange, rue Simone Michel-Lévy (inaugurée en [7]).
- Une plaque de marbre à sa mémoire est apposée au siège mondial d'Orange à Issy-les-Moulineaux, quai du Président-Roosevelt (inaugurée en [7]).
- Une résidence de vacances France Télécom portait également son nom à Trébeurden (Côtes-d'Armor).
- Le conseil municipal de Lucé (Eure-et-Loir) a adopté le 5 juillet 2022 une délibération pour nommer une nouvelle voie de la commune en l'honneur de Simone Michel-Lévy.
- Le conseil municipal de Grenoble (Commune Compagnon de la Libération) a adopté une délibération en mai 2025 donnant le nom d’une place en l’honneur de Simone Michel-Lévy, à la suite de la proposition de l’élu en charge de la mémoire de donner dans chacun des 6 secteurs de la ville le nom d’une des 6 femmes Compagnon de la Libération à un lieu public[9].
Autres formes d'hommages
- Un timbre-poste a été émis en son honneur en 1958 dans la série « Héros de la Résistance II »[10].
- Elle fait partie des 16 femmes dont le parcours est présenté dans le cadre de l'exposition temporaire « Déportées à Ravensbrück, 1942-1945 » organisée par les Archives nationales (site de Pierrefitte-sur-Seine) du au [11].
Bibliographie
- Bruno Leroux, « Michel-Lévy, Simone », dans François Marcot (dir.), Dictionnaire historique de la résistance: résistance intérieure et France libre, Paris, Laffont, coll. « Bouquins », (ISBN 978-2-221-09997-1), p. 486-487.
- Christine Levisse-Touzé, Guy Krivopissko et Vladimir Trouplin, Dans l'honneur et par la victoire. Les femmes Compagnon de la Libération, Éditions Tallandier, .
- Jacques Péquériau, Simone-Michel Lévy, Éditions Cètre Besançon, (ISBN 978-2-87823-165-6).
- Gilles Perrault, Dictionnaire amoureux de la Résistance, éditions Fayard, , « Michel-Lévy (Simone) », p. 317-321.
- « Quarante ans après l'histoire s'entrouvre. Les agents des PTT et la Résistance », Messages des PTT, no 342, .
- « Simone Michel-Lévy », dans Vladimir Trouplin, Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Bordeaux, Elytis, (ISBN 9782356390332).
- Catherine Valenti, Claude Plumail, Simone Michel-Lévy, Grand Angle, coll. « Compagnons de la Libération (collection dirigée par l'historien Jean-Yves Le Naour) »[7].