Sophie Grangier
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Hôtel Saint-Louis, Dijon
| Naissance | Hôtel Saint-Louis, Dijon |
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| Décès | |
| Nom de naissance |
Claudine, Marie, Sophie Villeneuve |
| Nationalité | |
| Activité | |
| Conjoint |
Sophie Grangier, née Claudine Marie Sophie Villeneuve le à Dijon et morte le dans la même ville, est une collectionneuse d'art française.
Sophie Grangier, née Claudine Marie Sophie Villeneuve, est la fille unique de Paul-Emile Villeneuve et de Marie-Rosalie Moret[1] dont les parents exploitaient une importante industrie à Dijon[2]. Son père, après ses études de médecine à Paris, vient s'installer, comme médecin aliéniste, à Dijon, sa ville natale, où il est chargé de la direction de l'asile départemental[2]. Il fréquente des littérateurs et des artistes, comme le sculpteur François Rude et son épouse la peintre Sophie Frémiet[3]. Vers 1854, il renonce à sa profession et se retire dans sa propriété de Villecomte[2].
Le 17 octobre 1871, c'est à Villecomte que Sophie Villeneuve, alors âgée de 20 ans, épouse Henri Grangier, de 9 ans son ainé[1].
Sans enfant, Sophie Grangier et son époux consacrent leur vie à venir en aide aux miséreux, aux orphelins et aux malades et à constituer une collection d'objets d'art[3].
Ils entretiennent une étroite relation avec le musée des Beaux-Arts de Dijon. En 1902, le musée bénéficie de l'aide de Sophie et de son époux, qui prennent en charge tous les frais et droits relatifs à l'acquisition d'une sculpture bourguignonne du XVIe siècle, Antoinette de Fontette, conservée jusque-là dans l'église de Verrey-sous-Drée et convoitée par le musée du Louvre[2].
Quelque temps après la mort de son mari, Sophie Grangier tombe malade et s'éteint le 28 décembre 1905 dans son hôtel dijonnais de la rue Chabot-Charny[2].
Activité de collectionneuse

La collection Grangier : une collection large et éclectique
Sophie Grangier et son mari constituent une large collection d’objets éclectiques par des acquisitions en France ou à l’étranger. En effet, la collection se forme notamment à partir d’achats effectués lors de ventes publiques à Dijon, à Paris ou encore à Londres dans les années 1890-1900. Une partie est également acquise lors de leurs voyages en Europe (Italie, Suisse, Allemagne…). Enfin, après la mort de son mari, Sophie Grangier poursuit l’enrichissement de la collection en achetant auprès de marchands dijonnais [3].
La collection est composée de 516 objets datant de l’Antiquité au XIXe siècle[4]. On y trouve quelques peintures italiennes, flamandes, hollandaises, allemandes et françaises, des objets d’arts variés dont une large collection d’ivoires, des sculptures médiévales bourguignonnes, flamandes et allemandes ainsi que des objets originaires d’Extrême-Orient[3].
La collection est principalement réunie dans la résidence principale du couple, le château des Gaillots, à Vougeot, en Côte-d’Or. Elle est rassemblée dans la galerie Vougeot, une grande galerie aménagée pour l’occasion au premier étage du château. La galerie Vougeot était composée d’un cabinet des Flandres du XVIIe siècle, des grès allemands, des pièces d’orfèvrerie liturgique, d’une défense sculptée africaine ainsi que d’une sculpture de l’école bourguignonne. Certains de ces objets sont visibles sur le portrait de Sophie Grangier dans la galerie, réalisé par Louis Gaitet[3].
Le mobilier et les céramiques étaient, eux, conservés dans l’hôtel hivernal du couple, située au 20 rue Chabot-Charny à Dijon[3].
La collection de peintures, sculptures, ivoires et divers

Parmi les peintures de la collection Grangier, on peut distinguer un autoportrait de Marie-Geneviève Bouliard, un portrait de femme de Jean-Auguste-Dominique Ingres, une tête de vieillard de Jean-Honoré Fragonard, le portrait de M. Villeneuve, père de Mme Grangier, par Sophie Fremiet[4]et surtout le portrait ovale de Marie-Anne-Célestine Pierre de Vellefrey, à l'âge de huit ans, peint par Pierre-Paul Prud'hon pendant son séjour en Haute-Saône en 1795-1796[5]. La collection Grangier comporte aussi 16 miniatures, essentiellement des portraits du XVIIIe siècle et 113 sculptures dont une Sainte-Catherine en bois de l'école flamande du XVe siècle[6].
L’intérêt de la collection réside tout particulièrement dans les ivoires, au nombre de 51, comprenant un ensemble de volets de diptyques des XIVe et XVe siècles, des statuettes, des bustes, des couvercles de boîtes, etc…
La collection regroupe également 38 meubles dont une armoire bourguignonne à deux corps avec médaillons en étain doré du XVIe siècle, 30 vitraux, 66 faïences, 24 porcelaines, 27 émaux, 21 verreries, 28 pièces d'orfèvrerie et 41 objets divers dont des miniatures de livres d'heures du XVe siècle[6].
La collection d’objets d’arts d’Extrême-Orient
La collection du couple Grangier comporte 51 objets d’arts d’Extrême-Orient[4]. Trois catégories peuvent être distinguées : les ivoires japonais, les céramiques extrême-orientales et les petits vases chinois en jade. Les ivoires japonais sont composés de boutons sculptés et polychromés, de netsuke, d’étuis à pipe à opium et d’éléments de tabletterie. Les céramiques sont principalement des grès de Satsuma[3].
- Netsuke, ivoire, Japon, période Edo, musée des Beaux-Arts de Dijon
- Manjū netsuke, ivoire, Japon, période Edo, musée des Beaux-Arts de Dijon
- Netsuke, ivoire, Japon, période Edo, musée des Beaux-Arts de Dijon
- Étui à pipe, ivoire, Japon, période Edo, musée des Beaux-Arts de Dijon
- Brûle-parfum, grès, Satsuma, Japon, ère Meiji, musée des Beaux-Arts de Dijon
- Vase, jade, Chine, dynastie Qing, musée des Beaux-Arts de Dijon
Le legs de la collection Grangier
À la mort de son mari, Sophie Grangier rédige son testament dans lequel elle prévoit de donner sa fortune à l’hôpital général ainsi qu’à de nombreux hôpitaux, sociétés d'assistance et associations culturelles de la ville de Dijon [2] . Elle réserve pour le musée des Beaux-Arts de Dijon les tableaux, objets d’art et meubles de la galerie Vougeot ainsi que des meubles et objets d’art de l’hôtel de la rue Chabot-Charny. Ce legs au musée s’accompagne de 30 000 francs destinés à l’entretien des œuvres et leur installation dans les salles[3].
À ce legs, s’ajoute une somme de 30 000 francs offerte au musée par testament par Mme Marie-Rosalie Villeneuve, la mère de Sophie Grangier, décédée le 4 mai 1912, pour la « conservation, embellissement et sécurité » de la collection ainsi que pour la publication d'un catalogue. Le Catalogue de la collection Grangier, est rédigé par Louis Gaitet, un proche de Sophie Grangier, et est publié en 1917[7].

Postérité
À la suite du legs accepté par la Ville de Dijon le 1er juin 1906[2], il est décidé d’aménager une salle consacrée à la collection de Sophie Grangier et de son époux. La « Salle Grangier » est aménagée au premier étage de la tour médiévale du musée, appelée aussi la « Tour de Bar », à partir de 1906 par Paul Deshérault[8]. Cette salle, qui reprend la disposition d’un cabinet de curiosités, est inaugurée deux ans plus tard, le 16 avril 1908[3].
En 1912, un projet de monument en l’honneur du couple sur la place de l’Hôtel des Postes, rebaptisée place Grangier en 1911, est proposé. Un concours est lancé et il est gagné par le sculpteur dijonnais Paul Gasq, qui réalise une fontaine-bassin inaugurée en 1916[3]. La sculpture de ce monument représentant la Bonté est déplacée, sans la fontaine, en 1967 dans les jardins du centre gériatrique de Champmaillot, qui a été construit grâce au legs de Sophie Grangier[9].