Sisu
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Le terme sisu est un mot finnois sans équivalent exact en français, d’un sens proche de « courage », « ténacité », « persévérance » ou « détermination », qui est un véritable état d'esprit en Finlande[1],[2],[3],[4].
Une périphrase en forme de mot d'ordre est parfois employée pour affirmer son caractère extrême : En anna periksi, « je ne rendrai pas les ruines » (tant que je serai vivant).
Le mot « sisu » a pour racine sis- que l'on retrouve dans sisä-, « intérieur » et sisus « entrailles », « tripes ». Il renvoie à la notion archaïque et commune à bien des civilisations que le courage se situe dans le ventre, dont témoignent notamment les expressions « en avoir dans le ventre » en français, ou « he's got guts » en anglais. Le verbe ganbaru en japonais a un sens similaire au terme sisu.
Histoire
La notion de sisu sera élevée au rang de mythe national par la propagande lors de la guerre d'Hiver en 1939, au point que, à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, il était courant de déclarer plaisamment que la Finlande (Suomi) était le pays des trois S : Sisu, Sauna et Sibelius.
La résistance civile du grand-duché de Finlande à la russification à la même époque représente l'aspect collectif du sisu. Une résistance obstinée de toutes les couches de la société (du clergé à la presse) préserva les Finlandais, non seulement de l'assimilation forcée, mais aussi de la déportation et de la répression féroce dont avaient été victimes des populations de pays annexés par les tsars, comme la Pologne. Ce même aspect collectif du sisu se retrouve lors de la guerre civile finlandaise, puis lors des deux guerres[5] contre l'URSS pendant la Seconde Guerre mondiale, et enfin pendant la guerre froide, lorsque la Finlande a dû faire face aux conditions écrasantes du traité de Paris, et à la finlandisation imposée par son puissant voisin soviétique.
