Société chimique des usines du Rhône
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| Société chimique des usines du Rhône | |
| Création | |
|---|---|
| Disparition | |
| Fondateurs | Prosper Monnet, Marc Gilliard, Jean-Marie Cartier |
| Personnages clés | Nicolas Grillet, Joseph Koetschet |
| Forme juridique | |
| Siège social | La Plaine, Saint-Fons |
| Actionnaires | Société générale |
| Activité | Colorants Chimie fine |
| Produits | La rhodine (salicylés), la pyrazoline, les Rodos, la vanilline, l'hydroquinone, la saccharine, l'acétol |
| Filiales | Companhia Quimica Rhodia Brasileira au Brésil (1919) |
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La Société chimique des usines du Rhône (SCUR) est une entreprise française de production industrielle de chimie fine et de colorants, surtout connue pour avoir été à l'origine, avec les établissements Poulenc frères, du groupe Rhône-Poulenc.
Gilliard et Cartier
En 1801, Samuel Debar, un genevois, reprend une importante maison lyonnaise de négoce, exerçant ses activités dans l'importation de produits tinctoriaux destinés aux industries de la soie et du coton, ainsi qu'une petite activité de tissage de coton près de Bourgoin (Isère). En 1856, à son décès, l'affaire est reprise par son neveu, Marc Gilliard, et son comptable Jean-Marie Cartier.
Monnet
Monnet est né à Beaurepaire (Isère) le 18 avril 1834. Il vient à Lyon, à l'École de Médecine où il est préparateur. La ville de Lyon, historiquement orientée vers l'industrie textile, voit alors arriver les premiers colorants artificiels organiques. Monnet s'y intéresse, et dépose plusieurs brevets. Il est amené à travailler pour la maison Renard frères et Franc, qui détient un brevet pour un colorant rouge baptisé fuchsine et créé pour cela une nouvelle société : « La Fuchsine ». Les Renard cèdent finalement leurs droits à Gilliard, qui se trouve alors associé à Monnet.
Gilliard, Monnet et Cartier
En 1869, l'entreprise Gilliard, Monnet et Cartier entame la production de colorants (la fuchsine, mais aussi le vert lumière, le violet et le bleu de Paris) puis se développe dans le domaine de la chimie pour devenir, le , une société anonyme, la Société chimique des usines du Rhône.

Marc Gilliard décède en 1886. Il est remplacé par son fils Auguste Gilliard.
Prosper Monnet a fait fortune en produisant industriellement de la vanilline, composant majeur de l'arôme naturel de vanille[1],[2].
Alors qu'au début des années 1900, elle a failli sombrer, victime de la concurrence de BASF sur l'indigo synthétique[3], c'est finalement la Société chimique des usines du Rhône qui absorbe en 1928 les établissements Poulenc frères, grâce à une croissance de 4,95 % par an contre 4,8 %, deux rythmes supérieurs à ceux de l'industrie[4] la société-cible, issue de la société Veuve Poulenc et fils (1878), pour donner la Société des usines chimiques Rhône-Poulenc (S.U.C.R.P.)[5] qui deviendra elle-même la holding Rhône-Poulenc S.A. en 1961[6],[7].
Une première fusion a été rejetée en en raison de son coût fiscal, évalué à 24 millions de francs, observe la presse de l'époque et dès 1904, c'étaient les parisiens des établissements Poulenc frères qui envisageaient d'acheter les lyonnais de la Société chimique des usines du Rhône[4].
Albert Buisson fait du lobbying[Note 1] pour l'adoption de la loi du 19 mars 1928, qui divise par deux le droit fiscal d'apport sur les actifs en cas d'acquisition ou de fusion[8].
Bibliographie
- Fabienne Gambrelle, Innover pour la vie : Rhône-Poulenc, 1895-1995, Albin Michel, 1995.
- Pierre Cayez, Rhône-Poulenc, 1895-1975, Armand Colin, 1997.
- Sophie Chauveau, L'Invention pharmaceutique : La Pharmacie française entre l’État et la société au XXe siècle, Sanofi-Synthélabo, Le Plessis-Robinson, 1999.
- Étienne Barral, Rhône-Poulenc : Des molécules au capital, Atelier Fol'Fer, 2008. (ISBN 978-2-9527663-9-5).