Sloanea sinemariensis

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Sloanea sinemariensis est une espèce d'arbre sud-américain, de la famille des Elaeocarpaceae (anciennement dans les Tiliaceae).

L'épithète spécifique sinemariensis fait référence au nom du fleuve Sinnamary en Guyane.


Il est connu en Guyane sous les noms génériques de Busi kuswe (Nenge tongo), Roucou sauvage, Roucou grand-bois, Châtaignier pays (Créole), Kusuweran (Kali'na), Irapkamwi (Palikur), Ulukupala-ni (Wayãpi), Alotasi (Aluku), Urucurana (Portugais), Broadleaf (créole du Guyana), Rafroe njannjan (Sranan tongo)[4].

Sloanea sinemariensis est un arbre haut de 15–30 m, pour 40 cm de diamètre, doté de hauts contreforts raides et ramifiés, et d'un tronc cannelé au-dessus des contreforts, avec l'écorce brun rougeâtre. On le reconnaît à ses fleurs de couleur blanc verdâtre à jaunâtre et ses capsules couvertes d'épines rouges, s'ouvrant pars des valves de couleur rose à l'intérieur. Le bourgeon apical est de forme ovoïdes à lancéolée ou conique, finement pubérulents roux, et mesure environ 4 × 2,5 mm (rarement plus large que l'apex de la tige, ou, s'il l'est, les rameaux dépassent 4–6 mm de diamètre près de l'apex). Les rameaux mesurent 4-6 mm de diamètre, sont finement pubérulents, devenant glabres, lisses, brun grisâtre, avec des cicatrices foliaires proéminentes.

Les feuilles sont disposées en spirale, mesurent 11,8 x 10 à 30,5 x 20 cm, de forme largement elliptique ou obovale à suborbiculaire, à apex obtus à arrondi ou tronqué, et à base tronquée. La marge est ondulée. Le limbe est finement à fortement coriace. Les feuilles sont glabres, à l'exception parfois de la nervure médiane pubérulente sur le dessus. La nervation eucamptodrome à wikt:craspédodrome (surtout dans la moitié supérieure). Les nervures médiane et secondaires sont imprimées sur la surface supérieure. Les 6-9 paires de nervures secondaires sont ascendantes (avec des angles < 70° par rapport à la nervure médiane), droites ou légèrement arquées, parallèles à légèrement convergentes. Les nervures tertiaires sont obliques, parallèles. La nervation d'ordre supérieur est principalement perpendiculaire aux tertiaires. Le pétiole est long de (1,5)3 à 11 cm, finement pubérulent au début, puis glabre. Les stipules sont longues de 2,5-3 mm, caduques, de forme lancéolée, à apex aigu, pubérulent apprimé, uniformément colorées.

L'inflorescence est axillaire et groupée sous les feuilles. Elle consiste en une panicule longue de 3-7 cm, ramifiée à partir de la base, finement pubérulente. Le pédoncule est long de 0-3 mm. Le pédicelle est long de 5-9 mm. Les bractées de forme lancéolée sont longues de 1-1,5 mm.

On observe 4(-5) sépales longs de 2-4 mm, de forme lancéolée, à apex aigu, largement étalés et finalement réfléchis, libres, avec une valve d'estivation, entourant complètement le bouton floral, densément et finement tomenteux à l'extérieur, plus clairsemés à l'intérieur. Les pétales sont absents. Le réceptacle floral mesure environ 2,5 mm de diamètre, est plat, quadrangulaire, pubérulent, ponctué. On compte 80-90 étamines, avec le filets long d'environ 2,5 mm, glabre. Les anthères sont longues d'environ 1,5 mm, minces, oblongues, arrondies à l'apex, glabres, latéralement déhiscentes, dotées d'un appendice non développé sur le connectif. L'ovaire est long de 1,5-2 mm, de forme ovoïde, à 4 angles, densément pubescent, comportant 4 loges. Le style est long de 2,5-3 mm, courtement quadrilobé, apprimé pubérulent dans sa moitié inférieure.

Le fruit est un capsule contenant une graine solitaire, mesurant 2-2,7 x 1-1,8 cm (sans les épines), de forme ellipsoïde, à apex et à base aigus, légèrement et finement pubérulents, à 4 valves épaisses d'environ mm, densément épineuses. Les épines sont monomorphes, longues jusqu'à 8 à 10(13) mm pour 0,4–0,5 mm de diamètre, droites, s'amenuisant de la base à l'apex, pointues, de section cylindrique, portant de minuscules poils antrorse épars, persistantes[5],[6].

Taxonomie

Le nom Sloanea sinemariensis a souvent été utilisé à tort pour diverses espèces des Antilles et du nord de l'Amérique du Sud (ex : S. eichleri, S. dentata et S. grandiflora[7]).

L'espèce n'était en effet connue que du spécimen de type de Aublet (fertile avec un jeune bouton floral) jusqu'en 1996, et la plupart des auteurs, y compris la dernière monographie[8] ne se sont appuyés que sur la planche plutôt rudimentaire de l'ouvrage d'Aublet, qui montre de larges feuilles et une courte inflorescence d'un type couramment observé chez plusieurs autres espèces. Cependant, au cours des dernières années, plusieurs nouvelles collections fertiles très similaires au type ont été collectées, il est donc maintenant possible de le placer avec une certaine confiance. Elle possède un calice de 4 sépales valvulaires enserrant complètement le bouton floral, ce qui la distingue immédiatement des espèces S. eichleri, S. dentata et S. grandiflora avec lesquelles elles étaient autrefois confondues. Ces derniers sont tous caractérisés par des sépales plus nombreux à estivation ouverte, avec les étamines exposées en bouton. Cependant, dans le grand groupe d'espèces ayant 4 sépales valvulaires entourant le bouton floral, il est inhabituel d'avoir de si petites fleurs. Les spécimens stériles peuvent être confondus avec S. usurpatrix, il peut donc y avoir des doutes concernant les identifications des spécimens en Amazonie centrale[5].

Répartition

Sloanea sinemariensis est présent du Venezuela (Amazonas : río Mawarinuma), à l'Amazonie brésilienne, en passant par le Guyana, le Suriname[9], la Guyane[6], et le Pérou amazonien[5].

Écologie

Sloanea sinemariensis est affectionne les forêts sempervirentes de plaine, autour de 100–200 m d'altitude au Venezuela[6], et généralement, dans les forêts pluviales anciennes de plaine, sur les sols de sables bruns ou granitiques, et les latosols jaunes d'Amazonie centrale, jusqu'à 450 m d'altitude. Il semble qu'il fleurit en novembre et que ses fruits sont mûrs en avril[5].

Utilisation

La décoction d'écorce de Sloanea spp. est réputée fébrifuge en Guyane. Les feuilles servent à confectionner des paniers pour transporter les cassaves au Guyana. Le bois sert à la construction de la charpente des carbets[4].

Protologue

Notes et références

Voir aussi

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