Speculatores
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Speculatores est un terme dérivant du verbe latin speculare (« observer »), par lequel on désigne en général tous ceux qui jouent le rôle d'éclaireurs ou d'espions, mais plus particulièrement un petit nombre d'hommes attachés à chaque légion romaine, dont le devoir est de se procurer des renseignements sur le nombre et les mouvements de l'ennemi, et de transmettre les ordres aux différents corps de l'armée.
Sous la République romaine, les termes de speculatores et exploratores sont indifféremment utilisés pour désigner les courriers, éclaireurs, guides, guetteurs, espions, agents clandestins et unités de reconnaissance de l'armée romaine. Il s'agit d'hommes ou d'unités régulières affectés à ces missions. Tite-Live y fait de nombreuses fois références dans un de ses ouvrages[1].
À la fin de la République ou au début de l'Empire romain, le terme exploratores désigne les unités utilisées pour la reconnaissance en profondeur, à la recherche de l'ennemi, tandis que celui de speculatores désigne les hommes utilisés pour guetter, observer le camp de l'ennemi voire s'y introduire clandestinement. Jules César parle d'eux dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules et ses autres écrits[2]. Les exécuteurs qui tuent les hommes proscrits par les triumvirs sont des speculatores. Marc Antoine regroupe ses speculatores en une cohorte spéciale.
Hommes de confiance, ils sont également utilisés comme messagers pour diffuser les renseignements obtenus.
Les speculatores agissent par petit nombre, quelquefois par deux voire seuls.
Organisation
Chaque légat de légion, sous l'Empire romain, devait avoir dix speculatores dans son état-major (mais ils restent toujours inscrits dans la liste de leur centurie d'origine). On en trouve également dans les états-majors des tribuns commandant des unités auxiliaires. De même qu'il en existe à Rome dans la garde prétorienne (voir ci-dessous, speculatores Augusti). Les légats gouverneurs de province disposent de détachements de speculatores. Il existe aussi des unités indépendantes dites d’explorationes.
Les speculatores sont armés d'une épée et d'une lance.
Speculatores Augusti
Sous l'Empire romain, on donne ce nom à un corps d'hommes d'élite uniquement attachés à l'empereur, qui lui servent de gardes et marchent devant lui. Ils sont issus des cohortes prétoriennes[3].
Les speculatores augusti sont formés à la fois par des cavaliers et par de l'infanterie [4].
Au nombre de plus ou moins 300 (30 par cohorte prétorienne), ils constituent une unité aux ordres du premier des centurions prétoriens, le trecenarius.
L'empereur utilise aussi ces hommes de confiance choisis pour leur physique impressionnant, pour des activités clandestines telles que l'arrestation, l'emprisonnement de suspects et l'exécution de condamnés. L'une de leurs missions auprès de l'empereur consiste à accompagner celui-ci lors de ses déplacements extérieurs (mission qui sera reprise plus tard par les equites singulares augusti). Claude a l'habitude de s'entourer de speculatores lorsqu'il assiste à des dîners.
Les gardes du corps de Galba, d'Othon et des Flaviens semblent avoir été des speculatores (en remplacement des gardes germains supprimés par Galba). Mais c'est aussi un speculator qui assassine Galba.
À la suite de l'assassinat de l'empereur Domitien, son successeur Nerva, pour contrer d'éventuelles vengeances ou mutineries, se met sous la protection de Trajan, commandant de la plus importante armée de l'époque, celle de Germanie, en le désignant comme son héritier. C'est sans doute à la suite de cela que Trajan, pour renforcer sa sécurité par rapport aux speculatores restés fidèles à Domitien, remplace ceux-ci comme gardes du corps par les equites singulares augusti (constitués sur le modèle des singulares des gouverneurs provinciaux, poste alors occupé par Trajan). Les quelque 300 speculatores sont réaffectés par Trajan au sein des cohortes prétoriennes[5].
Ils sont apparemment distingués par une forme particulière de botte de forme inconnue, la speculatoria Caliga (selon Suétone[6]) et ils ont reçu des diplômes honorifiques spéciaux en bronze à leur démobilisation. Ils ont leur propre instructeur d'équitation (exercitator)[7].