La sociologie analytique émerge en réaction à deux limites de l'analyse sociologique: la dépendance aux approches centrées sur des variables, qui induit un écart entre la réalité sociale et le matériau empirique; et l'utilisation exclusive de phénomènes macrosociaux pour expliquer d'autres phénomènes macrosociaux. La sociologie analytique se donne ainsi pour but d'expliquer les phénomènes sociaux par des mécanismes sociaux à l'échelle individuelle et par l'utilisation de modèles computationnels[1],[2]. Elle est en cela très proche de la sociologie mathématique des années 1950 et 1960[3]. Dans le manifeste de la sociologie analytique, Handbook of Analytical Sociology, Peter Bearmen et Peter Hedström établissent les cinq étapes du raisonnement sociologique analytique[4]: «
Nous commençons par clairement délimiter un fait social qu'il s'agit d'expliquer
Nous formulons différentes hypothèses à partir de mécanismes à l'échelle individuelle
Nous traduisons les hypothèses théoriques en modèles computationnels
Nous simulons les modèles pour comprendre quel type de faits sociaux est issue des mécanismes à l'échelle individuelle
Nous comparons les faits sociaux générés par chaque modèle avec les valeurs effectivement observées.»
↑Gianluca Manzo, «Variables, mécanismes et simulations : une synthèse des trois méthodes est-elle possible ?», Revue française de sociologie, vol.46, no1, , p.37 (ISSN0035-2969 et 1958-5691, DOI10.3917/rfs.461.0037, lire en ligne, consulté le )