Il se lance dans le commerce des antiquités et des œuvres d'art dans les années 1870-1880, au moment où la Toscane connaît un développement économique et industriel sensible[1],[2]. Peu à peu, il se constitue une importante clientèle: Wilhelm von Bode et le Kaiser-Friedrich Museum de Berlin[3], le musée du Louvre, le Victoria and Albert Museum de Londres et des collectionneurs privés comme Isabella Stewart Gardner, John G. Johnson(en), John Pierpont Morgan, les époux Jacquemart-André. Dès 1880, Bardini est au cœur des tractations entre acheteurs français, allemands, et britanniques, sans pour autant que ces nombreuses ventes ne laissent indifférentes les autorités de Rome, qui valident, au cas par cas, les visas d'exportation: de nombreuses œuvres proviennent alors de familles et de communes italiennes en manque de moyens[4].
En 1880, il commence à se faire construire un palais à Florence, où il peut rassembler ses propres collections, préfiguration du musée Bardini ouvert en 1923.
Il est également un gros pourvoyeur de cassoni, au point que le marché en cette fin de siècle, s'en trouve inondé. Il forma à la qualité d'expert Elia Volpi(it)[5].
Décidant de mettre un terme à ses activités, Bardini organise une ultime vente à New York en 1918 qui disperse une partie de ses collections, dont des sculptures et des meubles, dans des collections privées américaines. Parmi les œuvres figurait une terre cuite polychrome de la Vierge à l'Enfant, formellement attribuée à Donatello[6].
De nombreuses légendes et rumeurs négatives ont couru sur Bardini: depuis 2017, ont été publiés des études scientifiques tendant à remettre en perspective et valoriser son travail de connaisseur, et surtout de protecteur des arts renaissants florentins[7],[8].
↑(en) John Fleming, «Art dealing and the Risorgimento», in: The Burlington Magazine, no115, 1973, p.4-16 et no121, 1979, p.492-508.
↑(it) Valerie Niemeyer Chini, Stefano Bardini e Wilhelm Bode: mercanti e connaisseur fra Ottocento e Novecento, préf. de Matteo Renzi, Florence, Polistampa, 2009.
↑C'est ce qu'explique un article publié dans L'Estafette, Paris, 15 avril 1880, p.1-2, à propos des ivoires de Volterra.
↑(en) Catalogue of the Beautiful Treasures and Antiquities illustrating the Golden Age of Italian Art belonging to the famous expert and antiquarian Stefano Bardini of Florence, New York, American Art Association, 23–28 avril 1918.
↑(it) Antonio Paolucci (éd.), L'eredità di Stefano Bardini a Firenze: le opere d'arte, la villa e il giardino, Florence, Mandragora, 2019.
↑Lynn Catterson (éd.), Florence, Berlin and beyond: late nineteenth-century art markets and their social networks, coll. «Studies in the history of collecting & art markets», vol. 9, Boston/Leyden, Brill, 2020.