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Société nyongo

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La Société nyongo (en anglais : Nyongo Society) est le nom donné à un groupe supposé de sorcières dont on pense qu'il existe au Cameroun. Ces légendes sont consignées pour la première fois par écrit dans les années 1950 par l'anthropologue britannique Edwin Ardener, alors qu'il décrit ce qu'il appelle la Terreur nyongo dans l'actuelle région du Sud-Ouest du Cameroun, alors sous tutelle britannique[1]. Aujourd'hui, la croyance en cette société est répandue depuis la côte camerounaise jusqu'aux peuples Bakossi et Beti de l'intérieur du pays. On la retrouve même dans le Grassland, chez les peuples Bamiléké et ceux du Nord-Ouest[2].

Histoire

Ce terme est utilisé par de nombreuses tribus et factions au Cameroun. Le terme « nyongo » et les premières légendes peuvent être attribués au peuple Douala, qui vivent sur la côte. « Nyongo » est dérivé du mot « nyunga », qu’ils utilisent pour désigner une personne ayant capturé un python magique, qui se manifestait sous la forme d’un arc-en-ciel[3].

Vers l'époque de la Seconde Guerre mondiale, les Bakweris pensent que la société se réunit au mont Koupé pour pratiquer ses rites. C'est là que la légende se divise en deux versions différentes[4].

Selon une version, on pratique des sacrifices humains afin de « rembourser » des dettes à la société nyongo, ou bien on emmene les victimes travailler pour la société dans un état semblable à celui d'un zombie[3]. C'est cette version qui perdure depuis que la légende est reprise par les Wimbum, avec l'ajout de rumeurs de cannibalisme[1].

Cependant, dans la version antérieure des Bakweris, les corps sont simplement amenés à donner l'impression d'être décédés. Des rats morts sont censés être placés sous la personne afin d'imprégner le corps d'une odeur de mort, garantissant ainsi un enterrement rapide. Après cela, la sorcière, ou ceux qui traitaient avec la Société nyongo, extrait la personne de la tombe de manière invisible. Cette victime aide alors l'auteur du crime à amasser des richesses[4]. La Société dispose également de sa propre communauté sur le mont Koupé, qui fonctionne entièrement grâce au travail des victimes, et posséde même des luxes tels que des camions[4].

À mesure que le mythe se répand, certains commencent à dire qu'on peut reconnaître un membre à son toit en tôle. Cela entraîne une pénurie de logements neufs, car personne ne veut être associé à la Société nyongo par le fait de vivre dans une habitation moderne[4]. Cependant, au moment où le commerce transatlantique inonde les villages locaux de richesses, des troubles sociaux commencent à se manifester, accompagnés d'une vague d'accusations visant la Société nyongo. Les habitants payèrent cher pour que le chasseur de sorcières Obasinjom vienne dans leurs villages et pratique le juju afin de les débarrasser des sorcières de la Société nyongo[5].

Dès les années 1970, ce terme est utilisé par les évangéliques Wimbum du Cameroun occidental, qui attribuent une nouvelle signification à ceux qui sont à la Société nyongo. Loin d’être cantonnée à une région ou à une montagne, on considère désormais que la Société étend son influence à l’échelle nationale[1],[3]. On soupçonne désormais que ceux qui ont fait fortune rapidement entretenaient des liens étroits avec le groupe. Ces soupçons s’intensifient si un membre de leur famille venait à mourir peu après. Cependant, même dans ce cas, certains affirment que la personne en question a conclu un pacte avec la Société et que d’autres décès suivront. Lorsque les personnes soupçonnées qui ont récemment acquis une fortune meurent à leur tour, on dit qu’elles n’ont pas versé la somme demandée à la Société[3].

Une autre variante du mythe affirme que pour être choisi comme offrande à la Société, il suffit à une personne d’établir un lien entre elle-même et une autre. C’est pourquoi, en particulier à la fin des années 1970, on rapporte que l’on disait aux enfants de ne pas ramasser de pièces de monnaie, car celles-ci auraient pu être laissées par des adeptes du nyongo afin de piéger une nouvelle victime[3].

En 1992, lorsqu'un accident de la route coûte la vie à plusieurs écoliers, le directeur de l'école a dû être éloigné de la région, car les habitants affirment qu'il avait livré les enfants au chef de la Société nyongo[3]. Ces croyances ont également des répercussions sur ceux qui tentent de créer une entreprise. Si les habitants pensent que l'argent initialement investi dans l'entreprise provient de la Société, personne n'achètera les produits du magasin[1].

Lorsqu'une personne soupçonnée d'appartenir à la Société nyongo meurt, elle peut être décapitée ou enterrée face contre terre afin de l'empêcher de se relever sous la forme d'un ekongi[4].

Notes et références

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