Statu quo (lieux saints)

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L'« échelle inamovible » à l'entrée principale de l'église du Saint-Sépulcre, symbole du statu quo.

Le Statu quo désigne la situation dans laquelle se trouvent les communautés chrétiennes de la Terre sainte dans leurs relations avec les gouvernements de la région, notamment dans le contrôle des sanctuaires des principaux lieux saints chrétiens (église du Saint-Sépulcre, basilique de la Nativité, sépulcre de Marie et chapelle de l'Ascension).

Traité de Berlin Article 62 Statu quo La Sublime Porte ayant exprimé sa volonté de maintenir le principe de la liberté religieuse et de lui donner la plus large sphère, les parties contractantes prennent connaissance de cette déclaration spontanée. Dans toutes les parties de l'Empire ottoman, la différence de religion ne sera pas retenue comme motif d'exclusion ou d'inaptitude en tout ce qui concerne l'usage des droits civils ou politiques, l'admission aux emplois publics, aux offices et aux honneurs, et l'exercice de toutes professions et industries, quelle que soit la localité.

À partir du IIIe siècle, sous l’influence des chrétiens qui sont devenus de plus en plus puissants, surtout après l'adoption du christianisme par l’empereur Constantin Ier au IVe siècle, la Palestine prend un statut moral particulier en étant considérée comme Terre sainte. Après la conquête musulmane, puis la période du royaume franc de Jérusalem, la région est sous domination ottomane de 1244 jusqu'au XIXe siècle. Le sultan de l'Empire ottoman confie alternativement les principaux lieux saints chrétiens aux catholiques (notamment l'ordre franciscain qui envoie des missions en terre sainte dès le XIIIe siècle) et aux orthodoxes, ces communautés chrétiennes (réunies sous le vocable de al-ṭawā’if al-masīḥiyya) étant organisées sur le modèle des millets et dotées de droits de propriété et d’usage de chaque sanctuaire (communautés gardiennes, propriétaires, ayant droit et usagères). Chaque communauté religieuse obtient, sur fond de pression politique et de corruption, des capitulations et firmans accordés par la « Sublime Porte », ce qui cause régulièrement des affrontements violents quant à l'administration et l'utilisation des sanctuaires. À partir du XVe siècle, le clergé grec orthodoxe étend son influence en Palestine avec le sultan Mehmed II qui proclame le patriarche grec de Constantinople autorité religieuse et civile pour l’ensemble des chrétiens résidant dans son empire[1].

À la faveur de la défaite des Ottomans à la bataille de Vienne en 1683, un firman de 1690 oblige les orthodoxes grecs à restituer aux catholiques le contrôle principal des sanctuaires. Les conflits de cohabitation atteignent leur apogée le , date à laquelle, la nuit des Rameaux, un soulèvement populaire évince les franciscains du Saint-Sépulcre. Le nouveau rapport de force favorable aux Grecs orthodoxes est confirmé par le firman de 1757 qui leur remet une grande partie de la basilique de la Nativité, la tombe de la Vierge Marie et la presque totalité de la basilique du Saint Sépulcre.

En 1847, le vol de l'étoile incrustée sous l'autel de la Nativité, vol que les catholiques attribuent aux Grecs orthodoxes (ces derniers n'auraient pas accepté que l'inscription gravée soit rédigée en latin) est une des causes directes de la participation française à la guerre de Crimée contre la Russie[2]. Un peu avant cette guerre, le , l'empereur ottoman, sous la pression du tsar Nicolas, promulgue un firman qui confirme le Statu quo (c’est-à-dire la situation de 1757) tel qu'il existe encore aujourd'hui. Confirmé par le traité de Paris de 1856 et déclaré inviolable dans l'article 62 du traité de Berlin de 1878[3], le Statu Quo jouit en effet d’une garantie continue dans le droit international[4].

Un résumé du Status Quo rédigé par Archer Cust (en), un fonctionnaire britannique, The Status Quo in the Holy Places, est devenu le texte de référence sur le sujet[5],[6].

Évocation dans la littérature

Notes et références

Annexes

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