Sophie Friedman naît le 23 décembre 1917 au sein d'une famille d'immigrés roumainjuifs dans le quartier pauvre de Hill District(en), au sud de Pittsburgh. Son père Louis Friedman, un vendeur en assurance, meurt lorsqu'elle a 2 ans. Sa mère Jennie Friedman travaille dans une usine à cigares et élève la fratrie de quatre enfants. Sophie Friedman arrête ses études en sortant de la Fifth Avenue High School(en) et devient alors comptable puis secrétaire[1],[2].
Elle s'engage rapidement dans la politique locale auprès du parti démocrate, alors dans l'opposition aux républicains qui dominent la ville depuis des décennies. Elle obtient en 1938 un emploi de greffière dans le comté d'Allegheny, poste qu'elle conserve pendant 38 ans. Elle y rencontre Rita Wilson Kane avec qui elle grimpe les échelons du parti, encore largement masculin[1],[2]. Elle se marie en 1939 avec Jack Masloff, un agent de sécurité, avec qui elle a une fille[3].
Carrière politique
Sophie Masloff accède au conseil municipal de Pittsburgh en 1977, quarante ans après son entrée en politique, et est élue présidente du conseil en 1988. Elle s'investit auprès du maire Richard Caliguiri(en) et accompagne notamment l'apparition de la télévision par câble dans la ville. La mort du maire la propulse automatiquement à la tête de la ville[1]. Elle devient ainsi le 6 mai 1988 la première femme maire de Pittsburgh et la première de religion juive[4].
Maire de Pittsburgh
À son arrivée, Pittsburgh connaît un déclin lié à la fermeture des aciéries de la ville. Sophie Masloff prend difficilement ses marques, et est remarquée pour son style de communication inhabituel. Elle est largement élue pour un mandat complet lors de l'élection municipale de 1989(en), à la suite d'une primaire durant laquelle l'état major de son parti et la presse locale soutiennent ses opposants[1].
Durant son mandat, elle réduit notamment les impôts sur les salaires dans l'objectif de réduire le départ des jeunes. Alors que la ville fait face à des déficits importants, elle réalise des coupes dans les dépenses et réduit la masse salariale municipale. Elle signe par ailleurs un arrêté interdisant les discriminations contre les homosexuels dans l'accès au logement et à l'emploi. La fatigue induite par son mandat et la mort de son mari la conduisent à ne pas se présenter à sa réélection[1],[2]. Elle quitte sa fonction de maire le 3 janvier 1994[5].