Sophie Ulliac-Trémadeure
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture | |
| Pseudonymes |
Châteaulin, Dudrezène, Trémadeure |
| Nationalité | |
| Activités |
Sophie Ulliac-Trémadeure, née le 19 germinal an II à Lorient et morte le à Paris, est une femme de lettres, romancière, journaliste et éducatrice française.
Elle est l'enfant unique de Marie Guyardet de Trémadeure, originaire de Pont-Scorff et d'Henry Ulliac[1], descendant d'une famille de procureurs du roi au Parlement de Bretagne, les Ulliac de Kerleau, originaire de Vannes. Henry Ulliac, bien qu'intéressé à succéder à son propre père comme architecte du roi du port de Lorient, s'engage, par la force des événements, dans l'armée nationale deux ans avant la naissance de Sophie, en 1792. Ses connaissances scientifiques (il est l'inventeur du gaz d'éclairage avec Philippe Lebon) le conduisent à exercer les fonctions d'ingénieur militaire, puis à devenir officier du génie. Il quitte Lorient pour Paris. Sophie et sa mère le rejoignent en 1799. En 1809, il entre au service de Jérôme Bonaparte, alors roi de Westphalie qui le traite amicalement. Il s'installe à Cassel comme directeur du Génie et des Travaux et encourage son épouse et sa fille à le rejoindre. Celles-ci ne gagnent Cassel qu'en 1810, ayant préalablement à cette expatriation choisi de rendre visite à la famille à Lorient, à son manoir de Pont-Scorff et Quimperlé. En 1812, le colonel Ulliac prend part à la campagne de Russie, et notamment à la retraite de la Bérézina, où il est nommé général (mais le brevet se perd dans la débâcle), et est fait prisonnier près de Riga. Il n'est libéré qu'à la Restauration, avec une santé détériorée. À Versailles, il retrouve sa femme et sa fille, qui, sans nouvelles de lui, ont dû quitter précipitamment la Westphalie. Sophie a alors 20 ans[2]. Elles sont alors voisines d'une poète, Victoire Babois depuis 1813.
Henry Ulliac, qui n'a pas pu faire confirmer par le gouvernement de Louis XVIII son nouveau grade de général, se trouve placé, comme de nombreux officiers de l'armée napoléonienne, en demi-solde, considéré de plus en tant qu'officier du défunt Royaume de Westphalie comme étranger. La situation financière de la famille Ulliac est désormais fragile. Une connaissance de la famille, Alexandre Duval, directeur du Théâtre de l'Odéon, connaissant les capacités de Sophie, lui conseille de travailler comme traductrice, d'auteurs allemands par exemple, maîtrisant parfaitement cette langue, pour disposer d'une source de revenus supplémentaires. Sophie Ulliac hésite, n'échappant pas à certains préjugés de son époque sur les femmes de lettres et les bas-bleus. Elle se décide pourtant à suivre le conseil. En adoptant plusieurs pseudonymes, elle se met à traduire à la fin des années 1810 des romans d'August Lafontaine, auteur allemand fécond et apprécié : Le petit harpiste (paru sans nom d'auteur), puis La comtesse de Kieburg, et Agnès et Bertha[3].
À partir de 1821, elle se consacre à l'écriture de romans ou nouvelles, et à la rédaction de traités d'éducation, entre autres (pour reprendre ceux cités par Marie-Nicolas Bouillet dans son Dictionnaire) : Contes aux jeunes Agronomes, Laideur et Beauté, Histoire de Jean-Marie, Le petit Bossu et Claude Bernard[4] la Pierre de touche, couronnée par la Société de l’instruction élémentaire, le Legs d’un père, Émilie ou la Jeune fille auteur, Étienne et Valentin, les Contes de la mère l’Oie, Nouvelles Scènes du Monde réel[5]. L'écriture devient une passion tout en étant source de revenus, elle écrit plus d'une cinquantaine d'ouvrages. Après s'être protégé sous divers pseudonymes (Châteaulin, Dudrezène, Trémadeure, Eugène L., Fernand de Lastour, Louis Mariadec…)[6], elle se résout progressivement à écrire sous son véritable nom[3]. Elle publiera encore sous pseudonyme en 1832 Eliska ou les Français en pays conquis, épisodes de l'histoire contemporaine, qui lui permet de témoigner des méfaits, voire des crimes commis lors de l'occupation de l'Allemagne par l'Armée révolutionnaire puis impériale. L'Académie française lui décerne en 1841 le prix Montyon de l'Académie Française pour Claude Bernard ou le gagne-petit, en le préférant au Curé de village d'Honoré de Balzac.
La presse féminine est alors en plein développement. Romancière et éducatrice, elle trouve là un autre mode d'expression, et collabore au Journal des femmes dirigé par Fanny Richomme, et au Conseiller des femmes d'Eugénie Niboyet. Elle y vulgarise les travaux de William Herschel, de Pierre-Simon de Laplace ou de François Arago[7] dont elle suit les cours en les prenant en notes. De 1835 à 1855, elle dirige à son tour le Journal des jeunes Personnes, dont elle assure le succès[8].
Elle est chargée d'une inspection de la prison de femmes de Clermont (Oise), à la suite de laquelle elle met toute son influence pour améliorer la condition des détenues, en leur ouvrant des formations en vue de faciliter leur réinsertion. Elle rencontre Elizabeth Fry dans le cadre de sa mission. Une délégation de Persans venus à pied d'Iran s'étant présenté à Paris pour obtenir le soutien de la France à leur situation, elle les reçoit aimablement, s'occupe de leurs conditions de vie. L'auteur des Anecdotes orientales et autres apologues (un de ses premiers livres) veille à ce qu'ils soient reçus en haut-lieu grâce à ses articles. En 1861, peu de temps avant sa mort, elle publie sa dernière oeuvre, une remarquable et intéressante autobiographie, qui témoigne de toute une époque : Souvenirs d’une vieille femme[8].
Son œuvre
- Frédéric Brack, ou l'Élève des Bohémiens, roman de J. G. Muller ["sic"], traduit de l'allemand sur la 2e édition, par Mlle S.-U. Dudrézène Paris : G.-C. Hubert, 1826
- [Traduction] L'Autocrate du village, ou l'Art de devenir ministre, chroniques de la Poméranie suédoise... Paris , 1828. 2e éd.
- Le Petit bossu, ou la Famille du sabotier, livre de lecture courante pour les enfants et pour les adultes, Paris : L. Colas , 1833
- Histoire de Jean-Marie, par Mlle Ulliac Trémadeure, ouvrage couronné par la Société pour l'instruction élémentaire, le , Paris : I. Pesron , 1833
- Émilie, ou la Jeune fille auteur, ouvrage dédié aux jeunes personnes, par Mlle Ulliac Trémadeure, Édition : Paris : Didier, 1837
- Les insectes, entretiens familiers sur l'histoire naturelle des insectes, Paris : Didier, 1838
- Les oiseaux entretiens familiers sur l'histoire naturelle des oiseaux, Paris : Didier, 1838
- Esquisse de l'origine et des résultats des associations de femmes pour la réforme des prisons en Angleterre ; suivie de Quelques conseils pour l'organisation des associations locales, Paris : Didier, 1838
- Bibliothèque de la jeune fille, par Mlle S. Ulliac Trémadeure, ornée de belles lithographies et planches d'histoire naturelle et d'astronomie dessinées par Gabriel Montaut. Astronomie et météorologie, Paris : Desforges , (1842-1843)
- Un présent de noces, ou Instruction aux jeunes épouses sur les soins à donner aux enfants en bas âge. Traduit de l'anglais "Conseils d'une mère à ses filles" Édition : (Paris,) : impr. de Guillois, 1843.
- Les jeunes naturalistes, ou Entretiens sur l’histoire naturelle des animaux, des végétaux et des minéraux, Paris : Didier, 1852.
- La Maîtresse de maison, par Mlle S. Ulliac Trémadeure, Paris : L. Hachette, 1859
- Secrets du foyer domestique, par Mlle S. Ulliac Trémadeure, etc. Paris : E. Maillet, 1861
- Souvenirs d'une vieille femme, Paris : E. Maillet , 1861
