Dans le numéro 20(1) de mars 2009 du Journal of Evolution and Technology, Sorgner a publié un article intitulé Nietzsche, the Overhuman, and Transhumanism[14] dans lequel il décrit les similitudes importantes entre le concept nietzschéen de surhomme et le concept de post-humain tel qu'il est développé par les transhumanistes[15].
Les rédacteurs en chef du Journal of Evolution and Technology ont d'ailleurs consacré un numéro spécial à cette relation entre le transhumanisme, Nietzsche et les philosophies posthumanistes européennes. Ce numéro 21(1), de janvier 2010, intitulé Nietzsche and European Posthumanisms[15] contient des réponses à l'article de Sorgner, notamment du transhumaniste Max More[16] et de Michael Hauskeller[17].
L'intense débat qui s'en est ensuivi a convaincu les rédacteurs en chef de donner à Sorgner un droit de réponse dans le numéro suivant[18]. Dans le numéro 21(2) d'octobre 2010, Sorgner a alors répondu à ces différentes interventions dans son article Beyond Humanism: Reflections on Trans- and Posthumanism[19].
Il a également profité de ce dernier pour avancer d'autres aspects de sa position philosophique, fortement influencée par son professeur et superviseur, Gianni Vattimo[20]. Il accepte le pensiero debole de Vattimo, mais critique sa conception de l'histoire de l'affaiblissement de l'être[21]. Comme alternative, Sorgner suggère une interprétation matérielle, naturaliste et perspectiviste du monde, qu'il développe dans sa monographie Menschenwürde nach Nietzsche: Die Geschichte eines Begriffs (WBG, Darmstadt 2010)[22]. Sorgner considère le nihilisme nietzschéen comme « un gain total » (durchaus als Gewinn[23]): « De la perspective de mon perspectivisme, cela signifie aussi que la conception dominante de la dignité humaine n'a pas de statut plus élevé de véracité comme correspondante à la réalité que les conceptions d'Adolf Hitler ou de Pol Pot »[24].
Après que les bioéthiciens et les transhumanistes ont discuté de la relation entre Nietzsche et le transhumanisme, le débat a été repris par d'éminents spécialistes de Nietzsche, Keith Ansell-Pearson, Paul Loeb and Babette Babich, qui ont rédigé à leur tour une réponse dans la revue The Agonist (publiée par le Nietzsche Circle New York)[25]. Le métahumanisme perspectiviste de Sorgner, et en particulier sa monographie Menschenwürde nach Nietzsche (WGB 2010), ont été discutés lors du symposium organisé par le Nietzsche Forum de Munich, co-fondé par Thomas Mann[26]. D'éminents philosophes allemands tels qu'Annemarie Pieper y ont répondu à la suggestion radicale de Sorgner concernant le besoin de revoir la conception dominante de la dignité humaine.
En mai 2013, l'hebdomadaire Die Zeit a publié un entretien avec Sorgner dans lequel sont résumées plusieurs de ses suggestions concernant la dignité humaine, les nouvelles technologies et le trans- et post-humanisme[27].
À l'automne 2014, une collection d'essais intitulée Umwertung der Menschenwürde (dirigée par Beatrix Vogel) a été publiée par Alber Verlag. Dans celle-ci, d'éminents théologiens, philosophes et éthiciens ont rédigé des réactions aux suggestions de Sorgner concernant la dignité humaine[21]. Sorgner a été invité dans plusieurs conférences et événements scientifiques d'envergure (notamment Phil.cologne[28], TEDx[29] et le World Humanities Forum, Icists-Kaist[30]. Selon le Pr Zimmermann de la Identity Foundation (un think-tank privé allemand), Sorgner est « le philosophe post- et transhumaniste le plus important d'Allemagne »[31].