Site naturel de compensation
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Un site naturel de compensation est un espace sur lequel un opérateur de compensation écologique conduit des actions favorables à la biodiversité. Ces actions sont réalisées pour ou par des aménageurs soumis légalement à des obligations de compensation écologiquement équivalentes à celles qui ont été réalisées ex-ante sur le site.
Les sites naturels de compensation constituent la dernière étape de la séquence Éviter, Réduire, Compenser (ERC). Ils font à ce titre partie de l'effort visant l'absence de perte nette de biodiversité[1]. La notion de « l'absence de perte nette » (No Net Loss) signifiant que toute destruction d'espace naturel devrait être compensée par une restauration d'espace augmentant la biodiversité à la hauteur au moins de ce qui a été ou doit être détruit. Les sites naturels de compensation constituent des offres de compensation déjà réalisées et proposées à des personnes soumises à des obligations de compensation. Cette compensation par l'offre se distingue de la compensation à la demande ou la compensation ex-post qui est exécutée spécifiquement pour répondre à la demande de l'aménageur[1].
Les principes d'anticipation distingue les SNC des autres modes de compensation. En anticipant les besoins pour les mesures de compensation écologique, les SNC permettent la restauration des habitats naturels avant leur destruction. En mutualisant les besoins de projets de compensation, les sites naturels de compensation permettent de conduire des actions écologiques cohérentes et de grande ampleur. De plus, le contrôle et la supervision par l'État de la mise en œuvre effective de la compensation sont facilités grâce au regroupement de mesures. Ces deux principes d'anticipation et de mutualisation sont fondamentaux pour une compensation planifiée et efficace visant à « l'absence de perte nette ». Cette compensation doit suivre une logique globale d'aménagement du territoire et se concentre sur les espaces les plus pertinents écologiquement[1].
Histoire et développement international
Le principe de la séquence « éviter, réduire et [si possible] compenser » est adopté en France en 1976[2]. Aux États-Unis, c'est dès le début des années 1970 que des agences fédérales (notamment l'Environmental Protection Agency et l'US Fish and Wildlife Service) commencent à formuler les principes et réglementations pertinentes. L'origine et le principe de l'offre de compensation écologique se retrouvent dans le « Clean Water Act », adopté par le Congrès américain en 1972. La notion de banque de compensation ou mitigation bank y est également introduite.
En France, une expérimentation inspirée du dispositif américain a été lancée en 2008 par CDC Biodiversité, filiale de la Caisse des dépôts, en partenariat avec le ministère de l'écologie. Le premier site sur lequel l'expérimentation a été conduite est le domaine de Cossure sur une surface de 360 hectares, dans la plaine de Crau (département des Bouches-du-Rhône). Il a été initialement dénommé Réserve d'actifs naturels afin de mettre en exergue le fait que les espaces naturels ont une valeur patrimoniale et ne peuvent être détruits sans qu'une restauration équivalente soit conduite. La loi Biodiversité du 8 août 2016 a privilégié la nouvelle appellation de « site Naturel de Compensation » (SNC).
Le ministère de l'Écologie a ensuite souhaité étendre l'expérimentation en faisant appel à d'autres opérations potentielles. Ont alors été sélectionnées trois nouvelles expérimentations, conduites par le département des Yvelines[3], la société EDF et la société Dervenn[1]. Finalement, seule l'expérimentation du département des Yvelines fut poursuivie. Elle permit au département d'acquérir 8 ha, et d'y mener des actions de restauration. Malgré cela, le bilan de l'expérimentation effectué par le Commissariat général au développement durable (CGDD) le 18 novembre 2016, n'indique de ventes d'unités de compensation que pour l'opération Cossure[4].
