Wikiwand AI

Soltaniyeh

commune iranienne From Wikipedia, the free encyclopedia

Soltaniyeh ou Sultaniya (en persan : سلطانيه / Soltâniye) est une ville du nord-ouest de l'Iran, située entre Tabriz et Téhéran. Ancienne cité impériale fondée à la fin du XIIIe siècle par Arghoun, elle devient capitale de l'Ilkhanat de Perse en 1304 durant le règne d'Oldjaïtou qui y fait construire un mausolée notable.

Davantage d’informations Administration, Pays ...
Soltaniyeh
(fa) سلطانيه
Soltaniyeh
Administration
Pays Drapeau de l'Iran Iran
Province Zanjan
Indicatif téléphonique international +(98)
Géographie
Coordonnées 36° 25′ 53″ nord, 48° 48′ 32″ est
Altitude 1 784 m
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Iran
Voir sur la carte topographique d'Iran
Soltaniyeh
Géolocalisation sur la carte : Iran
Voir sur la carte administrative d'Iran
Soltaniyeh
Soltaniyeh *
Image illustrative de l’article Soltaniyeh
Dôme de Soltaniyeh.
Pays Drapeau de l'Iran Iran
Subdivision Zanjan
Numéro
d’identification
1188
Année d’inscription (29e session)
Type Culturel
Critères (ii), (iii), (iv)
Superficie 790 ha
Zone tampon 350 ha
Région Asie et Pacifique **
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification UNESCO
Fermer

Histoire

Capitale de l'Ilkhanat

Le site, initialement nommé Qunqur Alang par les Mongols, est d'abord sélectionné par Arghoun, le père d'Oldjaïtou. Il commence la construction d'un mur d'enceinte, mais meurt en 1291. Son fils ne monte sur le trône qu'en 1304 et reprend cette construction puis en fait sa capitale d'été. Hamdallah Mustawfi indique que la ville prend le nom de Soltaniyeh (la Sultane) car Oldjaïtou est le premier à adopter le titre de Sultan. La supervision des travaux est confiée au vizir Taj al-Din ‘Alishah[1].

Durant la première moitié du XIVe siècle, la ville s'impose comme un centre commercial et culturel dynamique. La cour impériale y réside en moyenne 150 jours par an, attirant dans son sillage des marchands, des artisans, des érudits et des chefs spirituels en quête de patronage royal. L'activité économique fluctue toutefois selon la présence du souverain. Oljeitu et son héritier, Abou-Saïd Bahadour, connectent la ville aux réseaux routiers de l'Iran. La route reliant Sultaniyya à Hamadan sert de raccordement principal à l'ancien réseau seldjoukide, tandis que d'autres voies mènent vers l'Azerbaïdjan, le Caucase, l'Anatolie et l'Irak[1].

Afin d'obtenir les faveurs du souverains, l'aristocratie et les commandants rivalisent d'initiatives architecturales. Le principal ministre, Rashid al-Din Fadl Allah, y fait ainsi construire plus de 1 000 maisons, deux grands minarets, une école de médecine et un monastère soufi (khanaqah). Ce dynamisme attire des habitants et favorise l'émergence d'une culture cosmopolite où s'emploie un dialecte mixte basé sur le persan. Sur le plan religieux, la ville reçoit son propre archevêque en 1318 sur décision du pape Jean XXII, qui y ordonne la fondation d'une église et invite Abu Said à se convertir au christianisme[1].

À l'origine, le mausolée est construit pour recevoir les corps de l'imam Husayn, enterré à Karbala, et de Ali, enterré à Nadjaf. Oldjaïtou veut ainsi prouver sa puissance à la suite de sa conversion à l'Islam. Cependant, devant les oppositions qu'il rencontre de la part des oulémas, il renonce à ce projet et fait du monument son propre mausolée.

Déclin et destruction partielle

Détail du dôme de Soltaniyeh sur la carte peinte par Matraki Nasuh au XVIe siècle

La ville perd son statut de « capitale » après le règne d'Oldjaïtou, et son importance décline rapidement. La ville survit à la chute de l'Ilkhanat après 1335. Le contrôle de cette ancienne résidence d'été reste une composante clé pour quiconque revendique l'autorité sur l'Iran pendant le siècle qui suit. En 1381, la ville tombe aux mains des armées de Tamerlan, qui en confie le gouvernement à son fils Miran Shah. Ce dernier, doté d'un tempérament destructeur, vandalise l'un des tombeaux royaux de la ville, probablement celui d'Abu Said[1]. Oulough Beg, le prince-astronome de Samarcande, petit-fils de Tamerlan, naît à Sultaniya en 1394.

Au début du XVIe siècle, la ville conserve une grande partie de son éclat, comme en témoigne une peinture réalisée en 1537 par l'artiste ottoman Matraki Nasuh. Son déclin s'amorce véritablement avec le transfert de la capitale séfévide à Ispahan en 1598. La dégradation du site s'accentue définitivement au XIXe siècle, lorsque le souverain Qajar Fath ‘Ali Shah décide de piller les ruines de l'époque de l'Ilkhanat pour en récupérer les briques afin de construire son propre palais d'été à proximité[1].

Le marchand russe Fédot Afanassiévitch Kotov, décrit la ville et son monument en 1624, dans son Itinéraire de Moscou au royaume de Perse.[2]

La ville actuelle

Sultaniya est une capitale de district de la province de Zanjan. Au recensement de 2006, sa population s'élevait à 5 700 habitants.

Le mausolée d'Oldjaïtou

Vue intérieure du dôme

Le principal monument qui demeure des ruines de Sultaniya est le mausolée de l'Il-Khan Oldjaïtou, connu sous le nom de Dôme de Soltaniyeh. La structure, érigée entre 1302 et 1312, présente un des plus vieux dômes à double coque du monde. Son importance dans le monde musulman pourrait être comparée à celle de la coupole de Brunelleschi, à Florence, dans l'architecture occidentale.

Le dôme de Soltaniyeh a ouvert la voie à des constructions en coupole plus audacieuse, comme le mausolée de Khoja Ahmed Yasavi et le Taj Mahal. La plus grande partie de la décoration extérieure a été perdue, mais l'intérieur conserve ses superbes mosaïques, faïences et peintures murales. D'un poids estimé à 200 t, le dôme s'élève à près de 50 m de sa base.

Il a connu une importante campagne de restauration durant les deux premières décennies du XXIe siècle. En 2005, l'UNESCO a ajouté Soltaniyeh à sa liste des sites du Patrimoine mondial.

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Timelines

Top Qs

Fact Checks