Sofija Jovanović
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture | |
| Nom dans la langue maternelle | |
| Nationalité | |
| Activité |
| Conflits |
Bataille de Drina (en) Première Guerre mondiale Guerres balkaniques Expédition de Salonique Bataille de la Kolubara Fall of Belgrade (1915) (en) Bataille de Bregalnica |
|---|
Sofija Jovanović (en alphabet cyrillique serbe : Софија Јовановић) est une femme serbe combattante née en 1892 et décédée en 1979. Elle a combattu lors des guerres balkaniques et de la Première Guerre mondiale.
Premières années
Sofija Jovanović est née le 26 janvier 1892 à Belgrade. Ses parents, Hristina et Antonio Jovanović, n'ont eu que des filles, en dépit de leur désir d'avoir un garçon qui pourrait défendre leur pays[1]. Elle est scolarisée à Belgrade et son adolescence est marquée par la mort de son père, alors qu'elle n'est encore qu'au lycée[2].
Sofija Jovanović se marie avec Simo Marinković. Le couple met au jour un garçon prénommé Dragan. Avant la Première Guerre mondiale, Simo Marinković et Dragan décèdent du typhus[3].
Carrière militaire
Guerres balkaniques
La Première guerre balkanique éclate en 1912 alors que Sofija Jovanović n'a que 20 ans. Elle s'engage volontairement dans l'armée comme recrue masculine sous le nom de Sofronié Jovanović[3]. Elle devient la première soldate de l'armée serbe[1]. Elle y porte un costume en tissu épais, des bottes militaires ainsi qu'un chapeau militaire qui lui permet de cacher ses cheveux courts. Au cours de cette guerre, elle coupe notamment les communications téléphoniques des Habsbourg[4].
Sofija Jovanović participe à la deuxième guerre balkanique et notamment à la bataille de Bregalnica. Lors de cette bataille, elle vient en aide à une dizaine de soldats serbes blessés et abandonnés[2].
Après la Première guerre balkanique, elle devient commise au sein de la direction des chemins de fer[5].
Première Guerre mondiale
Pendant la Première Guerre mondiale, Sofija Jovanović participe à plusieurs actions en tant que soldate. Malgré une blessure à la jambe gauche le 25 août 1914, elle continue la guerre[3]. Le 17 septembre 1914, elle est près de la rivière Drina pour la Bataille de Drina et, le 16 novembre 1914, sur la rivière Kolubara pour la Bataille de la Kolubara. Puis, du mois de novembre 1915 au 18 janvier 1916, elle participe à l'expédition de Salonique dans laquelle elle se replie en Albanie avec les troupes serbes après une opération, afin de rejoindre l'île de Corfou. Cette opération cause la mort de deux cent mille personnes. Son unité réussit à avancer jusqu'en Macédoine et, le 11 juin 1917, le roi Constantin Ier abdique. En novembre 1918, elle participe à la libération de Belgrade[4].
Ses actions sont récompensées par treize médailles et elle est surnommée la « Jeanne d'Arc serbe » par les Français[6].
Suite et fin de vie
Entre-deux-guerres
Après la Première Guerre mondiale, Sofija Jovanović met fin définitivement à sa carrière militaire[3].
Le 26 juillet 1920, à l'âge de 28 ans, elle épouse son camarade de guerre Tihomir Krsmanović Tića, âgé de 36 ans (né le 15 août 1884)[1]. Le couple n'a pas d'enfant et décide d'adopter l'une des sept filles du frère de Tihomir, prénommée Olga. Celle-ci passent d'un quotidien marqué par le port de robes sales à une vie régie par des règles militaires. Lors d'une visite dans la famille biologique d'Olga, le couple se rend compte qu'elle préfère la vie entourée de ses frères et sœurs. Olga retourne alors vivre auprès de sa famille biologique. Le couple retente l’expérience en adoptant une seconde fois un neveu de Tihomir, prénommé Dragoslav, qui a perdu ses parents à l’âge de 14 ans. L’adoption se déroule sans difficulté, et il prend soin de ses parents adoptifs jusqu’à leur décès.
Récompenses de l'État
Sofija Jovanović reçoit des récompenses de l'État, notamment de la part du Ministère de la Réforme agraire qui lui attribue un terrain dans la commune de Čurug. Cependant, ce terrain doit être repris si elle ne cultive pas la terre et si elle n'y vit pas avec sa famille. Elle soumet alors une demande, qui lui est accordée, afin de ne plus détenir ce terrain car elle ne se considère pas agricultrice[3].
À la suite de sa blessure à la jambe gauche, elle est reconnue comme invalide de guerre, avec une incapacité de travail évaluée à 70%[2]. Elle bénéficie alors de certaines aides et protections de l'État comme des transports privilégiés, des examens médicaux et des traitements gratuits, ainsi que des droits à la rééducation notamment avec la station thermale de Sokobanja, où elle se rend une fois par an.
Seconde Guerre mondiale
En 1940, Sofija Jovanović contracte une tuberculose pulmonaire et elle est dans l'incapacité de subvenir à ses besoins pendant un an.
Dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale, son mari et elle perdent leur droit de vote à deux reprises entre 1945 et le 12 septembre 1946 car ils sont accusés d'être des membres de l'organisation Tchetniks de Draža Mihailović. Durant cette période, la situation financière du couple est précaire et Sofija Jovanović est obligée de vendre ses bijoux.
Dernières années
En mars 1949, elle devient ouvrière dans une usine de chaussettes nommée « Partizanka ». Son incapacité d'invalidité est réduite à 30%, mais elle reste obligée de se soumettre à un suivi médical. Dans son certificat de travail, il est indiqué : « incapable de travailler, doit poursuivre son traitement ».
Le 27 mai 1960, son mari, Tihomir Krsmanović Tića, décède.
Le 20 décembre 1979, Sofija Jovanović décède à 9h[3]. Elle est enterrée avec les honneurs militaires au Nouveau cimetière de Belgrade[1].
Voir aussi
Notes et références
- 1 2 3 4 (sr) R.M, « Francuzi su je prozvali srpska Jovanka Orleanka: Prva je žena borac srpske vojske a dobila je čak 13 odličja u Velikom ratu », sur 24sedam, (consulté le )
- 1 2 3 (sr) Žikić et Milena, Žene u srpskim oslobodilačkim ratovima 1912–1918, Novi Sad: Pokrajinski zavod za ravnopravnost polova, (lire en ligne), p. 37 - 42
- 1 2 3 4 5 6 Milena Žikić et Tanja Milosavljević, « Une figure historique de l'histoire serbe - Sofia Jovanović », Series Philosophy, Sociology, Psychology and History, vol. 21, no 2, , p. 101 - 111 (lire en ligne [PDF])
- 1 2 (en) Mary Ellen Snodgrass, Women Warriors in History: 1,622 Biographies Worldwide from the Bronze Age to the Present, McFarland, (ISBN 978-1-4766-9305-7, lire en ligne), p. 304
- ↑ (sr) Military Shop RS, « Srpska heroina Sofija Jovanović », sur Military Shop, (consulté le )
- ↑ (en) Christian P. Potholm, Hiding in Plain Sight: Women Warriors throughout Time and Space, Bloomsbury Publishing PLC, (ISBN 978-1-5381-6272-9, lire en ligne), p. 33
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Milena Žikić et Tanja Milosavljević, « Une figure historique de l'histoire serbe - Sofia Jovanović », Series Philosophy, Sociology, Psychology and History, vol. 21, no 2, , p. 101 - 111 (lire en ligne [PDF])
