Statue équestre du maréchal Foch
statue équestre de Robert Wlérick et Raymond Martin
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La statue équestre du maréchal Foch est une œuvre d'art de l'espace public représentant le maréchal Foch. Elle est située sur la place du Trocadéro-et-du-11-Novembre dans le 16e arrondissement de Paris.
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Présentation
Cette statue équestre en bronze est l'œuvre des sculpteurs Robert Wlérick et Raymond Martin. Elle représente le maréchal de France Ferdinand Foch, commandant en chef des armées alliés en 1918. Contrairement à la statue équestre du maréchal Foch à Tarbes réalisée en 1935, celle de Paris, achevée en 1951, représente le Maréchal tête nue. L'absence du képi réglementaire est une demande des services des beaux-arts[1].
La statue est située en parfaite symétrie avec la celle du maréchal Joffre, qui se trouve depuis 1939 devant l'École militaire, place Joffre. Elle est la dernière statue équestre élevée en France. L'œuvre est positionnée en 1951 sur un socle maçonné de 8 mètres de haut au milieu de la place du Trocadéro à Paris[2].
- Vue sur le parvis des Droits-de-l'Homme, la place du Trocadéro et la statue du maréchal Foch depuis la Tour Eiffel.
Historique
Après la Renaissance, les monarques français se font édifier des statues équestres ornant généralement des places royales, témoignage urbanistique de leur pouvoir absolu. A Paris, les quatre premiers souverains de la dynastie des Bourbons se font ainsi représenter à cheval, donnant la statue équestre d'Henri IV, la statue équestre de Louis XIII, la statue équestre de Louis XIV et la statue équestre de Louis XV (place de la Concorde). Les cavaliers sont souvent représentés en armure dans l'esprit de l'antique. Au XIXe siècle, la statue équestre commémore les grands faits d'armes, où s'illustrent les armées françaises. Les dernières statues équestres sont liées à la Première Guerre mondiale. On trouve ainsi régulièrement des représentations, de généraux ou de maréchaux. Par la suite, le remplacement de la cavalerie par l'arme blindée met un terme à ce type de représentation : les statues commémoratives du général Leclerc ou du général de Gaulle sont ainsi présentées en pied[2].
La statue équestre du maréchal Foch est commandée en 1936 mais le sculpteur Robert Wlérick ne peut la terminer, la Seconde Guerre mondiale mettant les travaux en attente. Robert Wlérick décède le et c'est donc Raymond Martin qui termine le travail. La fonte en bronze est réalisée par la fonderie Rudier en 1951, puis la statue installée. Concernant l'absence de képi, des discussions s'engagent, les militaires s'opposant à ce type de représentation peu conventionnelle pour un cavalier. Les esquisses témoignent de ce questionnement : avec képi, sans képi ou avec une couronne de lauriers. Les artistes ont finalement gain de cause pour une tête nue, évitant ainsi d'alourdir le projet et restant fidèle à l'esprit peu académique des sculpteurs indépendants[3].
- La statue équestre vue de dos et la Tour Eiffel.
- La statue équestre dans son environnement.
Cette œuvre est le fruit de la deuxième collaboration entre Robert Wlérick (dont c'est la plus grande réalisation) et Raymond Martin. En effet, à la suite de la mort accidentelle en 1934 du roi des Belges Albert Ier, l'édification d'un monument commémoratif est projeté. En 1935, un concours restreint pour la réalisation d'une statue équestre est lancé. Parmi les candidats se trouve Robert Wlérick. A la différence de son compatriote Charles Despiau, l'artiste participe régulièrement aux commandes publiques, comme en témoignent ses œuvres. Pour ce concours, il s'associe à son élève Raymond Martin. Plusieurs esquisses, conservées dans la collection du musée Despiau-Wlérick, témoignent de ce projet non abouti. Le cavalier est présenté en uniforme militaire, avec un casque sur la tête. Les artistes ne dépasseront pas la première étape du concours. Cependant, on trouve en germe dans ce travail tous les éléments qui constitueront la future statue équestre du maréchal Foch. La réalisation de cette commande sera finalement attribuée à Armand Martial, lauréat du Prix de Rome en 1913. Le monument à Albert Ier[n 1] sera érigée sur le Cours la Reine, près de la place de la Concorde à Paris[4]. A la suite de ce premier échec, Wlérick et Martin sont lauréats en du concours pour la réalisation du monument équestre en hommage au maréchal Foch et se lancentdans une série d'études et d'esquissent qui aboutissent à des maquettes en plâtre, également conservées dans le musée Despiau-Wlérick[5].
Maquette
L'ensemble des pièces préparatoires est conservé dans la collection-du musée Despiau-Wlérick et permet de se faire une idée précise de l'avancement du projet. Comme souvent, plusieurs séries d'esquisses sont réalisées pour concevoir et mettre en œuvre le projet. La première esquisse en cire, bien que de dimensions modestes, donne l'esprit du monument. A l'étape suivante, le cavalier est représenté sur son cheval[6].
La maquette de la statue équestre du maréchal Foch est une pièce monumentale présentée au public sous le kiosque réaménagé du parc Jean-Rameau à Mont-de-Marsan. Elle présente un état à grandeur d'exécution de la statue équestre du maréchal Foch. Pièce urique, elle s'insère dans le processus technique mis en œuvre par les artistes depuis la première esquisse jusqu'au plâtre-modèle original à taille réelle[7]. Elle est commandée en 1939 par Jean Zay, ministre de l'instruction publique, en charge des Beaux-Arts pour la présentation du projet et son emprise dans l'environnement urbain. Elle est présentée en sur l'esplanade du Trocadéro, avec un socle temporaire bas. Une maquette à grandeur d'exécution reste une démarche rare[7].
Elle est réalisée en bois de châtaignier dans l'atelier de Raymond Martin à Cachan. Elle est constituée de petites pièces de bois clouées sur une armature utilisant des tasseaux également en bois et de la filasse pour maintenir la cohésion de la structure. Pour courber les lattes, certaines ont été légèrement entaillées. Il n'en existe qu'une autre de ce type il s'agit de la maquette du cheval du monument équestre à Gattamelata par le sculpteur Donatello au XVe siècle. La maquette est conservée à Padoue, à proximité de la sculpture en bronze. Cette réalisation a probablement inspiré les sculpteurs français[8].
Sa restauration a permis d'en préciser le rôle exact. En dehors de la présentation du projet dans ses dimensions définitives, on remarque, partout sur la maquette, la présence de chefs-points. Matérialisés par une tête de clou, éventuellement entourée de plâtre ou peinte en blanc, les chefs-points servent à prendre des mesures pour réaliser soit une reproduction à l'identique, soit un agrandissement. Cette opération est traditionnellement réalisée à l'aide de grands compas. La maquette aurait ainsi été utilisée comme modèle à grandeur pour réaliser le plâtre original, l'artiste conservant les proportions mises en œuvre avec la maquette[7].
La maquette est conservée de 1939 à 1992 dans l'atelier de Raymond Martin, qui prendra toujours grand soin de cette œuvre, fruit de sa collaboration avec son ami Robert Wlerick. Léguée sous réserve d'usufruit en 1984 a la ville de Mont-de-Marsan pour compléter la collection du musée Desplau-Wlerick, elle arrive finalement à Mont de Marsan en 1992 après le décès de l'artiste[8].
- Maquette en bois de la statue exposée dans le kiosque du parc Jean-Rameau.
Au cinéma
- Dans le film Le cave se rebiffe (sorti en 1961 au cinéma) de Gilles Grangier, le personnage interprété par Jean Gabin, un faux-monnayeur, donne rendez-vous à ses complices Bernard Blier et Franck Villard sur la place du Trocadéro, au pied de la statue du Maréchal Foch[9].
