Sonate pour piano no 29 de Beethoven
composition de Ludwig van Beethoven
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Sonate « Hammerklavier »
| Sonate pour piano no 29 op. 106 « Hammerklavier » | |
Page de couverture de l'édition originale de l'opus 106 de Beethoven (Artaria, Vienne 1819). | |
| Genre | Sonate |
|---|---|
| Musique | Ludwig van Beethoven |
| Durée approximative | 45 minutes |
| Dates de composition | 1817–1819 |
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La Sonate pour piano no 29 en si bémol majeur de Beethoven, op. 106 dite « Hammerklavier », est une sonate pour piano composée entre et par un Ludwig van Beethoven complètement sourd, et publiée en . La dédicace est offerte à l'archiduc Rodolphe. Intitulée « Große Sonate für das Hammerklavier » (grande sonate pour le piano-forte), elle était destinée comme déjà l'opus 101 aux instruments les plus modernes de l'époque, dont elle exploitait toutes les possibilités techniques.
Contexte
Le titre « Hammerklavier » vient du terme allemand pour « piano-forte », donné par le musicien qui voulait ainsi rappeler à ses contemporains que le piano-forte était une invention allemande, comme il l'écrivait à Tobias Haslinger en 1817. Le terme « Hammerklavier » (littéralement : clavier à marteaux) — qui marque une nette distinction entre les cordes frappées du piano moderne et les cordes pincées du clavecin — semble aussi souligner le caractère percussif de l'instrument, mis particulièrement en valeur par l'introduction « martelée » de cette sonate.
Mettant fin à quatre années d'une quasi-stérilité artistique, sa composition fut contemporaine de celle du Kyrie de la Missa Solemnis et des toutes premières esquisses de la Neuvième Symphonie, à une époque où la surdité du musicien était devenue totale.
L'œuvre fut publiée le . Elle est sa plus vaste partition pour piano solo par sa longueur et l'ampleur de son souffle. Le musicien confia à son éditeur : « Voilà une sonate qui donnera de la besogne aux pianistes, lorsqu'on la jouera dans cinquante ans[1] ».
Elle comprend quatre mouvements et son exécution dure environ 45 minutes. Le troisième mouvement, adagio sostenuto, est remarquable par ses proportions (près de vingt minutes), qui en fait le plus long mouvement lent qu'ait écrit Beethoven.
Le pianiste Wilhelm Kempff en a dit : « C'est le plus grand monologue pour piano que Beethoven ait jamais écrit. »[réf. nécessaire] Le finale est une immense fugue à trois voix d'une complexité redoutable pour les exécutants.
Rendant compte de l'immensité de cette œuvre, le pianiste italien Ferruccio Busoni déclarait que « la vie d'un homme est malheureusement beaucoup trop courte pour apprendre l'opus 106[2] ».
Pour Badura-Skoda, « La Hammerklavier est pour nous pianistes, ce que la neuvième symphonie est pour le chef d'orchestre : l'œuvre monumentale, l'œuvre culminante, ou, mieux encore, l'œuvre qui parcourt tout autant les profondeurs que les sommets. Aussi ne l'approchons-nous qu'avec respect[3] ».
Mouvements

- Allegro, à
, en si♭ majeur, 405 mesures; - Scherzo, assai vivace, à

, en si♭ majeur, 175 mesures; - Adagio sostenuto. Appassionato e con molto sentimento, à

, en fa♯ mineur, 187 mesures; - Largo, à
, en fa majeur, 10 mesures — Allegro risoluto, à 
, en si♭ majeur, 400 mesures.
Réception
Longtemps qualifiée d'injouable, c'est Liszt qui la donne en récital et démystifie l'opinion. En 1836, Hector Berlioz rend compte d'une exécution parisienne de l'opus :
« Je citerai à l'appui de mon opinion celles de toutes les personnes qui l'ont entendu exécuter la Grande Sonate de Beethoven qui, pour la presque totalité des pianistes, n'étaient jusqu'à ce jour que l'énigme du Sphynx. Nouvel Œdipe, Liszt l'a expliqué de manière à ce que l'auteur, s'il a pu l'entendre, a dû frémir de joie et d'orgueil dans sa tombe. Pas une note n'a été omise, pas une note n'a été ajoutée (je suivais des yeux la partition)… C'est l'idéal de l'exécution d'une œuvre réputée inexécutable. Liszt en reproduit ainsi une œuvre encore incomprise a prouvé qu'il était le pianiste de l'avenir. Honneur à lui ! »
— Hector Berlioz, Revue et Gazette musicale de Paris, 12 juin 1836.