Spoudaiogeloion

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Spoudaiogeloion (grec moderne : σπουδαιογέλοιον) est un terme exprimant le mélange d'éléments stylistiques sérieux et comiques. Le mot provient du grec σπουδαῖον spoudaion, « sérieux », et γελοῖον geloion, « comique ».[1]

Le concept derrière ce mot, pas le mot en lui-même, apparaît d'abord chez Aristophane, aux vers 389-893 des Grenouilles (en 405 av. J.C.), dans une scène où le chœur prie pour la victoire : καὶ πολλὰ μὲν γελοῖά μ’ εἰπεῖν, πολλὰ δὲ σπουδαῖα, καὶ τὴς σὴς ἑορτὴς ἁείως παίσαντα καὶ σκώψαντα νικήσαντα ταινιούσθαι (« fais que je puisse toujours et sans trouble me livrer aux jeux et à la danse ; me répandre en mots plaisants et en propos sérieux, dignes de ta fête, et, vainqueur en badinage et en raillerie, être couronné de bandelettes ![2] »). Le concept apparaîtra majoritairement dans la littérature de l'antiquité.

Le spoudaiogeloion est surtout présent dans les poèmes satiriques et les contes populaires de par leur ton amusant mais où un message sérieux, souvent d'ordre moral, est présent. Ce style comique-sérieux est devenu l'un des outils langagiers le plus fameux des cyniques, parmi lesquels Diogène de Sinope s'illustra le plus. Pour autant, celui qui en développa le plus cet outil ne fût pas l'exilé de Sinope mais l'un de ses disciples, Ménippe de Gadara.

Un exemple fameux est cet apophtegme que rapporte Diogène Laërce à propos de Diogène de Sinope: "Ayant allumé une lanterne en plein jour, il dit : « je cherche un homme »[3]. L'apparence absurde de ce geste prête au rire, pourtant c'est une réflexion proprement philosophique qui se dégage de ce propos de Diogène: il cherche un homme véritable, un sage, et au milieu de la foule, en plein jour, il n'en trouve aucun.

Diogène le cynique cherchant ironiquement un homme dans la foule.

Références

Annexes

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