Siège de Tenochtitlan

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Date au
Issue Victoire décisive espagnole et tlaxcaltèque
Siège de Tenochtitlan
Description de cette image, également commentée ci-après
Tableau du XVIIe siècle représentant le siège de Tenochtitlan.
Informations générales
Date au
Lieu Tenochtitlan (Mexique)
Issue Victoire décisive espagnole et tlaxcaltèque
Belligérants
Espagne
Tlaxcaltèques
Empire aztèque
Commandants
Hernán Cortés
Pedro de Alvarado
Cristóbal de Olid
Gonzalo de Sandoval
Xicotencatl Ier
Cuitláhuac
Cuauhtémoc
Forces en présence
~1 000 Espagnols
16 canons
~50 000 Tlaxcaltèques
~60 000 guerriers
Pertes
~600 Espagnols morts
~20 000 indigènes morts
~50 000 morts

Conquête de l'Empire aztèque

Batailles

Bataille de Tehuacacinco - Massacre de Cholula - Massacre du Templo Mayor - Noche Triste - Bataille d'Otumba - Siège de Tenochtitlan

Coordonnées 19° 26′ 06″ nord, 99° 07′ 53″ ouest
Géolocalisation sur la carte : Mexique
(Voir situation sur carte : Mexique)
Siège de Tenochtitlan

Le siège de Tenochtitlán par Hernán Cortés en 1521 (-) fut le point culminant de la conquête du Mexique par les Espagnols. La chute de la capitale aztèque, au bout de 75 jours de siège, marqua la fin de l'empire de la triple alliance aztèque.

En 1519, à la tête d'une expédition espagnole venue de Cuba, Hernán Cortés débarqua sur la côte du golfe du Mexique, où il fonda la ville de Villa Rica de Vera Cruz. Il y entendit parler des richesses de l'empire aztèque. Les ambassadeurs que lui dépêcha le souverain aztèque Moctezuma II ne firent qu'aiguiser sa convoitise[1]. Outrepassant les instructions du gouverneur de Cuba[2], il se mit en route pour Tenochtitlan, prétextant de son désir de rencontrer Moctezuma. En route, les Tlaxcaltèques, ennemis traditionnels des Aztèques, après avoir tenté de s'opposer au passage des Espagnols sur leur territoire, se rallièrent aux nouveaux venus et leur apportèrent un concours précieux.

Le , malgré les obstacles mis sur son chemin par les Aztèques, Cortés fit son entrée dans la capitale, où il fut accueilli par Moctezuma dans une atmosphère d'apparente cordialité. Au bout de quelques jours, il s'empara de la personne de l'empereur et gouverna désormais en son nom. En décembre, Cortés dut retourner à Vera Cruz pour faire face à une expédition espagnole rivale sous les ordres de Pánfilo de Narváez, envoyée de Cuba pour le démettre de son commandement.

En son absence, son lieutenant, Pedro de Alvarado, mit le feu aux poudres à Tenochtitlan en faisant massacrer la fleur de la noblesse mexica lors de la fête de Toxcatl[3]. À son retour, Cortès se retrouva encerclé dans le palais que ses troupes occupaient. Au cours des troubles qui suivirent, Moctezuma perdit la vie. Sous la direction d'un nouveau tlatoani, Cuitláhuac, les Aztèques se montrèrent décidés à anéantir les envahisseurs. Au cours de l'épisode connu sous le nom de Noche triste, Cortés et ses hommes se frayèrent un chemin vers la terre ferme au prix de très lourdes pertes.

Après avoir frôlé l'anéantissement lors de la bataille d'Otumba, Cortés continua sa retraite vers Tlaxcala. Il existait au sein de la classe dirigeante tlaxcaltèque deux factions : Maxixcactzin et Xicotencatl l'Ancien étaient favorables aux Espagnols ; Xicotencatl le Jeune leur était hostile[4]. Il s'était montré sensible aux avances des Aztèques, qui avaient proposé une alliance avantageuse à Tlaxcala. Le parti espagnol l'emporta néanmoins et Cortés put refaire ses forces à Tlaxcala.

Prologue

La vallée de Mexico à l'arrivée des conquistadors, au début du XVIe siècle.

Hernán Cortés, malgré l'opinion contraire de certains de ses compagnons, était fermement décidé à retourner à Tenochtitlan et à soumettre la ville. On se prépara donc au conflit des deux côtés. Les Aztèques recherchèrent des alliés. Ils firent notamment des ouvertures au souverain tarasque, mais ce dernier refusa par deux fois et fit sacrifier les ambassadeurs aztèques. L'empereur Cuitlahuac promit de dispenser de tribut toute cité qui tuerait des Espagnols, mais sans plus de succès, car les Aztèques s'étaient fait haïr des peuples récemment soumis, qui, ignorant tout des buts des Espagnols, voyaient en eux des libérateurs.

De son côté, Cortés reçut à plusieurs reprises de précieux renforts venus de la côte : trois bateaux d'une expédition lancée par Francisco de Garay, gouverneur de la Jamaïque ; deux bateaux envoyés par le gouverneur de Cuba pour renforcer les troupes de de Narváez, ainsi que plusieurs navires venus d'Espagne. À la fin de l'année 1520, Cortés pouvait compter sur quelque 550 hommes, dont 80 arquebusiers et arbalétriers, 40 chevaux et neuf canons. Le manque de poudre devait cependant rester un souci pendant toute la campagne[5].

Comme Tenochtitlan était une île, Cortés fit construire treize brigantins pour en faire le blocus naval. Ce fut une des chances du conquistador que se trouvât parmi les survivants de la Noche Triste un remarquable charpentier de marine, Martin Lopez. Ce dernier entreprit de récupérer des matériaux, fers, clous, voiles et cordages sur les bateaux échoués à Vera Cruz[6]. Ces embarcations à voiles et à rames d'un faible tirant d'eau furent assemblées à Atempa dans les environs de Tlaxcala grâce à l'aide des indigènes.

Pour prouver à tous, Espagnols comme Indigènes, qu'il maîtrisait la situation, Cortés attaqua la cité de Tepeac où quelques Espagnols avaient été massacrés. Il anéantit la garnison aztèque et réduisit les habitants en esclavage. Les captifs furent marqués au fer rouge d'un « G » (guerra)[7]. Dans sa seconde lettre à Charles Quint, Cortés explique lui-même qu'il veut inspirer la terreur :

« Je pris encore cette résolution de les faire esclaves pour jeter l'épouvante parmi les Indiens de Mexico et parce que la population est si dense que si je ne leur imposais pas un châtiment exemplaire, il me serait impossible de les soumettre[8]. »

Ensuite, « considérant que cette province se trouve être le débouché de tous les passages de la côte à l'intérieur, et que c'est le chemin que prennent les marchandises pour pénétrer dans le pays »[9], il fonda à proximité la ville de Segura de la Frontera, qui lui servirait de base.

Indiens touchés par la variole (Codex de Florence).

Entretemps, les conquistadores avaient reçu une alliée inattendue. Au cours de l'été 1520, la variole, qui aurait été apportée de Cuba à Vera Cruz par un serviteur noir, se répandit rapidement dans tout le Mexique et décima la population qui n'était pas immunisée contre cette maladie inconnue dans le Nouveau-Monde. La variole atteignit la vallée de Mexico en et ravagea Tenochtitlan en octobre[10]. Parmi les morts se trouvait le successeur de Moctezuma, Cuitlahuac. Il fut remplacé par Cuauhtemoc. Non seulement l'épidémie sapa les capacités physiques au combat des indigènes, mais, comme elle ne semblait pas tuer leurs ennemis espagnols, elle ébranla également leur moral.

Le siège

Notes et références

Annexes

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