Né dans une famille d'artistes et artisans, frère cadet d'Antonio de Gino Lorenzi, Stoldo Lorenzi se destina d'abord au dessin et entra à l'Académie du dessin de Florence; mais, connaissant de son père ferronnier le travail du métal, il se tourna avec succès vers la sculpture. Dès 1551, il participa à la fonte du Persée tenant la tête de Méduse de Benvenuto Cellini, qui le mentionne dans son testament.
Il construisit entre 1566 et 1571, dans le vivier à poissons du palais Pitti à Florence, dans le jardin de Boboli, la fontaine du Triton, figurant le dieu Neptune en bronze au milieu de rocailles et de nymphes en marbre. À l'origine, le dieu brandissait son trident dans la main droite[1]. L'arme fut plus tard[2], soit pour assurer la solidité d'une œuvre exposée en plein air, soit pour faire ressembler l'attitude à celle de la fontaine du Triton du Bernin à Rome[3], attachée entre les deux mains. Le choix du dieu des Mers rappelait que le contrôle des eaux fut une préoccupation majeure de Cosme Ier de Toscane, non seulement à cause des inondations de Florence, mais aussi pour l'adduction d'eau au centre de la cité[4].
Adam de Stoldo Lorenzi.
Stoldo Lorenzi réalisa vers 1571, dans le même style caractérisé par une faible déviation du canon classique, seule la tête étant tournée sur le côté, un Adam en bronze, à Milan, tandis que son Ève en marbre, de la même époque et lieu, comme son grand ange porte-candélabre (1583) qui orne la façade de la cathédrale de Pise, cèdent plus au goût maniériste de l'époque pour les torsions et les déformations perspectives.
↑ (it) Detlef Heikamp, «‘Palazzo Pitti. La Reggia rivelata’. Riflessioni sulla mostra», Bollettino di Amici di palazzo Pitti, (lire en ligne). La position du bras droit levé tenant l'arme et celle de la tête penchée du côté opposé correspondent à l'attitude du Neptune de Léonard de Vinci.
↑ (it) Francesco Maria Soldini, Il reale giardino di Boboli nella sua pianta e nelle sue statue, (lire en ligne), p.89 le représente déjà comme il est aujourd'hui.
↑ de 1620, depuis 1950 au Victoria and Albert Museum de Londres. (de) Hermann Voss, «Berninis Fontänen», Jahrbuch der Königlich Preussischen Kunstsammlungen, Berlin, Preußischer Kulturbesitz, vol.31, (lire en ligne).
↑ (en) Felicia M. Else, «Controlling the Waters of Granducal Florence: A New Look at Stefano Bonsignori's View of the City (1584)», Imago Mundi: The International Journal for the History of Cartography, vol.61, no2, , p.168-185 (résumé en ligne).