Stathis Kouvélakis

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Naissance
(60 ans)
Nom dans la langue maternelle
Στάθης ΚουβελάκηςVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
Eustache KouvelákisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Stathis Kouvelákis
Stathis Kouvelákis en 2022.
Biographie
Naissance
(60 ans)
Nom dans la langue maternelle
Στάθης ΚουβελάκηςVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
Eustache KouvelákisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Directeur de thèse
Influencé par
Œuvres principales
  • Philosophie et révolution : de Kant à Marx (2017)
  • La Critique défaite : émergence et domestication de la théorie critique (2019)

Stathis (Eustache ou Efstathios[1]) Kouvelákis (en grec moderne : Στάθης Κουβελάκης), né à Athènes (Grèce) le 13 juillet 1965, est un chercheur en philosophie et un militant de la gauche radicale. Il a enseigné au King's College London entre 2002 et 2020[1],[2] ; il est actuellement chercheur indépendant basé à Paris.

Il est membre de la rédaction de la revue Contretemps, co-directeur de la collection « Lignes rouges » aux éditions Amsterdam et membre du conseil scientifique de l'Institut La Boétie.

Stathis Kouvélakis s'est intéressé au marxisme « avant tout pour des raisons politiques et non livresques[3] » en parallèle à son engagement militant en Grèce pendant ses années de lycée. En 1980, il adhère à la Jeunesse Communiste Grecque Rigas Feraios [ΕΚΟΝ Ρήγας Φεραίος], l'organisation de jeunesse du Parti communiste grec (intérieur), d'orientation eurocommuniste, au sein de laquelle les idées de Louis Althusser et de Nicos Poulantzas sont influentes[4].

Il arrive en France en 1983 et entame des études en économie mais suit finalement un parcours en philosophie à l'université de Nanterre où il rencontre son directeur de thèse : Georges Labica. Il commence à travailler sur sa thèse au début des années 1990 et la termine en 1998 à l'université Paris 8, sous la direction de Jean-Marie Vincent.

Il milite pendant quelques années à l'Union des étudiants communistes (UEC) et au Parti communiste français (PCF) qu'il quitte en 1988 pour participer à la campagne de Pierre Juquin à l'élection présidentielle, mais dont il reste proche jusqu'à la fin des années 1990. Dans les années 2000, il participe aux activités du Forum social européen et milite à partir de 2005 à la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), puis au Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), qu'il quitte en 2011[5] pour soutenir le Front de gauche.

Meeting Unité Populaire Athènes, septembre 2015.
De gauche à droite : Panagiotis Sotiris, Heiner Flassbeck, non-identifiée, Costas Lapavitsas, Frédéric Lordon, Stathis Kouvélakis.

De 2010 à 2015, il intervient activement sur la scène politique grecque et s'implique dans les mouvements sociaux contre l'austérité et les mémorandums imposés par la Troïka. Il a été membre du comité central de SYRIZA de 2012 à 2015[6] en se situant dans l'aile gauche du parti, favorable à la sortie de l'euro et au non-paiement de la dette[7]. En août 2015, il quitte Syriza et participe à la fondation d'Unité populaire. En 2022, il signe l'appel des 800 universitaires[8] en soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon et milite depuis au sein de La France insoumise. Il participe aux activités de l'Institut La Boétie, notamment aux séances de formation au matérialisme historique à destination des militants de LFI. En mai et juin 2023, lors des élections législatives grecques, il était candidat sur les listes de "MeRA25-Alliance pour la rupture", une coalition de formations de la gauche radicale, qui a obtenu 2,63 % des voix[9].

Travaux

Les premiers travaux de Stathis Kouvélakis sont consacrés à la question de l'existence problématique d'une théorie politique chez Karl Marx. Cette dernière est source de débats à la fin du XXe siècle autour des interventions de théoriciens marxistes comme Althusser, Nicos Poulantzas, Étienne Balibar, Ernest Mandel ou Henri Weber[3] ou de penseurs libéraux comme Norberto Bobbio. Dans un « contexte de forte dénégation de l'idée de révolution »[10], où Marx est accusé d'être responsable des goulags[3], Kouvélakis tente d'appréhender Marx sous un nouvel angle. Il revient sur l’œuvre de différents penseurs allemands (Kant, Hegel, Heine, Moses Hess, Walter Benjamin, Engels, etc) pour redéfinir l'apport de Karl Marx dans le lien entre philosophie et révolution. Il publie Philosophie et Révolution : de Kant à Marx en 2004 aux PUF puis en 2017 à La Fabrique[11]. Il poursuit ces réflexions dans l'ouvrage collectif Marx politique sous la direction de Jean-Numa Ducange et Isabelle Garo[3] puis dans Evénement et stratégie révolutionnaire[12], qui introduit le recueil de textes de Marx et d'Engels paru en 2021 aux Editions sociales sous sa direction et consacré à la Commune de Paris.

Il s'intéresse également aux possibilités d'une réactualisation de la pensée critique qui s'est, selon lui, affaiblie au cours du XXe siècle[13] en s'éloignant de l'ancrage marxien du projet initial élaboré au cours des années 1930 par Max Horkheimer. Il situe les penseurs de la théorie critique francfortoise (en particulier Horkheimer, Habermas et Honneth) dans leur contexte historique[14] pour « clarifier les conditions de la reconstruction »[13] d'un projet de dépassement du capitalisme au XXIe siècle et analyser le potentiel de régression autoritaire inhérent à celui-ci. Il travaille en parallèle sur les mouvements sociaux en France (notamment ceux de la période 1986-2007[15],[16]) et sur la gauche radicale grecque (notamment SYRIZA)[17]. Ses derniers travaux portent sur les rapports entre le marxisme, le mouvement ouvrier et la nation.

Publications

Notes et références

Liens externes

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