Stompin' Tom Connors
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Charles Thomas Connors |
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Tommy Messer, Stompin' Tom Connors |
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Charles Thomas « Stompin' Tom » Connors, O.C. (né le à Saint-Jean, Nouveau-Brunswick et mort le à Ballinafad, Ontario), est un auteur-compositeur-interprète canadien de musique folk et country. Ayant consacré sa carrière exclusivement à son Canada natal, on lui attribue plus de 300 chansons et la sortie de quatre douzaines d'albums, pour des ventes totales de près de quatre millions d'exemplaires[1].
Les chansons de Connors font désormais partie du paysage culturel canadien. Parmi ses chansons les plus connues, on trouve « Sudbury Saturday Night », « Bud the Spud » et « The Hockey Song » ; cette dernière est jouée lors de divers matchs à travers la Ligue nationale de hockey (LNH), y compris à chaque match à domicile des Maple Leafs de Toronto[2],[3]. En 2018, la chanson a été intronisée au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens lors d'une cérémonie à un match des Leafs[4].
Charles Thomas Connors est né le 9 février 1936 à l'Hôpital général de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, d'Isabel Connors et de Thomas Joseph Sullivan[5].
La famille d'Isabel était protestante irlandaise ; son grand-père maternel, John Connors, était capitaine de navire de Boston, au Massachusetts, et était décédé avant la naissance de Charles. Son père était catholique d'ascendance irlandaise et « était peut-être Métis ou ... Micmac ». Isabel Connors et Thomas Joseph Sullivan ne se sont mariés que 30 ans plus tard, car la famille de Sullivan était catholique fervente et ne voulait pas qu'il épouse une protestante ; ils ont ensuite divorcé[6]. La mère de Sullivan lui a donné 10 $ et il a dû quitter la maison[7]. Connors était également un cousin de la célébrité du violoneux néo-brunswickois, Ned Landry.
La première maison de Connors se trouvait rue St. Patrick, dans la « partie la plus pauvre et la plus délabrée de Saint-Jean ». Il y vivait avec sa mère, sa grand-mère maternelle Lucy Scribner et son beau-grand-père maternel Joe Scribner[8]. Quand Connors eut trois ans, Lucy et Joe moururent à quelques semaines d'intervalle. Cela força Isabel à déménager dans un appartement de deux chambres[9]. Vers cette époque, Isabel retomba enceinte du père de Tom lors d'un bref retour de ce dernier[10], et Tom goûta à l'auto-stop lorsqu'il accompagna Isabel chez des parents à Tusket Falls, en Nouvelle-Écosse. Ce voyage fut la première fois qu'il vit sa mère voler pour les nourrir, lorsqu'elle déroba de la nourriture dans un restaurant chinois de Yarmouth. À leur retour à Saint-Jean, ils emménagèrent chez des amis d'Isabel[11] et elle donna naissance à Marie, la sœur de Tom, qui dut rester à l'hôpital pour faire retirer une tache de naissance. Plus tard, Isabel et Tom emménagèrent avec son nouveau petit ami, Terrence Messer, au coin des rues Clarence et Erin. Bien qu'ils ne se soient pas mariés, la famille prit son nom de famille. Terrence et Isabel firent semblant d'être mariés pour trouver un logement, en raison des normes morales de l'époque[12]. La famille était très pauvre et Terrence était un beau-père négligent, dépensant la majeure partie de l'argent du ménage en vin. N'ayant pas payé le loyer, la famille fut expulsée et déménagea dans une maison de la rue St. Patrick[13]. Marie rentra enfin de l'hôpital à ce moment-là[14], mais elle mourut quand Tom avait quatre ans, à la suite d'une nouvelle opération pour retirer une autre tache de naissance[15]. Pour joindre les deux bouts, Isabel trouva un travail de nettoyeuse de sols et Terrence faisait des petits boulots[16]. La famille fut à nouveau expulsée après une dispute avec le propriétaire lorsque Tom mit le feu à leur appartement[17]. Leur logement suivant fut un appartement en sous-sol rue King[18].
Connors passa un court moment à vivre avec sa mère dans un pénitencier pour femmes à sécurité minimale avant d'être pris en charge par la Société d'aide à l'enfance et plus tard adopté par Cora et Russell Aylward[19] à Skinners Pond, à Île-du-Prince-Édouard.
À 13 ans, il s'enfuit de sa famille adoptive pour parcourir le Canada en auto-stop. Il obtint sa première guitare à 14 ans et, à 15 ans, il écrivit sa première chanson intitulée « Reversing Falls Darling ». Son périple en auto-stop dura les 13 années suivantes ; il voyageait, exerçant divers emplois à temps partiel, tout en écrivant des chansons avec sa guitare, chantant pour son souper. Il travailla dans des mines et voyagea dans des wagons de marchandises[20], et pendant la période la plus froide de l'hiver, il accueillait favorablement les arrestations pour vagabondage pour avoir un endroit chaud où dormir[2]. À sa dernière étape, à Timmins, en Ontario, il se retrouva à cinq cents de moins pour payer une bière à 35 cents à l'hôtel Maple Leaf de la ville. Connors dit au barman de remettre le bouchon sur la bouteille et qu'il irait à l'Armée du salut, mais le barman, Gaëtan Lepine, accepta les 30 cents et lui offrit une deuxième bière s'il ouvrait son étui à guitare et jouait quelques chansons[21]. Ces quelques chansons se transformèrent en un contrat de 14 mois à l'hôtel, une émission hebdomadaire sur CKGB à Timmins, huit disques 45 tours, et la fin des débuts pour Tom Connors.
Carrière musicale
Connors n'a jamais fait partie de l'establishment musical canadien, et son style était très différent d'autres icônes canadiennes comme Leonard Cohen ou Gordon Lightfoot[19]. Il pouvait cependant être qualifié de poète passionné au sein de la culture canadienne, à l'instar de Milton Acorn et Stan Rogers[22]. Comme le National Post le caractérisait :
« Il chantait une nation sans politique, tournée vers son histoire fière et vers ses meilleurs anges. Ses chansons nous rappellent que le Canada compte – que nous avons construit quelque chose d'étonnant ici, et que nous ne devons pas le prendre pour acquis[23]. »
Écrivant généralement sur le folklore et l'histoire canadiens, les chansons les plus connues de Connors incluent « Bud the Spud », « Big Joe Mufferaw », « The Black Donnellys », « The Martin Hartwell Story », « Reesor Crossing Tragedy », « Sudbury Saturday Night » et « The Hockey Song ». Cette dernière, souvent appelée à tort « The Good Old Hockey Game », est fréquemment jouée dans les haut-parleurs lors des matchs de la Ligue nationale de hockey (LNH).
Au fil des ans, Connors n'a jamais perdu contact avec Gaëtan Lepine, le barman dont il s'était lié d'amitié à Timmins ; en fait, tous deux ont écrit de nombreuses chansons ensemble. Ces chansons sont présentées dans 250 Songs by Stompin' Tom: Including All the Words and Chords.
En 1968, il composa et chanta un jingle radio pour un magasin de pneus de la région de Sudbury, Duhamel & Dewar, en échange d'un jeu de pneus d'hiver :
« Quand tes pneus sont vieux et usés
et que tu penses qu'ils devraient être plus neufs,
descends en voiture au Tire Town
et vois Duhamel et Dewar[24].»
Au milieu des années 1970, Connors écrivit et enregistra « The Consumer », une ode au paiement des factures qui devint le thème musical de l'émission populaire de la SRC (CBC) sur la défense des consommateurs, Marketplace. Pendant les premières saisons, Connors apparaissait dans le générique d'ouverture de l'émission, avant que « The Consumer » ne soit remplacé comme thème – d'abord par une version instrumentale en arrière-plan, puis finalement par un morceau de musique différent.
En 1974, Connors eut une série diffusée sur CBC Television dans laquelle il rencontrait et échangeait avec des gens de tout le Canada. Stompin' Tom's Canada fut coproduit avec la CBC et consistait en 26 épisodes d'une demi-heure.
La chanson que Connors écrivit dans le laps de temps le plus court fut « Maritime Waltz », achevée en 12 minutes[25].
Son personnage était rude mais authentique. Comme le National Post l'a noté :
« [C]e personnage n'était pas du shtick (en). Stompin' Tom était l'un des grands conteurs canadiens, et un conteur exceptionnellement collégial. Le lieu approprié pour une performance de Gordon Lightfoot est une salle de concert, où le public se connecte en silence et de manière contemplative. Le lieu approprié pour M. Connors était un bar enfumé où les gens se connectaient en entrechoquant leurs chopes de bière, effaçant ainsi, espérons-le, toutes les différences qui pouvaient exister entre eux[23]. »
En 1999, après avoir terminé une tournée de 38 villes[26], Connors reçut le Prix national de la réussite (National Achievement Award) lors des prix annuels de la SOCAN tenus à Toronto[27].
En 2009, Connors fut le récipiendaire du prestigieux Prix pour l'ensemble des réalisations (Lifetime Achievement Award) lors des prix annuels de la SOCAN à Toronto[28].
Surnom
L'habitude de Connors de taper du talon de sa botte gauche pour garder le rythme lui valut le surnom de « ce gars qui tape du pied » (« that stompin' guy »), ou « Stomper ». Ce n'est qu'au 100e anniversaire du Canada, le 1er juillet 1967, que le nom « Stompin' Tom Connors » fut utilisé pour la première fois, lorsque Boyd MacDonald, un serveur de la taverne King George à Peterborough, en Ontario, présenta Connors sur scène[29]. En raison de la réaction enthousiaste du public, Connors le fit officiellement enregistrer en Ontario sous le nom de Stompin' Tom Ltd. la semaine suivante. Diverses histoires circulent sur l'origine de ce martèlement du pied, mais il est généralement admis qu'il le faisait pour maintenir un tempo soutenu pour son jeu de guitare – en particulier dans les bars et les tavernes bruyants où il se produisait fréquemment. Après de nombreuses plaintes concernant les dommages causés aux planchers de scène, Connors commença à transporter un morceau de contreplaqué sur lequel il tapait encore plus vigoureusement. La planche à « stomper » devint l'une de ses marques de fabrique. Après avoir troué le bois en tapant, il le ramassait et le montrait au public (accompagné d'une blague sur la qualité du bois local) avant d'en demander une nouvelle. On rapporte que lorsqu'on l'interrogea sur sa « planche à stomper », Connors répondit : « ce n'est qu'une scène que je traverse » (« it's just a stage I'm going through »). Connors mettait périodiquement aux enchères ses « planches à stomper » pour des œuvres de charité, l'une d'elles s'étant vendue 15 000 $ en juillet 2011[30].
Guitare favorite
La guitare favorite de Connors était une Gibson Southern Jumbo acoustique qu'il acheta en 1956 alors qu'il traversait l'Ohio pour se rendre à Nashville, dans le Tennessee, et au Mexique. Il la découvrit dans un magasin de meubles, cachée dans un étui sur une étagère et, après quelques marchandages, l'acheta pour 80 $ (il avait 90 $ sur lui). Cette guitare servit à l'audition en 1964 à l'hôtel Maple Leaf de Timmins, ainsi qu'à l'écriture de Bud the Spud quatre ans plus tard. Bien qu'il l'ait mise à la retraite en 1972, elle resta en sa possession. Elle a ensuite été restaurée, un cadeau d'anniversaire de sa femme Lena. Le numéro de série à l'intérieur de la guitare est 2222 en chiffres rouges estampillés et l'âge réel de la guitare est encore inconnu[31].
Promouvoir les artistes canadiens
Connors a fondé trois labels, qui ont promu non seulement son propre travail, mais aussi celui d'autres artistes canadiens :
- Boot Records, avec son label budget Cynda, actifs dans les années 1970 et 1980.
- A-C-T, actif à partir de la fin des années 1980.
Parmi les artistes qui ont figuré sur ces labels, on trouve Liona Boyd[32], Rita MacNeil, The Canadian Brass, Dixie Flyers, Charlie Panigoniak, entre autres. Liona Boyd se souvient en 2013 du moment où Connors l'a signée chez Boot pour son premier disque, The Guitar en 1974, et deux autres :
« C'était la vision de Tom, évidemment. Et si j'ai bien compris, il n'était pas vraiment fan de musique classique mais il avait entendu dire que le Canada n'avait pas de label classique, ce qui était absolument vrai. Alors Dieu le bénisse, il a décidé d'être le premier. Et il m'a signée, moi et le Canadian Brass. C'est comme si je décidais : "Eh bien écoute, je ne connais peut-être pas grand-chose au rap, mais hé, le Canada n'a pas de label de rap, je vais le faire." Donc il était un peu un pionnier avec la musique classique[32]. »
Références culturelles et historiques
Dans le livre Shake Hands with the Devil: The Failure of Humanity in Rwanda, Roméo Dallaire, le général canadien qui a dirigé la force de maintien de la paix de la MINUAR au Rwanda pendant le génocide de 1994, rapporte qu'il jouait un enregistrement de la chanson de Connors « The Blue Berets » (sur les forces de maintien de la paix des Nations unies) pour maintenir le moral de ses troupes pendant que leur quartier général était bombardé.
The Les Claypool Frog Brigade mentionne Connors dans la chanson « Long in the Tooth » de l'album Purple Onion, tandis que Corb Lund le référence dans la chanson « Long Gone to Saskatchewan » et Dean Brody le référence dans la chanson « Canadian Girls ».
Tim Hus a également écrit une chanson intitulée « Man with the Black Hat » à propos de Connors.
Chansons évoquant des événements historiques canadiens
Voici une liste d'événements de l'histoire du Canada qui ont fait l'objet d'une chanson de Connors, largement reconnu pour chanter des épisodes célèbres et moins connus du passé du pays.
| Chanson | Résumé |
|---|---|
| « Reesor Crossing Tragedy » | Chanson de 1969 sur la Grève de Reesor Siding de 1963 qui a vu le meurtre de trois travailleurs syndiqués. |
| « Tillsonburg » | Quand Stompin' Tom a travaillé dans les champs de tabac de Tillsonburg, en Ontario. |
| « Wop May » | À propos du pilote canadien Wilfrid R. « Wop » May. |
| « The Bridge Came Tumblin' Down » | Chanson de 1972 sur les 19 hommes tués dans l'effondrement du Pont des travailleurs de la Ironworkers Memorial Second Narrows. |
| « The Curse of the Marc Guylaine » | Chanson de 1973 sur le chalutier Marc Guylaine qui a vu deux navires jumeaux et deux navires identiques couler tous dans des circonstances inexplicables. |
| « Big Joe Mufferaw » | À propos de la légende canadienne-française du flottage du bois, Joseph Montferrand. |
| « The Martin Hartwell Story » | À propos du pilot de brousse Martin Hartwell qui a survécu 31 jours dans les Territoires du Nord-Ouest, après avoir eu recours à l'anthropophagie (la chanson de Connors ne fait pas référence à ce dernier fait, se concentrant plutôt sur les efforts de David Pisurayak Kootook pour maintenir Hartwell en vie au prix de sa propre vie). |
| « Algoma Central 69 » | À propos de l'historique Chemin de fer Algoma Central. |
| « The Black Donnellys' Massacre » et « Jenny Donnelly » | Toutes deux sur les Black Donnellys. |
| « The Last Fatal Duel » | Chanson de 1973 sur Robert Lyon. |
| « Fire in the Mine » | À propos de l'incendie des mines Hollinger qui a tué 39 mineurs à Timmins, en Ontario. |
Vie personnelle
Connors épousa Lena Welsh le 2 novembre 1973. La cérémonie fut diffusée en direct à l'émission Elwood Glover's Luncheon Date sur CBC Television[33]. Lors d'une interview à l'émission, il déclara qu'ils avaient choisi de se marier à la télévision pour partager ce moment de bonheur avec ses fans à travers le pays, dont le soutien l'avait sorti de sa difficile vie d'avant le show-business[34]. Connors eut deux fils, Taw[35] et Tom Jr.[36]
Connors était un grand fumeur – on estime qu'il fumait 100 cigarettes par jour[20] – et un buveur tout aussi important. En tournée, il devait conduire le camion de tête et ne pouvait jamais être la dernière personne à se coucher, ce qui signifiait souvent que ses musiciens devaient suivre son rythme[20].
Connors portait toujours son Stetson noir en public et refusait de l'enlever pour quelque raison que ce soit, même lorsqu'il rencontra la reine Élisabeth II lors d'un dîner à Ottawa en octobre 2002. Le palais de Buckingham facilita les choses en comparant le chapeau de M. Connors à une coiffe religieuse, comme une cornette de religieuse ou un turban sikh[19]. Cependant, Connors est apparu sans chapeau lors de son mariage télévisé à l'échelle nationale sur CBC-TV avec Lena Welsh.
Retraite et protestation nationaliste
Alors que les années 1970 avançaient, il se retira dans sa ferme de Ballinafad[37], près d'Erin, en Ontario, pour protester contre le manque de soutien accordé aux histoires canadiennes par les politiques du gouvernement fédéral, en particulier le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC)[38]. Il a également boycotté les prix Juno pour protester contre les critères de qualification établis par l'Académie canadienne des arts et des sciences de l'enregistrement (CARAS) pour les candidats potentiels qui étaient constamment nommés et récompensés en dehors de leur genre musical. Il s'opposait fermement aux artistes qui menaient la plupart de leurs affaires aux États-Unis et étaient nommés aux Juno au Canada. Connors, qui qualifiait ces artistes de « Canadiens retourneurs de veste » (« turncoat Canadians »), estimait que, puisqu'ils avaient choisi de vivre et de travailler aux États-Unis, il était juste qu'ils concourent pour les Grammy Awards avec les Américains, et laissent la compétition des Juno à ceux qui vivaient et faisaient des affaires au Canada.
Sa protestation attira l'attention nationale lorsqu'il renvoya ses six Juno accompagnés d'une lettre au conseil d'administration.
« Messieurs,
Je vous retourne ici les six prix Juno que je me suis senti honoré de recevoir autrefois et que je ne suis plus fier de posséder désormais. En ce qui me concerne, vous pouvez les donner aux sauteurs de frontières (« border jumpers ») qui n'ont pas reçu de prix cette année, et peut-être pouvez-vous les faire remettre par Charley Pride. Je pense que les Juno devraient être destinés aux personnes qui vivent au Canada, dont la base principale d'opérations commerciales est au Canada, qui travaillent à la reconnaissance du talent canadien dans ce pays et qui tentent de favoriser l'exportation de ce talent de ce pays vers le monde dans le but de montrer fièrement ce que ce pays peut apporter au marché mondial.
Jusqu'à ce que l'académie semble se conformer davantage à des aspirations de ce genre, je ne tolérerai plus aucune nomination, ni n'accepterai aucun prix décerné.
Bien à vous, Stompin' Tom Connors[39] »
Il resta en retraite pendant 12 ans, ne revenant en studio qu'en 1986 pour produire un nouvel album destiné à promouvoir les artistes canadiens[40]. Cette année-là, Tim Vesely et Dave Bidini des Rheostatics firent irruption à sa fête d'anniversaire et publièrent un article à ce sujet dans un journal torontois[41], déclenchant une résurgence de l'intérêt du public et des maisons de disques pour son œuvre, qui aboutit à la sortie en 1988 de Fiddle and Song, son premier nouvel album depuis 1977.
Invité d'honneur à Late Night
La musique de Connors est rarement entendue en dehors du Canada, à l'exception possible de son hymne « The Hockey Song » qui a été enregistré par de nombreux artistes et joué régulièrement dans les arénas de la Ligue nationale de hockey. On a suggéré que Connors refusait de permettre la sortie étrangère de son matériel, bien qu'une raison plus probable soit que le sujet très spécifiquement canadien de nombre de ses chansons folk a entraîné une demande limitée sur les marchés étrangers. Lorsque Late Night with Conan O'Brien a enregistré une semaine d'émissions au Canada en 2004, Connors fut l'un des invités d'honneur, menant le public torontois dans une interprétation de « The Hockey Song » ; ce fut l'une des rares fois où Connors se produisit à la télévision américaine. Un autre numéro de Late Night enregistré au Canada présentait un segment dans lequel Triumph the Insult Comic Dog visitait le Québec ; une parodie de la chanson de Connors « Canada Day, Up Canada Way » est entendue pendant le segment.
Différend avec la Société Radio-Canada
Selon le promoteur de Connors, Brian Edwards, la SRC (CBC) avait exprimé son intérêt pour que Connors réalise un spécial musical depuis 1990[42]. Connors tourna et monta une présentation de concert live à Hamilton Place à un coût de plus de 200 000 $ de ses propres deniers en septembre 2005. Edwards a déclaré qu'une copie avait été présentée au chef de la variété télé de la SRC et qu'il avait reçu une réponse le lendemain lui disant qu'une décision serait prise dans quelques semaines. Après 10 semaines, un autre courriel fut envoyé au nouveau vice-président de la programmation, et une réponse rapide revint disant que le diffuseur s'éloignait de la programmation musicale et de variétés et que le spécial de Connors ne correspondait pas à sa stratégie.
Edwards a déclaré avoir reçu une autre lettre de la SRC qui renforçait son manque d'intérêt pour le spécial concert mais disait que Connors aurait été un grand invité pour chanter une chanson dans la série Hockeyville du réseau ou un excellent sujet pour un projet Life and Times. En réponse, Connors a déclaré :
« En ce qui me concerne, si la SRC, notre propre réseau public, ne veut pas reconsidérer son refus de diffuser un spécial de Stompin' Tom, ils peuvent prendre leur merveilleuse offre de me laisser chanter une chanson en tant qu'invité dans une autre émission et se la mettre où je pense[42]. »
Finalement, le film a été publié en DVD sous le titre Stompin' Tom In Concert par EMI en 2006[43]. La bande originale a été publiée à titre posthume sur CD[44] en même temps qu'une réédition DVD et Blu-ray par Universal Music Canada en 2014[45].
Autobiographie
Stompin' Tom: Before the Fame est une autobiographie détaillant les années d'enfance de Connors dans un orphelinat et en tant que travailleur agricole. Il a été finaliste du Prix Edna Staebler pour la non-fiction créative en 1996[46] et est devenu un best-seller en 1997. Il détaille sa vie avant de devenir célèbre. En 2000, Connors a écrit sa seconde autobiographie, The Connors Tone.
Décès et hommages
Connors est mort d'une insuffisance rénale le 6 mars 2013 à son domicile de Ballinafad, à l'âge de 77 ans[19],[47],[48]. Il a refusé de chercher un traitement médical, car il était sceptique quant aux avantages de la technologie médicale[19]. Le 7 mars, les drapeaux ont été mis en berne au Centre national des Arts à Ottawa[49],[50], ainsi qu'à Tillsonburg, pour marquer sa mort[51]. Le 9 mars, le samedi soir suivant, Hockey Night in Canada a diffusé un hommage spécial à Connors en ouverture de sa diffusion[52].
Immédiatement après sa mort, The Globe and Mail a noté :
« De nos jours, le Canada n'a pas peur d'être un peu bruyant et fier. Les politiciens poussent les boutons patriotiques et répètent sans cesse leur dévotion aux « Canadiens qui travaillent dur ». Les annonceurs exploitent sans vergogne (et avec succès) notre pays et sa beauté naturelle, et jouent sur les côtés aventureux et grivois des Canadiens. Mais Stompin' Tom faisait cela il y a longtemps, célébrant la fin d'une semaine de travail difficile avec ses paroles célèbres :
Dans une interview de 1995, M. Connors offrit l'opinion que personne ne devrait mourir heureux :
« Je pense que les gens devraient mourir sans que leurs rêves soient réalisés, afin qu'ils puissent peut-être avoir une excuse pour revenir une autre fois[2]. »
Le 7 mars, plusieurs membres du caucus fédéral du Nouveau Parti démocratique, menés par les anciens musiciens Charlie Angus et Andrew Cash, ont interprété une version collective de la chanson emblématique de Connors « Bud the Spud » dans le hall de la Chambre des communes du Canada en hommage[54].
En plus des reportages et des nécrologies publiés dans les médias canadiens, sa mort a également été rapportée par The New York Times[2], BBC News[3] et l'Agence de presse Xinhua[50].
Un mémorial a eu lieu le 13 mars 2013 au Centre Peterborough Memorial à Peterborough, en Ontario. Tommy Hunter y a assisté, et la célébration comprenait des discours de l'ancienne gouverneure générale Adrienne Clarkson et de Ken Dryden[55]. Des témoignages ont été donnés ou lus par d'autres, dont Roméo Dallaire, Rita MacNeil et Liona Boyd. Avant sa mort, Connors avait personnellement choisi les artistes qui se produiraient[56] :
| Hommage | Artistes |
|---|---|
| Peterborough Postman, The Blue Berets, The Ballad of Stompin' Tom et The Hockey Song (vidéos) | Stompin' Tom Connors |
| Médley de violon de musique traditionnelle (The Maritime Waltz) | Billy Macinnis |
| Man in the Black Hat | Tim Hus |
| Little Wawa et Gumboot Cloggeroo (médley) | J.P. Cormier et Dave Gunning |
| Farewell to Nova Scotia | Sylvia Tyson et Cindy Church |
| The Bridge Came Tumbling Down | Dave Bidini |
| Coal Boat Song | Damhnait Doyle |
| So Long Stompin' Tom | Mike Plume |
| I am the Wind | Mark Laforme |
À la fin du service, avant que Sudbury Saturday Night ne soit joué, Tom Connors, Jr., a parlé de son père et a regardé vers l'avenir :
« J'ai entendu des gens dire aux funérailles qu'il n'y aurait plus jamais de Stompin' Tom. Eh bien, j'ai une nouvelle pour vous. Nous avons encore un Canada, et nous avons encore les routes, les villes, les gens, les emplois – et c'est de cela que Tom écrivait. Alors ne dites jamais jamais... Il n'a jamais aimé que quelqu'un le copie, mais quiconque veut chanter sur le Canada, continuez.
C'est agréable de voyager vers le sud. Il peut faire plus chaud sur la peau, mais si vous allez vers l'est et l'ouest, il fera plus chaud dans vos cœurs[55]. »
Il a ensuite été inhumé au cimetière Erin Union à Erin, en Ontario[57]. La pierre tombale porte ces mots :
«
The body has returned to sod,
The spirit has returned to God.
So on this spot, no need for grief,
Here only lies a fallen leaf.
Until new blossoms form in time,
The tree is where I now reside.
But with this poem, as you can see,
They haven't heard the last of me[57].»
Connors a également fait l'objet d'un hommage vidéo aux East Coast Music Awards 2013 le 10 mars[58].
Honneurs

Les honneurs suivants lui ont été conférés :
- Aux prix Juno, il a remporté le prix de l'Interprète masculin country de l'année (1971–1975) et celui de l'Album country de l'année (1974, pour To It And at It)[60] — tous rendus par la suite en 1978[61]. Il a laissé pour instruction que les Juno ne le célèbrent pas après sa mort[62].
- En 1993, un doctorat en droit honoris causa de l'Université St. Thomas[63], qui a inspiré son album intitulé Dr. Stompin' Tom Connors, eh?, sorti la même année.
- En 1996, Officier de l'Ordre du Canada[64].
- En 2000, un prix d'achievement artistique à vie pour la musique populaire des Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle[65].
- En 2000, un doctorat en droit honorifique de l'Université de Toronto[66].
- En 2002, un doctorat en littérature honorifique de l'Université de l'Île-du-Prince-Édouard[67].
- En 2009, un prix SOCAN pour l'ensemble de sa carrière[68].
- En 2014, il a été annoncé qu'une statue commémorative serait installée dans le centre-ville de Sudbury, en Ontario[69].
En 1993, il a refusé d'être intronisé au Canadian Country Music Hall of Fame[61].
Dans la liste des Plus grands Canadiens, il s'est classé treizième, la position la plus élevée pour tout artiste sur la liste. Connors était l'un des quatre musiciens représentés sur la deuxième série de la série de timbres canadiens « Canadian Recording Artist Series » émise par Postes Canada le 2 juillet 2009[70].
Discographie
Albums
À partir de 1991, Connors a enregistré ses albums au Escarpment Sound Studio à Acton, en Ontario[71].
| Année | Album | Positions dans les classements | CRIA (certifications) | |
|---|---|---|---|---|
| CAN Country | CAN | |||
| 1967 | The Northlands' Own Tom ConnorsA | — | — | — |
| 1968 | On Tragedy Trail | — | — | — |
| 1969 | Bud the Spud and Other Favourites | — | — | Or |
| 1970 | Stompin' Tom Meets Big Joe Mufferaw | — | — | — |
| Merry Christmas Everybody | — | — | — | |
| Stompin' Tom Connors Sings 60 Old Time FavouritesA | — | — | ||
| 1971 | Stompin' Tom Sings 60 More Old Time FavouritesB | — | — | |
| Live at the Horseshoe | — | — | — | |
| My Stompin' Grounds | — | 71 | — | |
| Love & LaughterB | — | — | — | |
| 1972 | Stompin' Tom and the Hockey Song | — | — | — |
| 1973 | To It and at It | — | — | — |
| Northlands Zone | — | — | — | |
| 1974 | Stompin' Tom Meets Muk Tuk Annie | — | — | — |
| 1975 | The North Atlantic Squadron | — | — | — |
| 1976 | The Unpopular Stompin' Tom Connors | — | — | — |
| 1977 | Stompin' Tom at the Gumboot Cloggeroo | — | — | — |
| 1986 | Stompin' Tom Is Back to Assist Canadian TalentC | — | — | — |
| 1988 | Fiddle and Song | — | — | — |
| 1991 | More of the Stompin' Tom Phenomenon | — | — | — |
| 1992 | Believe in Your Country | 9 | — | — |
| 1993 | Dr. Stompin' Tom Eh? | 28 | — | — |
| 1995 | Long Gone to the Yukon | 5 | — | — |
| 1999 | Move Along with Stompin' Tom | — | — | — |
| 2000 | The Confederation BridgeD | — | — | — |
| 2002 | An Ode for the Road | — | — | — |
| 2004 | Stompin' Tom and the Hockey Mom Tribute | — | — | — |
| 2008 | The Ballad of Stompin Tom | — | — | — |
| 2012 | Stompin' Tom and the Road's Of Life | — | — | — |
| 2014 | Unreleased Songs From The Vault Collection-Vol. 1 | — | — | — |
| Live Concert Soundtrack | — | — | — | |
| 2017 | Stompin' Tom Connors | — | — | — |
| 2018 | Unreleased Songs From The Vault Collection (Vol. 3) | — | — | — |
| 2021 | Unreleased Songs From The Vault Collection Volume. 4: Let's Smile Again | — | — | — |
- Notes
- ARéédité sur A-C-T Records au milieu des années 1980 sous le titre « Northland Zone » en raison d'une erreur d'impression.
- BPlus tard sorti sous le titre « Stompin' Tom and the Moon-Man Newfie » en 1973.
- CContient quatre chansons de Stompin' Tom plus une introduction et un message final pour soutenir le talent canadien. Par ailleurs, cet album met également en vedette d'autres musiciens country canadiens : Wayne Chapman, Cliff Evans, Donna Lambert, Bruce Caves, Art Hawes, Kent Brockwell.
- DUn EP de cinq chansons contenant The Confederation Bridge, My Home Cradled Out In The Waves, Bud the Spud, Skinner's Pond Teapot, J.R.'s Bar – essentiellement des chansons sur l'Île-du-Prince-Édouard.
Compilations
| Année | Album | CAN Country | CRIA |
|---|---|---|---|
| 1971 | The Best of Stompin' Tom Connors | — | — |
| 1972 | Pistol Packin' Mama | — | — |
| 1972 | Bringing Them Back | — | — |
| 1973 | Across This LandC | — | — |
| 1980 | Souvenirs | — | — |
| 1990 | A Proud Canadian | — | Platine |
| 1991 | Once Upon a Stompin' Tom | — | — |
| 1993 | K.I.C. Along with Stompin' Tom | 26 | — |
| 1998 | 25 of the Best Stompin' Tom Souvenirs | 12 | Platine |
| 2001 | Sings Canadian History | — | — |
| 2006 | Live Concert (DVD) | — | 2× Platine |
| 2014 | Unreleased Songs from the VaultD | — | — |
- Notes
- ACoffret de cinq disques jamais réédité.
- BAutre coffret de cinq disques jamais réédité.
- CBande originale (enregistrée au Horseshoe Tavern) pour « Across This Land with Stompin' Tom ». Met également en vedette Bobby Lalonde, Joey Tardif, Chris Scott, Kent Brockwell, Sharon Lowness et The Rovin' Cowboys plus un « Tribute To Stompin' Tom » enregistré séparément par Fred Dixon. Ce « double-album » n'a jamais été réédité.
- DPremier de quatre volumes (à ce jour) compilant des démos, des enregistrements studio inédits et (malgré le titre de la série) des morceaux déjà publiés. Vol. 2 (2015); Vol. 3 (2018); Vol. 4: Let's Smile Again (2021).
Singles
| Année | Single | Positions dans les classements | Certifications | Album | |
|---|---|---|---|---|---|
| CAN Country | CAN AC | ||||
| 1967 | « The Hepworth Country Music Auditorium » | - | - | Inconnu | |
| 1969 | « Bud the Spud » | 26 | — | Bud the Spud and Other Favourites | |
| 1970 | « Big Joe Mufferaw » | 1 | — | Stompin' Tom Meets Big Joe Mufferaw | |
| « Ketchup Song » | 1 | — | Bud the Spud and Other Favourites | ||
| « Luke's Guitar » | 2 | — | |||
| 1971 | « Snowmobile Song » | 40 | — | My Stompin' Grounds | |
| « The Bridge Came Tumbling Down » | 2 | — | |||
| « Tillsonburg » | 12 | — | |||
| « My Stompin' Grounds » | 31 | — | |||
| « Name the Capital » | 34 | — | |||
| 1972 | « Moon-Man Newfie » | 1 | — | Love & Laughter | |
| « The Bug Song » | 9 | 18 | |||
| « Fire in the Mine » | 24 | — | |||
| 1973 | « The Consumer » | 59 | — | Stompin' Tom and the Hockey Song | |
| « Martin Hartwell Story » | 30 | — | To It and at It | ||
| « Poor Poor Farmer » | 68 | — | Stompin' Tom Meets Big Joe Mufferaw | ||
| « Algoma Central No. 69 » | 67 | — | |||
| « Don Messer Story » | 40 | — | To It and at It | ||
| 1974 | « To It and at It » | 42 | — | ||
| « Streaker's Dream » | 34 | — | Stompin' Tom Meets Muk Tuk Annie | ||
| 1975 | « Jack of Many Trades » | 24 | — | The North Atlantic Squadron | |
| 1989 | « Canada Day, Up Canada Way » | 29 | — | Fiddle and Song | |
| « I Am the Wind » | 40 | — | |||
| 1997 | « The Confederation Bridge » | 79 | — | The Confederation Bridge | |
Autres chansons classées
| Année | Chanson | Positions dans les classements | Certifications | Album |
|---|---|---|---|---|
| CAN | ||||
| 2013 | « The Hockey Song » | 29 |
|
Stompin' Tom and the Hockey Song |
Vidéoclips
| Année | Vidéo |
|---|---|
| 1989 | « I Am the Wind » |
| 1991 | « Margo's Cargo » |
Bibliographie
- Stompin' Tom Connors, My Stompin' Grounds, Toronto, Doubleday Canada, , 32 p. (ISBN 0-38525406-7).
- Stompin' Tom Connors, Bud the Spud, Charlottetown, Ragweed, , 20 p. (ISBN 0-92155643-8).
- Tom Connors, Stompin' Tom – Before the Fame, Toronto, Viking Penguin, , 560 p. (ISBN 0-670-86487-0).
- Tom Connors, Stompin' Tom and the Connors Tone, Toronto, Viking Penguin, , 680 p. (ISBN 0-670-86488-9).
- Stompin' Tom Connors, 250 Songs by Stompin' Tom: Including All the Words and Chords, Georgetown, Crown-Vetch Music, , 183 p. (ISBN 0-97381710-0).
- Stompin' Tom Connors, Hockey Night Tonight, Halifax, Nimbus, , 24 p. (ISBN 978-1-55109733-6).