Siège de Syracuse (213 av. J.-C.)
siège en 213 av. J.-C.
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Le siège de Syracuse est un siège effectué par les Romains durant la deuxième guerre punique, de 213 à 212 av. J.-C..
| Date | 213 à 212 av. J.-C. |
|---|---|
| Lieu | Syracuse |
| Issue | Victoire romaine |
| Carthaginois | République romaine |
| Épicydès | Marcus Claudius Marcellus Appius Claudius Pulcher |
Batailles
219 av. J.-C. : Sagonte
218 av. J.-C. : Rhône, Cissa, Tessin, La Trébie
217 av. J.-C. : Victumulae, Plaisance, Èbre, Lac Trasimène, Geronium
216 av. J.-C. : Cannes, Selva Litana, Nola (1re)
215 av. J.-C. : Cornus, Dertosa, Nola (2e)
214 av. J.-C. : Nola (3e)
213 av. J.-C. : Syracuse
212 av. J.-C. : Capoue (1re), Silarus, Herdonia(1re)
211 av. J.-C. : Bétis, Capoue (2e)
210 av. J.-C. : Herdonia (2e), Numistro
209 av. J.-C. : Asculum, Carthagène
208 av. J.-C. : Baecula
207 av. J.-C. : Grumentum, Métaure
206 av. J.-C. : Ilipa, Carthagène (2e) (ca)
204 av. J.-C. : Crotone
203 av. J.-C. : Utique, Grandes Plaines
202 av. J.-C. : Zama
| Coordonnées | 37° 05′ 00″ nord, 15° 17′ 00″ est | |
|---|---|---|
Après douze mois, Marcus Claudius Marcellus s'empare de la ville malgré les ingénieuses défenses conçues par Archimède, notamment sa griffe d'Archimède. Dans le pillage qui suit la prise de la ville, un soldat romain tue Archimède sans le reconnaître.
Date
Contexte

La Sicile, qui fut arrachée au contrôle carthaginois pendant la première guerre punique (de 264 à 241 av. J.-C.), est la première province de la République romaine à ne pas faire directement partie de l'Italie continentale. Le royaume de Syracuse est une région alliée indépendante située au sud-est de l'île et un proche allié de Rome pendant le long règne du roi Hiéron II. En 215 av. J.-C., le petit-fils de Hiéron, Hiéronymus, accède au trône à la mort de son grand-père et Syracuse tombe sous l'influence d'une faction anti-romaine, comprenant deux de ses oncles, parmi l'élite syracusaine. Malgré l'assassinat de Hiéronyme et le retrait des dirigeants pro-carthaginois, la réaction menaçante de Rome face au danger d'une alliance syracusaine avec Carthage force les nouveaux dirigeants républicains de Syracuse à se préparer à la guerre.
Malgré les tentatives diplomatiques, la guerre éclate entre la République romaine et le royaume de Syracuse en 214 av. J.-C., alors que les Romains sont encore occupés à lutter contre Carthage au plus fort de la Deuxième guerre punique (218-201 av. J.-C.).
Une force romaine dirigée par le proconsul Marcus Claudius Marcellus soutenu par le promagistrat Appius Claudius Pulcher assiège par conséquent la ville portuaire par mer et par terre en 213 av. J.-C.. La ville de Syracuse, située sur la côte orientale de la Sicile, est réputée pour ses importantes fortifications, de grandes murailles qui protègent la ville des attaques. Parmi les défenseurs de Syracuse se trouve le mathématicien et scientifique Archimède qui aide à la défense de la ville.
Déroulement de la bataille

Le déroulement du siège
Premier assaut (214 av. J.-C.) : la nuit des machines
Marcellus lance son attaque initiale de nuit, pensant surprendre les défenseurs. Il aligne ses galères en formation serrée face aux remparts maritimes d'Achradina et déploie ses sambucae. Ce qui suit stupéfie les légionnaires.
Les catapultes d'Archimède entrent en action. Polybe nous décrit avec précision leur organisation : pour les cibles lointaines, de grandes catapultes lancent des blocs de pierre ; à mesure que les navires approchent, des machines de portée intermédiaire prennent le relais ; enfin, quand les galères arrivent sous les murs, des meurtrières dissimulées laissent passer des scorpions (petites balistes) qui déciment les rameurs et les soldats à courte distance. Le tir est continu, coordonné, presque industriel.
Mais l'invention la plus terrifiante est ce que les Anciens appellent la « main de fer » (harpax) : une grue pivotante munie d'un grappin géant, cachée derrière les créneaux. Le grappin s'abat sur la proue d'une quinquérème, l'agrippe, puis la mécanique soulève la proue hors de l'eau. Le navire se dresse verticalement, projetant ses hommes à la mer, avant d'être relâché ou retourné et précipité contre les rochers ou les autres navires.
Plutarque rapporte dans la Vie de Marcellus la réaction des légionnaires : à la vue d'une poutre ou d'une grue se dresser au-dessus des murs, les soldats abandonnaient leurs postes en criant qu'Archimède avait encore une machine contre eux, et s'enfuyaient. Marcellus, selon l'anecdote célèbre de Plutarque, aurait dit en soupirant : « Cessons donc de combattre contre cette Briarée de géométrie, qui, assis tranquillement à l'aise sur le rivage, coulait nos navires et nous accablait de traits, surpassant ainsi les cent mains du géant des fables. »
L'assaut maritime est un désastre. Les sambucae sont détruites ou mises en fuite. Appius, sur les hauteurs, ne fait guère mieux et subit de lourdes pertes.
La guerre d'usure (214–213 av. J.-C.)
Marcellus comprend qu'un assaut frontal est impossible. Il change de stratégie et installe un blocus : ses navires patrouillent en mer pour couper les approvisionnements par mer, et ses légions encerclent la cité par terre. Il s'agit désormais d'affamer Syracuse.
Mais la cité reçoit des renforts. Une armée carthaginoise commandée par Himilcon débarque en Sicile et s'installe à Agrigente, à l'ouest. Simultanément, Hippocrate, depuis l'intérieur de Syracuse, mène des sorties. Les Romains se retrouvent à devoir gérer deux fronts : le siège de Syracuse et la menace carthaginoise dans l'arrière-pays sicilien.
Une épidémie (probablement la malaria ou une fièvre estivale) s'abat alors sur les deux camps durant l'été 212 av. J.-C., décimant massivement les armées carthaginoise et syracusaine cantonnées dans les marécages au sud, mais épargnant relativement plus les Romains sur leurs hauteurs ventilées. Himilcon et Hippocrate meurent tous deux de cette épidémie. La résistance extérieure s'effondre.
La brèche (212 av. J.-C.) : la trahison de la fête
Malgré l'affaiblissement de ses ennemis, Marcellus ne peut toujours pas prendre d'assaut les murs tenus par Archimède. C'est le hasard et la ruse qui tranchent.
Les Syracusains célèbrent la fête d'Artémis, accompagnée de libations et de banquets. Un transfuge (ou espion romain infiltré, les sources varient) informe Marcellus que cette nuit-là, une section du mur côté Épipole — la tour Galeagra — sera moins surveillée, et que les gardes seront ivres.
Marcellus saisit l'occasion. Il fait avancer en silence une colonne légère d'environ 1 000 soldats d'élite, qui escaladent les murs avec des échelles à l'endroit indiqué pendant que la fête bat son plein. Ils ouvrent une porte de l'Épipole de l'intérieur. Les légions s'y engouffrent.
Aux premières lueurs du jour, Marcellus contemple depuis les hauteurs la vue splendide de Syracuse et, selon Plutarque, pleure à la pensée de la destruction imminente de cette belle cité. Néanmoins, il laisse ses troupes piller le quartier d'Achradina puis de Neapolis. La partie basse, Ortygie (où se trouvait le trésor royal), capitule peu après grâce à la trahison d'un général mercenaire, Méryllas, qui négocie sa reddition contre l'impunité.
Conclusion
La conclusion et ses conséquences
Le sac de Syracuse
Le pillage de Syracuse fut immense. La cité était depuis des siècles un centre artistique exceptionnel : statues de bronze et de marbre, tableaux, objets d'orfèvrerie furent chargés en masse sur des navires à destination de Rome. Tite-Live note avec ambivalence que ce fut là le début du goût romain pour l'art grec — et, implicitement, le début d'une certaine corruption des mœurs romaines par le luxe. Marcellus fut surnommé par les Grecs celui qui avait « orné Rome » et « dépouillé Syracuse [2]».
Bilan stratégique
La chute de Syracuse en 212 av. J.-C. est un tournant de la Deuxième Guerre Punique en Occident [3]:
- Elle sécurise la Sicile pour Rome, privant Carthage d'une base et d'un grenier essentiel.
- Elle permet à Rome de concentrer ses ressources sur l'Italie et, à terme, de préparer la contre-offensive en Afrique.
- Marcellus reçoit un triomphe à Rome.
- Les Syracusains survivants sont en grande partie réduits en esclavage ou dispersés.
Le legs d'Archimède
Paradoxalement, le vaincu est entré dans l'Histoire plus que le vainqueur. Le siège de Syracuse est le premier grand exemple documenté de guerre technologique asymétrique : une petite garnison tenant en échec pendant deux ans une puissance militaire majeure grâce à l'ingénierie. Les machines d'Archimède — catapultes à portée variable, grues à grappin, systèmes de miroirs selon certaines traditions tardives — constituent le premier arsenal de défense côtière de l'histoire.
Postérité
Archimède et le siège de Syracuse sont reconstitués dans le film Cabiria (1914) et le film La Charge de Syracuse (1960). Le manga Eurêka ! (2002) d'Hitoshi Iwaaki et le film Indiana Jones et le Cadran de la destinée (2023) y font référence.