Simone Routier

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Naissance
Nom de naissance
Marie Marguerite Simone Routier
Nationalité
Simone Routier
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Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Marie Marguerite Simone Routier
Nationalité
Activité
Poétesse, écrivaine, diplomate
Conjoint
Fortunat (Tony) Drouin (1958)

Marie-Marguerite-Simone Routier (née le à Québec et décédée le à Sainte-Anne-de-la-Pérade) est une poète et écrivaine québécoise. Elle a écrit plusieurs recueils de poèmes et plusieurs journaux intimes.

Elle est la petite-nièce de l'historien François-Xavier Garneau[1].

Années françaises (1930-1939)

Simone Routier naît à Québec en 1901 dans une famille bourgeoise[1]:36. Fille d'Alfred Routier, un bijoutier, et de Zélia Blouin, elle est la huitième de neuf enfants[2]:81. À partir de 1910, elle fait ses études primaires et secondaires chez les Ursulines de Québec[2]. Elle obtient un brevet académique avec distinction de l'École normale des Ursuline (aujourd'hui l'Université Laval) en 1920[2]. Elle étudie ensuite à l'École des beaux-arts de Québec où elle apprend le dessin, le modelage et le violon[3]. Elle fait occupe le rôle de premier violon au sein d'un ensemble musical à Québec[1]:36,[3].

Simone Routier rencontre Alain Grandbois en 1920[1], et entretient une correspondance avec lui pendant deux ans. Ils se fiancent, mais Routier rompt les fiancailles en 1922[4], craignant que le mariage représente une entrave à sa liberté[1].

Routier fait ses débuts en littérature en , alors qu'elle soumet une œuvre à un concours de la Société des poètes canadiens-français[2]:83.

En 1927, elle entreprend une correspondance avec Alfred DesRochers, avec qui elle collabore brièvement au journal L'Étoile de l'Est[2]. Cette correspondance se poursuivra jusqu'en 1935[2]:79. La même année, elle commence l’écriture de L’Immortel adolescent. Elle demande et reçoit les conseils de Paul Morin lors de la rédaction de cette œuvre[1],[4]. L’inspiration pour ce recueil de poèmes lui est venue durant ses études aux Beaux-Arts à Québec; elle avait alors modelé dans la glaise le buste d’un adolescent à qui elle prêta, dans un poème, « la vie, la pensée, l’âme immortelle[5] ». Le poème « Le coffret de mosaïque » de ce recueil de poèmes est dédié à Alain Grandbois[4]. Une première version du recueil paraît en 1928, suivi d'une édition revue et augmentée l'année suivante. L'œuvre est reçue de manière généralement positive. Des critiques tels que Louis Dantin, Alfred DesRochers ou Camille Roy lui reconnaissent une voix distinctive et des qualités littéraire manifestes, malgré certaines « maladresses »[1]:37.

En 1929, Routier soumet L'Immortel adolescent au prix David, dans l'espoir que la récompense de 1 700 $ finance un voyage en France. Elle remportera finalement le prix ex æquo avec Alice Lemieux : elles obtiendront toutes les deux la somme de 850 $[1]:36-37. Routier affirme plus tard, en 1982, que le partage de la récompense reflétait la mentalité du milieu littéraire à l'époque, selon laquelle il fallait « deux femmes pour faire un homme »[2]:102-103.

À la suite de son obtention du prix David, Routier devient membre de la Société des Poètes canadiens-français[réf. nécessaire].

La bourse obtenue grâce au prix David permet à Routier de réaliser son ambition d’aller en France[1]. Elle prévoit d'abord n'y séjourner qu'un an, mais trouve finalement un emploi aux Archives du Canada à Paris comme dessinatrice en cartographie, qu'elle occupera entre 1930 et 1940. En parallèle, elle poursuit ses études à la Sorbonne en littérature française[1] et en phonétique[5]. Elle est également correspondante pour le journal L’Événement de Québec[1] et elle collabore à ceux de France-Amérique, Paris-Canada, Parenthèse, ainsi qu'à la revue d’avant-garde La Bouteille à la Mer[5].

La plupart des œuvres publiées par Simone Routier pendant cette période sont préfacées par des personnalités influentes du monde littéraire. En 1931, elle publie Ceux qui seront aimés, un recueil de poèmes que préface Louis Dantin. Vient ensuite Paris, Amour, Deauville (1932), dont l’écrivain français Gaston Picard signe la préface[4]. En 1934, elle publie Les Tentations avec une préface de l’académicien Fernand Gregh[4].

Durant son séjour en France, Simone Routier fait la connaissance de Louis Courty, avocat de conseil de Paris[5], qui deviendra son fiancé le [5]. La date du mariage est fixée pour le [5], mais la Seconde Guerre mondiale venant d’éclater, Louis Courty meurt dans un accident de voiture trois jours avant la date prévue de leur union[1].

Retour au Canada

Forcée de s’exiler de France sous ordre de Georges Vanier, Simone Routier rentre au Canada en juin 1940. Elle trouve un emploi aux Archives d'Ottawa[1].

En 1941, elle publie Adieu, Paris ! Journal d’une évacuée canadienne[1]. Dans ce journal intime, Simone Routier, faisant à la fois le deuil de Paris et celui de son fiancé mort, raconte, du au , les horreurs de la Deuxième Guerre mondiale. Ce journal, ayant été réédité cinq fois[réf. souhaitée], connaît un certain succès populaire et critique[1]:39.

En , Routier entre au Monastère des Dominicaines à Berthierville, cherchant dans la spiritualité la force de transcender la douleur du deuil de son fiancé[1]:39. Elle n’y restera que 10 mois, jugeant que la vie monastique ne lui convient pas. À la suite de sa sortie du cloître, elle s'installe à nouveau à Ottawa et se remet à l'écriture[1].

En 1947, elle publie Les Psaumes du jardin clos ainsi que Le Long voyage, tous deux dans une maison d'édition française[1]. Elle tient d’ailleurs un journal durant son séjour au monastère, intitulé Dix mois au cloître des Moniales dominicaines, qui ne sera jamais publié. C’est durant cette même année, le , qu’elle est reçue à l’Académie canadienne-française, où elle a la chance d'occuper le dix-huitième fauteuil, le deuxième à être occupé par une femme[5]. À cette occasion, Rina Lasnier prononce le discours de présentation[1],[5].

En fin de vie, Simone Routier délaisse la vie littéraire et se consacre à sa carrière diplomatique. Elle travaillera aux Archives nationales à Ottawa (1947-1950), à l’ambassade du Canada à Bruxelles (1950-1955)[5] et au consulat canadien de Boston à titre de vice-consule (1955-1958)[1],[5].

En 1958, elle épouse le médecin Fortunat Drouin[1], dit « Tony », et s’établit dans le nord de Montréal. Elle meurt en 1987 à Sainte-Anne-de-la-Pérade.

Le fonds d'archives de Simone Routier est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[6].

Style littéraire

La poésie de Simone Routier se consacre notamment aux thèmes de l'amour, de l'observation du quotidien et de la spiritualité. L'aspect autobiographique de son œuvre préfigure le courant de l'écriture de l'intime, que l'on retrouvera dans la poésie des femmes au Québec dans les années 1980[1].

Œuvres

  • 1928 - L'Immortel adolescent. Une édition augmentée paraît en 1929[1]:37
  • 1931 - Ceux qui seront aimés
  • 1932 - Paris, Amour, Deauville
  • 1934 - Les Tentations
  • 1940 - Réponse à «Désespoir de vieille fille»
  • 1940 - Adieu, Paris! Journal d'une évacuée canadienne
  • 1947 - Les Psaumes du jardin clos
  • 1947 - Le Long voyage

Distinctions

Hommages

La rue Simone-Routier a été nommée en son honneur, en 2009, dans la ville de Québec.

À lire

Notes et références

Liens externes

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