Siège de Goražde

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Date 4 mai 1992 – 14 décembre 1995
Issue Accords de Dayton, Ville restée sous contrôle du gouvernement de Bosnie-Herzégovine
Siège de Goražde
Description de cette image, également commentée ci-après
Mémorial aux enfants victimes du siège de Goražde
Informations générales
Date 4 mai 1992 – 14 décembre 1995
Lieu Goražde (Bosnie-Herzégovine)
Issue Accords de Dayton, Ville restée sous contrôle du gouvernement de Bosnie-Herzégovine
Belligérants
Armée de la république de Bosnie-Herzégovine Armée populaire yougoslave (JNA)
Armée de la Republika Srpska (VRS)
Unités paramilitaires serbes
Pertes
Nombreuses victimes civiles

Guerre de Bosnie-Herzégovine

Coordonnées 43° 40′ 00″ nord, 18° 58′ 40″ est
Géolocalisation sur la carte : Bosnie-Herzégovine
(Voir situation sur carte : Bosnie-Herzégovine)
Siège de Goražde

Le siège de Goražde eut lieu pendant la guerre de Bosnie-Herzégovine, du au . La ville, située dans la vallée de la Drina, fut attaquée par la JNA et des unités paramilitaires, puis assiégée par l’Armée de la république serbe de Bosnie. Malgré les bombardements, les destructions et de lourdes pertes civiles, Goražde parvint à résister et resta sous contrôle du gouvernement bosnien jusqu’à la fin du conflit. Avec les accords de Dayton, elle fut intégrée à la fédération de Bosnie-et-Herzégovine.

L’éclatement de la Yougoslavie fut exploité par le président de Serbie, Slobodan Milošević, qui poursuivait le projet de Grande Serbie[1],[2]. Sous son autorité, la JNA fut utilisée pour soutenir les forces serbes de Croatie et de Bosnie, rebaptisées ensuite VRS[3].

Avant même la formation de l’Armée de la république de Bosnie-Herzégovine, la JNA et des unités paramilitaires serbes attaquèrent et occupèrent de nombreuses villes de Bosnie, où la population civile désarmée n’opposa que peu de résistance[4].

Dans la vallée stratégique de la Drina, à majorité bosniaque, les forces serbes prirent rapidement le contrôle de Bijeljina, Zvornik, Višegrad, Foča, Bratunac et Vlasenica[5],[6]. Les villes de Srebrenica, Žepa et Goražde résistèrent, mais furent assiégées[7].

L’Armée de la république de Bosnie-Herzégovine fut créée dans l’urgence en mai 1992, mais elle était très mal armée, l’ONU ayant instauré un embargo sur les armes qui touchait l’ensemble du territoire de l’ex-Yougoslavie. Elle ne put donc pas s’opposer efficacement à la JNA et aux forces serbes, qui disposaient de l’essentiel de l’arsenal militaire yougoslave[8],[9]

Le siège

Le siège de Goražde débuta le , lorsque la JNA lança ses premières attaques contre la ville. Le , la JNA annonça officiellement son retrait de Bosnie, mais en réalité, ses effectifs et son matériel furent simplement transférés à la nouvelle Armée de la république serbe de Bosnie (VRS), qui poursuivit aussitôt le siège[10],[11].

En mai et juin 1992, la VRS, appuyée par l’artillerie lourde positionnée sur les hauteurs de la Drina et par des unités paramilitaires venues de Serbie, lança plusieurs attaques contre Goražde. La population civile, majoritairement bosniaque, était mal armée et tenta de s’organiser en unités de défense territoriale. La ville, encerclée, devint rapidement un refuge pour des milliers de déplacés venus des communes voisines, ce qui fit exploser le nombre d’habitants « Ces attaques brutales et aveugles contre des civils sans défense »[12] font de nombreuses victimes, y compris des enfants.

À partir de 1993, la VRS renforça son blocus, empêchant l’entrée d’aide humanitaire et coupant la ville de toute liaison terrestre. L’ONU proclama Goražde « zone de sécurité » en avril 1993, au même titre que Sarajevo, Srebrenica, Žepa, Tuzla et Bihać[13],[14]. Cependant, ce statut ne la protégea pas : la ville resta soumise à des tirs d’artillerie quasi quotidiens et à une privation croissante de nourriture et de médicaments.

Au printemps 1994, les forces serbes menèrent une offensive majeure visant à s’emparer de la ville. Les bombardements firent plusieurs centaines de victimes civiles, ce qui provoqua l’intervention de l’OTAN qui lança ses premières frappes aériennes contre les positions de la VRS autour de Goražde[15]. Un fragile cessez-le-feu fut instauré, mais le siège se poursuivit. Les convois humanitaires de l’ONU entraient difficilement, souvent bloqués ou attaqués, et la population souffrait du froid et de la faim.

En 1995, tandis que Srebrenica et Žepa tombaient aux mains des forces serbes en juillet, Goražde parvint à résister grâce à sa défense locale, aux frappes aériennes et à la présence de casques bleus. Elle demeura ainsi la seule enclave de la Drina à ne pas être conquise.

Le siège prit officiellement fin avec la signature des accords de Dayton en décembre 1995, qui intégrèrent Goražde à la fédération de Bosnie-et-Herzégovine.

Conséquences et victimes

Notes et références

Voir aussi

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