Siège central du Crédit lyonnais
bâtiment à Paris, France
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Le siège central du Crédit lyonnais est un bâtiment du 2e arrondissement de Paris et ancien siège administratif historique de la banque du même nom de 1882 à 2010. Ce monument de l'architecture commerciale parisienne du dernier quart du XIXe siècle occupe un quadrilatère formé par le boulevard des Italiens, la rue de Gramont, la rue du Quatre-Septembre et la rue de Choiseul[2].
| Hôtel des Italiens, ancien siège central du Crédit lyonnais | ||||
La façade sur le boulevard des Italiens. | ||||
| Nom local | Centorial (depuis 1996) | |||
|---|---|---|---|---|
| Période ou style | Haussmannien | |||
| Architecte | William Bouwens van der Boijen, André-Félix Narjoux et Victor Laloux | |||
| Début construction | 1876 | |||
| Fin construction | 1913 | |||
| Propriétaire initial | Crédit lyonnais | |||
| Destination initiale | Banque et immeuble de bureaux | |||
| Destination actuelle | idem | |||
| Protection | ||||
| Coordonnées | 48° 52′ 15″ nord, 2° 20′ 12″ est | |||
| Pays | ||||
| Région | Île-de-France | |||
| Département | Seine | |||
| Commune | Paris (2e arrondissement) | |||
| Géolocalisation sur la carte : Paris
Géolocalisation sur la carte : 2e arrondissement de Paris
Géolocalisation sur la carte : France
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Également nommé hôtel des Italiens, le bâtiment est victime d'un important incendie le 5 mai 1996 qui le détruit aux deux-tiers et précipite sa revente par le Crédit lyonnais, lequel achève en 2010 le transfert de son siège à Villejuif. La banque conserve l'hôtel des Italiens en tant qu'agence commerciale. Le reste presque entièrement reconstruit devient un immeuble de bureaux baptisé Le Centorial.
Ce site est desservi par les stations de métro Quatre-Septembre et Richelieu Drouot.
Histoire
Fondé à Lyon en 1863, le Crédit lyonnais ouvre une première succursale à Paris deux ans plus tard, en juin 1865, dans un immeuble à proximité de la Bourse[3].
Le 4 mai 1876, la banque fait l'acquisition du terrain de 1 590 m2 de l'hôtel de Boufflers et de ses jardins, situés à l'angle de la rue de Choiseul et du boulevard des Italiens alors en plein développement afin de construire une succursale plus vaste et plus visible.
Cet îlot est par ailleurs traversé par la Galerie de Fer, passage couvert reliant la rue de Choiseul au boulevard des Italiens. La galerie avait été construite en 1829 dans ce matériau en remplacement de la Galerie Boufflers, construite en bois et détruite par un incendie en 1828. C'est dans ce passage que les premiers essais d'éclairage par le gaz avaient eu lieu en 1817[4].
La construction de l'ensemble du quadrilatère par le Crédit lyonnais a lieu par acquisitions de terrains et agrandissements successifs de 1876 jusqu'en 1913.
L'hôtel des Italiens (1876)

En 1876, l'hôtel de Boufflers est démoli et les travaux démarrent par l'édification du bâtiment principal, l'hôtel des Italiens, qui donne sur le boulevard du même nom. Le fondateur du Crédit lyonnais Henri Germain choisit l'architecte William Bouwens van der Boijen, qui dessine un immeuble dans le style d'Haussmann et des expositions universelles, dans le but d'impressionner les clients et les investisseurs. La légende dit que ce style a été choisi afin de pouvoir reconvertir le bâtiment en grand magasin en cas de faillite de la banque[5].
Cette nouvelle succursale de la banque est inaugurée le en présence de Léon Gambetta, alors à la tête de la commission du Budget de l'Assemblée nationale[6]. En 1880, une « Bourse du soir » est organisée par les coulissiers, dans le grand hall, de quatre heures à sept heures[7].
Extensions (1880 et 1895) et transfert du siège

Dès 1880, les locaux sont jugés trop petits et le chantier est relancé jusqu'en 1883 pour une première phase d'agrandissement. William Bouwens est réengagé.
Une nouvelle façade sur le boulevard des Italiens de 65 mètres de long est dessinée et achevée en 1882, ainsi qu'on connaît aujourd'hui[8]. Elle est embellie de nombreuses sculptures, se voit complétée par une tour d'angle du côté de la rue de Gramont, tandis que l'entrée principale est décalée sur la gauche[3]. À l'intérieur, l'immeuble est réorganisé autour d'un grand escalier en double révolution inspiré par celui du château de Chambord. Le résultat est à la hauteur des espérances, et le Crédit Lyonnais distribue même des billets d'« autorisation à visiter »[5].
En 1882, l'administration du Crédit lyonnais est transférée de Lyon vers le nouveau bâtiment parisien reconfiguré, qui devient le siège central. En revanche le siège social reste à Lyon.
Un nouveau chantier d'extension est lancé en 1895 le long des rues de Choiseul et de Gramont, en direction de la rue du Quatre-Septembre. Les dernières maisons de l'îlot sont acquises par la banque en 1902, et l'achèvement du siège central est confié aux architectes André-Félix Narjoux et Victor Laloux. Ce dernier signe la façade donnant sur la rue du Quatre-Septembre, dont la construction est entamée en 1910. L'ensemble est terminé en 1913, et le siège de la banque occupe désormais tout le quadrilatère[3].
XXe siècle
En 1957, l'immeuble échappe à un projet consistant à en évider le milieu pour y construire une grande tour de béton de 20 étages[6]. Les installations de chauffage, éclairage et ventilation sont modernisées.
Au début des années 1970, le siège subit une rénovation complète dans l'esprit pompidolien, avec l'objectif d'héberger les effectifs en croissance liés à la rapide bancarisation de la population française, ainsi que d'installer les premiers équipements informatiques largement diffusés. Les architectes suppriment la grande galerie (hall des titres dû à Eiffel et sa verrière), et cet espace est comblé par la création de plusieurs étages[6]. Le rez-de-chaussée devient aveugle. Il est surmonté d'un entresol et d'un premier étage où s'installe la salle des marchés. Le tout est couvert par une dalle, à peu près au niveau de l'ancienne verrière, qui forme ainsi une cour extérieure où est installé un jardin. Cet ensemble s'effondrera lors de l'incendie de 1996.
Le , le président du Crédit lyonnais de l'époque, Jacques Chaine, est abattu à coups de revolver par un déséquilibré devant le siège boulevard des Italiens.
En mars 1989, le bâtiment est partiellement inscrit au titre des monuments historiques. Sont inscrites les façades et toitures, le grand escalier, la salle du Conseil et les halls des deux côtés (boulevard des Italiens et rue du Quatre-Septembre)[9].
L'incendie du ravage les deux-tiers de l'immeuble situé du côté de la rue du Quatre-Septembre.
Structure du bâtiment
Extérieurs
À l'extérieur, sur le Boulevard des Italiens, le pavillon central de la banque est inspiré du pavillon de l'Horloge du palais du Louvre. Le toit de celui du pavillon de Flore. Le pavillon comporte une double serlienne, c'est-à-dire un groupe de trois baies dont la baie centrale est la plus haute avec un arc en plein cintre, alors que les baies latérales sont couvertes d'un linteau.
Le fronton, sculpté par Camille Lefèvre (1853-1933), est une allégorie des activités bancaires : il représente la Banque distribuant les crédits, entourée du Commerce et de l'Industrie, puis du Rhône et de la Seine. Il est soutenu par quatre cariatides disposées autour de la grande horloge symbolisant les Heures du jour. Elles sont dans le style des statues du pavillon de l'Horloge.
- Façade du siège du Crédit lyonnais sur le boulevard des Italiens.
Intérieurs

L'habillage en pierre du bâtiment, symbole traditionnel de richesse, dissimule une charpente métallique, réalisée en partie par les établissements de Gustave Eiffel.
Chaque extrémité du bâtiment possède son propre hall, éclairé chacun par une verrière à 21 mètres de hauteur réalisée par l'atelier de Gustave Eiffel. Celui du côté du boulevard des Italiens est double. Il est plus impressionnant que celui du côté de la rue du Quatre-Septembre. Il héberge dans les étages les bureaux de l'état-major de la banque.
- Hall principal dans les années 1920.
- Hall principal en 2009.
- Hall principal (vers l'Ouest).
Lors de son ouverture, le bâtiment abritait une des premières installations électriques de la capitale. Pour donner du jour aux salles des coffres, une partie du plancher était en verre-dalles fabriquées à Saint-Gobain. Pour impressionner le public et l'inciter à traverser, une gigantesque salle des pas perdus, éclairée par 310 becs de gaz, ouvrait sur des rangées de guichets à la mode anglaise, sans grilles ni vitres. Dans le même esprit open space, les bureaux étaient volontairement non cloisonnés. « Les cloisons servent uniquement aux employés à lire leur journal ! », fulminait Henri Germain. Quant à la direction, elle bénéficiait, au premier étage, de portes en acajou avec lambris et tentures de reps vert. C'est d'abord le service des titres (à l'époque matérialisés par des coupons de papier) qui déménage de Lyon à Paris.
La grande galerie

Dans l'extension créée à partir de 1895, l'espace des bureaux s'organise sur plusieurs niveaux, de part et d'autre d'une grande galerie éclairée par une verrière : aucune cloison ne fragmente ce lieu ouvert à la vue du public et de toute la hiérarchie, et qui permet de traverser le bâtiment de part en part. Le rez-de-chaussée est utilisé en tant que hall des titres.
Ce hall a été conçu, comme la charpente, telle une halle métallique, par les établissements Eiffel. Comme pour le rez-de-chaussée de l'hôtel des Italiens, le sol est en dallage de verre, ce qui permet de laisser passer la lumière naturelle jusque dans les sous-sols de la salle des coffres, située en dessous.
La grande galerie d'origine disparaît lors des transformations des années 1970. Elle est comblée par un entresol et un premier étage accueillant la salle des marchés, le tout surmonté d'une dalle sur laquelle, à l'extérieur, est installé un jardin. Cet ensemble est au cœur de l'incendie du 5 mai 1996 et s’effondre sur lui-même lors du sinistre. Lors de la reconstruction du bâtiment, il est décidé de recréer une grande galerie sous verrière dans un style contemporain.
- La grande galerie, jadis et maintenant
- Hall des titres vers 1920.
- L'escalier d'accès à la salle des coffres, la grande galerie est dans l'axe.
- La nouvelle galerie après la reconstruction.
La salle des coffres

L'accès à la salle des coffres s'effectue côté Quatre-Septembre par un escalier situé sous la grande verrière permettant d'accéder aux sous-sols. Elle est également construite par les établissements Eiffel sur quatre niveaux de sous-sol et abrite 7800 coffre-forts Fichet destinés aux particuliers. Elle est alors la plus grande d'Europe[10].
Les coupons sont conservés dans les 195 coffres entourées par un chemin de ronde et desservies par un escalier en haut duquel un cendrier porte la mention « Éteignez vos cigares »[6].
La salle du conseil
La salle du conseil d'administration a conservé ses boiseries, son décor et son mobilier d'époque. D'une surface de 85 m2, elle est classée monument historique en 1989 et épargnée par l'incendie de 1996. Elle présente une cheminée de style Henri II ainsi qu'un plan de Paris et un autre de Lyon à chaque extrémité[4].
- La salle du conseil
- Horloge et plan de la ville de Lyon.
- Cheminée Henri II et plan de la ville de Paris.
L'escalier à double révolution

Mais à l’intérieur du bâtiment, c'est surtout l'escalier à double révolution (ou en double hélice) qui fait la renommée de l'Hôtel des Italiens. Il est inspiré par celui du château de Chambord, avec d'ailleurs le même objectif : permettre à deux populations d'emprunter le même escalier sans se rencontrer : une volée (à double balustrade) était empruntée par la direction, et l'autre (à simple balustrade) par les employés.
L'escalier nécessite une demi-révolution par étage. La volée d'escalier de la direction, la plus proche de l'entrée du boulevard des Italiens, conduit à l'étage de l'état-major et de la salle du conseil en une révolution (la première demi-révolution aboutit à l'étage d'entresol qui héberge des bureaux autour des halls d'entrée dont le plafond est élevé).
Par ailleurs, l'escalier est asymétrique, car il comporte un total de sept travées parcourues en une révolution : une travée horizontale au niveau d'un étage, 3 travées de marches côté est, une travée horizontale au niveau d'un étage, puis 2 travées de marches côté ouest.
Le découpage en marches des deux volées d'escalier est différent (Chaque + traduit la présence d'un palier destiné à prolonger les marches des trois travées du côté est par rapport aux deux seules travées du côté ouest) :
| Volée d'escalier | RdC à entresol | ent. au 1er | 1er au 2e | 2e au 3e | 3e au 4e |
|---|---|---|---|---|---|
| direction | 18+18 | 26 | 18+18 | 25 | 12+13 |
| employés | 30 | 7+8+8+7 | 30 | 13+14 | 25 |
L'escalier en pierre se poursuit sous forme d'un escalier métallique à partir du deuxième étage et jusqu'au quatrième, mais toujours en double révolution. L'utilisation du métal est caractéristique de cette époque industrielle. Une verrière, à 30 mètres au-dessus du sol, illumine l'ensemble de l'escalier.
Quelques bureaux sont accessibles via un escalier classique au 5e et même 6e étage à l'intérieur du pavillon d'honneur situé au-dessus de l'entrée du boulevard des Italiens.
- Double balustrade dans la volée d'escalier de la direction.
- Simple balustrade dans la volée d'escalier du personnel.
- Escalier destiné à la direction.
- Escalier destiné au personnel.
- L'escalier jadis et maintenant
- L'escalier vers 1920.
- L'escalier de nos jours.
L'incendie du 5 mai 1996
Déroulement

Le 5 mai 1996 est un dimanche, le siège est donc vide de tout employé. À 8h24, un écran de contrôle signale un feu dans la salle des marchés. Deux agents de sécurité se rendent sur les lieux, mais la fumée est déjà dense. Cette salle est un vaste espace sans cloison ou porte coupe feu pour permettre aux traders de communiquer librement, et les fumées occupent donc tout le volume[12].
Par ailleurs, cet étage est recouvert par une dalle sur laquelle est installé un jardin à l'air libre, formant une cour intérieure au niveau 2. Cette dalle n'est pas pourvue d'exutoire permettant l’évacuation des fumées, et agit donc comme un couvercle, concentrant les fumées et la chaleur dans les étages inférieurs. Enfin, les vitres aux extrémités de la salle des marchés sont blindées[11].
Alertés à 8h32, une vingtaine de pompiers de la caserne Saint-Honoré arrivent sur place à 8h36 et sont accueillis par les agents. Aucun dégagement de fumée n'est visible de l'extérieur. Après le déverrouillage des portes, les pompiers entrent en action. La fumée est épaisse dans la salle des marchés, le feu n'est pas visible, la chaleur déjà élevée et certaines vitres cèdent[11].
La reconnaissance par les pompiers est rendue très difficile par les fumées très épaisses et noires et surtout la température très importante. Tandis que les fumées envahissent le bâtiment à tous les étages, leur origine n'est toujours pas localisable. De nombreux renforts sont demandés, un large périmètre de sécurité est établi et un officier est positionné sur chaque face du quadrilatère, en charge de la reconnaissance à tous les niveaux. Plusieurs équipes sont chargées depuis les escaliers et les toits de créer des exutoires pour permettre l'évacuation des fumées mais doivent avec difficulté employer des haches pour briser les verres de sécurité. Des ouvertures sont notamment réalisées dans les deux coupoles où les gaz s'accumulent[11].
À 9h41, le sinistre est annoncé dans une dépêche de l'Agence France-Presse[12].
L'incendie se déclare vers 10 heures. Les gaz et les imbrûlés ont progressé par les faux plafonds et les gaines techniques courant sans rupture coupe-feu dans tout le bâtiment, sont retenus dans les étages et finissent par s'embraser. Une grande partie du premier étage prend feu très rapidement et les équipes de reconnaissance doivent évacuer.
La chaleur est telle que des rideaux d'eau sont déployés rue de Gramont et rue de Choiseul par les pompiers pour protéger les immeubles faisant face à la banque. Après avoir tenté d'attaquer le feu par les façades mais sans effet, les pompiers tentent de circonscrire le sinistre en progressant depuis les toits et surtout les escaliers : les deux escaliers de l'aile Choiseul et l'escalier à double hélice[11].
À midi, le feu est déclaré sur cinq étages et continue de se propager par les trémies et les importants volumes dans les faux plafonds. Il génère des gaz toxiques et neuf sapeurs-pompiers sont intoxiqués ou blessés, pris en charge par un poste médical avancé positionné dans une brasserie au 24 boulevard des Italiens. Sont engagés trois lances à incendie de grande puissance et 25 lances plus petites[11].
En début d'après-midi, les structures métalliques supportant les étages fléchissent sous l'effet de la chaleur, et la dalle couvrant le premier étage en partie centrale du bâtiment s'effondre jusqu'au rez-de-chaussée, entraînant les étages intermédiaires. Ce mouvement provoque un vaste effet de souffle, suivi d'un embrasement généralisé. Les multiples foyers d'incendie seront attaqués par les pompiers jusqu'en soirée. Le risque de propagation est écarté peu après 20 heures. Le feu est contrôlé à minuit, puis déclaré éteint à trois heures, après 18 heures d'efforts[11].
Le bilan de l'incendie

Plus de 300 pompiers sont mobilisés à l'attaque du feu, dont 28 officiers. Près de 800 autres pompiers sont mobilisés pour la relève et la surveillance du site jusqu'au vendredi 17 mai. Le bilan définitif est de 54 sapeurs-pompiers et 4 civils blessés ou intoxiqués[11]. La salle des coffres est partiellement inondée.
Dès les premières heures, l'origine du sinistre avancée est un problème électrique ou un court circuit dans la salle des marchés, où se trouvaient une grande quantité de matériel informatique et de télécommunications.
Selon les pompiers, les principaux facteurs ayant permis le développement du sinistre sont :
- la présence importante de gaines techniques et de faux-plafonds, notamment autour de la salle des marchés, remplis de circuits d'aération et de câbles électriques. L'absence de cloisonnement et de coupure dans ces volumes a mis en communication les différents secteurs du bâtiment et les étages, propageant l'incendie[11].
- la chaleur et les fumées emmagasinées au premier étage, sous la dalle ayant joué un rôle de couvercle, ont empêché la reconnaissance, la progression et l'occupation du bâtiment par les pompiers au début du sinistre[11].
Presque l'intégralité de la partie du bâtiment située entre le grand escalier à double hélice et la rue du Quatre-Septembre, soit les deux-tiers du siège, est dévasté, à l'exception de la rotonde, du vestibule et des murs extérieurs en pierre de taille. Côté boulevard, l'occupation par les pompiers du grand escalier, permettant une desserte de tous les étages, a permis d'éviter que l'incendie ne s'étende davantage à l'hôtel des Italiens. Un tiers du site est ainsi sauvé des flammes[11].
Ouverture des coffres
Le nombre de coffres en location au moment de l'incendie est de 7800, dont la taille varie du compartiment à l'armoire blindée[13]. Suite à l'incendie, tous les coffres ont résisté mais l'accès à la salle des coffres est restreint en raison de l'effondrement des étages supérieurs sur celle-ci. Par mesure de sécurité, il faut attendre 20 jours avant que les clients soient autorisés à venir en récupérer le contenu sur rendez-vous. L'opération, qui s'étend sur plusieurs mois, révèle notamment la présence de milliers de tableaux de maîtres : Matisse, Renoir, la succession Chagall, un Modigliani ayant échappé au tremblement de terre de Kobé en 1995[10]. En revanche, 130 armoires blindées, contenant 1200 compartiments, sont inaccessibles car situées sous la partie effondrée. Seulement deux d'entre elles ont été endommagées superficiellement par l'effondrement de poutrelles métalliques[13]. Il faudra plusieurs mois pour les déblayer puis les extraire des sous-sols à l'aide de grues et procéder à leur ouverture[14],[15].
Suites judiciaires sur l'origine du sinistre
L'hypothèse d'un incendie volontaire[16] n'est jamais démontrée[10].
Après l'incendie

Après l'incendie qui a occasionné des dégâts très importants, le Crédit Lyonnais vend son siège central pour la somme de 1,3 milliard de francs à l'assureur AIG[6].
Depuis sa création, le bâtiment était ouvert au public qui pouvait le traverser dans toute sa longueur, avec la présence de l'agence centrale, d'une agence à destination du personnel et de l'agence internationale. Après l'incendie, le bâtiment est séparé en deux espaces ne communiquant plus. Le Crédit Lyonnais conserve le cœur historique appelé « Hôtel des Italiens », représentant seulement environ le quart du bâtiment situé du côté du boulevard, avec les bureaux de l'état-major, la salle du Conseil et l'escalier en double révolution.
L'essentiel de l'immeuble donnant sur la rue du Quatre-Septembre a subi des dégâts beaucoup plus importants. Il a été rebaptisé « le Centorial », afin notamment de pouvoir récupérer le sigle CL sculpté sur la façade.
En 2008, l'architecte des bâtiments de France demande la réinstallation au sommet du pavillon d'honneur d'un ornement démonté lors des restaurations des années 1950. Il s'agit d'un écusson décoratif en plomb représentant les armes de la ville de Lyon, berceau de LCL.
Ses caractéristiques sont impressionnantes : 4,30 m de large sur 3,50 m de haut à 36 m de hauteur, poids : 4 tonnes. Elle a été réalisée par Jean-Claude Duplessis, ornementiste et meilleur ouvrier de France[17].
Le Centorial


Après l'incendie, des travaux de reconstruction très importants sont engagés en par AIG French Property Fund pour le compte du nouveau propriétaire, l'investisseur allemand Deka Immobilien Investment Gmbh, sous la direction de l'architecte Jean-Jacques Ory. Ces travaux doivent en effet combiner le respect de l'immeuble dont une partie est classée avec une grande verrière métallique construite par les ateliers d'Eiffel, la nécessité de proposer un immeuble avec tous les équipements de bureau moderne, et le souhait de conserver une trace de l'architecture mise en œuvre lors de la construction.
C'est ainsi que la salle des marchés (où s'est déclaré l'incendie) et le jardin suspendu situé au-dessus sont remplacés par une longue galerie avec une verrière métallique qui évoque la galerie des titres de l'immeuble originel.
En 2006, la rédaction du journal Les Échos quitte la rue La Boétie pour s'installer dans l'immeuble[18]. En 2012, l'EDHEC installe son campus parisien dans une partie du bâtiment[19].
Des directions du Crédit lyonnais ont aussi occupé l'immeuble.
- Le Centorial, jadis et maintenant
- Avant la construction de la façade actuelle.
- Centorial a remplacé Credit Lyonnais au frontispice rue du 4-Septembre.
- Vestibule côté 4-Septembre, dans l'immeuble originel.
- Vestibule côté 4-Septembre, vue récente.
Autour du bâtiment
- Le bâtiment est peint vers 1880 par Gustave Caillebotte sur la toile Le Boulevard des Italiens.
- Ainsi qu'en témoigne une inscription, le mur situé rue de Choiseul à proximité de l'angle de la rue du Quatre-Septembre (en face du no 15) conserve la trace d'une « bombe d'avion » explosée le , lors raid de seize Gotha G effectuant un bombardement de Paris durant la Première Guerre mondiale.
- Le film Le Cri de la soie de Yvon Marciano est tourné en dans le hall du côté Quatre-Septembre. Le film est censé se dérouler dans un grand magasin.
- Le bâtiment accueille en le défilé printemps-été de Donatella Versace[20].
- Le bâtiment accueille le le défilé automne-hiver de Vivienne Westwood[21].