Siège de Lavaur (1211)
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| Date | mars au 3 mai 1211 |
|---|---|
| Lieu | Lavaur |
| Issue |
Victoire des croisés Prise de la ville |
| Seigneurie de Lavaur |
| Aimery de Montréal † Guiraude de Laurac † |
| 300 à 400 prisonniers hérétiques brûlés vifs 80 chevaliers pendus |
Batailles
Chronologie de la croisade des albigeois
| Coordonnées | 43° 41′ nord, 1° 49′ est | |
|---|---|---|
Le siège de Lavaur est une opération militaire de Simon de Montfort au cours de ses campagnes visant à conquérir le comté de Toulouse, lors de la croisade des Albigeois.
Lavaur est une ancienne cité ayant appartenu aux Trencavel. En 1181, le pape Alexandre III avait chargé Henri de Marsiac, abbé de Clairvaux et cardinal d’Albano de combattre le catharisme avec le soutien du comte Raymond V de Toulouse. La cité de Lavaur, déjà connue comme un repaire de cathares, avait été assiégée et Adélaïde, femme de Roger II Trencavel, avait fini par leur ouvrir les portes et leur livrer deux évêques cathares qui s’y étaient réfugiés. Ces deux derniers avaient abjuré, et le cardinal d’Albano était reparti satisfait, sans se douter que l’hérésie allait reprendre de plus belle. Par la suite, la ville était passée sous le contrôle des comtes de Toulouse, et elle est tenue en 1211 par une veuve, Guiraude de Laurac, appelée plus communément Dame Guiraude. La ville est également redevenue un centre cathare important.
De son côté, Simon de Montfort vient de parachever la conquête des vicomtés Trencavel, avec les prises de Minerve, Termes et Cabaret. Il peut alors songer à attaquer le comté de Toulouse. De plus, un des seigneurs occitans qui lui avait prêté hommage, Aymeri de Montréal, frère de Guiraude, renie son allégeance, se révolte et se réfugie à Lavaur.
Simon de Montfort dispose des forces de Pierre d'Auxerre, Robert de Courtenay, Pierre II de la Chapelle, évêque de Paris, et d'Enguerrand III, sire de Coucy, qui sont venus participer à la croisade.
Le siège
Simon de Montfort atteint la ville avec son armée à la fin du mois de , mais le faible effectif de son armée ne lui permet pas de l’encercler entièrement. Seul un côté est réellement attaqué. Guiraude de Laurac demande du secours à son suzerain, le comte Raymond VI de Toulouse, qui envoie Raymond de Ricaud, son sénéchal, avec quelques chevaliers et fantassins. Puis il bat le rappel de son armée, mais se met inexplicablement en attente des évènements, alors qu’il aurait pu vaincre sans peine Simon de Montfort s’il l’avait attaqué pendant le siège.
Son comportement peut être expliqué par le fait qu’il se rendait compte qu’il ne pouvait peut-être pas compter sur tous ses sujets. En effet, après les prêches de Folquet de Marselha, évêque de Toulouse, une confrérie s’était créée à Toulouse, la « confrérie blanche ». Cette confrérie envoie une armée de cinq mille hommes pour prêter main-forte à Simon de Montfort, qui peut ainsi compléter son siège. Une mauvaise nouvelle lui parvient peu après. Une armée de pèlerins allemands et frisons, qui venait le rejoindre, est attaquée par Raymond-Roger, comte de Foix, et Guiraud de Pépieux dans le village de Montgey et entièrement anéantie.
Pendant ce temps, Lavaur tient bon sous le pilonnage des pierrières et des mangonneaux, et dispose de vivres et d’eau en suffisance. Les habitants comptent sur une autre intervention du comte de Foix, mais ce dernier s’est replié dans son comté, n’ayant pas les moyens nécessaires pour attaquer le camp des croisés. Montfort fait construire une chatte pour atteindre les remparts et les saper. L’opération ne se fait pas sans difficultés ; les habitants creusent des contre-sapes. Finalement une brèche est pratiquée dans le rempart et permet aux soldats de Simon de Montfort de pénétrer dans la ville le 3 mai 1211. Submergés par le nombre, Aymeri de Montréal, Raymond de Ricaud et leurs soldats sont capturés.
