Xinxin Ming
poème du bouddhisme zen attribué à Sengcan (6e s.)
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Le Xinxin Ming ou Sin Sin Ming est le titre, en chinois (Shin Jin Mei en japonais), d'un poème relativement court du bouddhisme zen attribué au troisième patriarche chinois Sengcan, au VIe siècle, qui fait l'éloge de la non-dualité. C'est le plus ancien texte sacré du ch'an et du zen. Il est basé sur l'enseignement de la non-dualité. Une des traductions de ce titre, Xinxin Ming. est « Inscription sur l'Esprit de la Foi ».
Description
On a longtemps vu en Sengcan (VIe siècle) son auteur, mais selon Philippe Cornu[1], « on sait maintenant que ce texte ne peut être antérieur au VIIIe siècle. »
Le poème se compose de 584 idéogrammes, répartis en 146 vers de quatre idéogrammes, découpés en 36 gatha[N 1]. Il a été composé à une époque où la distinction en zen Rinzai et Sōtō n'existait pas, si bien que, comme les autres textes écrits avant cette distinction, il constitue une base commune aux deux écoles[2]. Le Xinxin Ming est la source de nombreux koans du zen Rinzai (plus d'un millier selon T. Deshimaru[2]), mais il est aussi un texte de référence pour l'école Sōtō.
Le poème est une exaltation de la non-dualité et de la méthode pour l'atteindre[3]. Ainsi, le dernier gatha affirme[4] « La foi n'est pas duelle / Non-duelle est la foi » ou dans une autre traduction[5] « L'esprit de foi est non-duel / Ce qui est duel n'est pas l'esprit de foi ». Selon le poème, la méthode pour atteindre cette non-dualité repose largement sur le développement du détachement, en particulier par rapport aux mots et aux pensées[3].
Dans le courant chan, le poème est devenu un des textes fondamentaux pour la compréhension du dharma[3]. On trouve des commentaires de Dôgen zenji sur ce poème dans le Eihei Kôroku[6].