À l'arrivée du cinéma sonore la plupart des studios niçois ferment leur porte n'étant pas en mesure de réaliser les aménagements nécessaires. Seuls La Victorine et Saint-Laurent-du-Var se modernisent et poursuivent leur activité. Les studios de Saint-Laurent sont équipés de trois plateaux et possèdent des terrains sur les rives du Var qui permettent la construction de décors en plein air. Ils sont utilisés par les sociétés de production Iris Films puis Nicæa Films et gérés par la Société cinématographique méditerranéenne d'exploitation (Cimex) dirigée par André Paulvé qui gère aussi La Victorine[3].
Plan des studios en 1937[4] 1, 2 et 3: plateaux 4: laboratoires et auditorium 5: bureaux, atelier décors, restaurant 6: centrale électrique 7: magasin d'accessoires 8: atelier de mécanique 9: menuiserie 10: atelier de staff 11: hangar à décors 12: garage du camion son 13: garage voitures et groupes 14: pavillon du portier 15: salles figuration 16: loges et douches 17: matériel électrique 18: jardin provençal 19: salle d'attente 20: loges avec loggia 21: blockhaus 22: piscine
La publicité diffusée en 1936 présente les équipements des studios mis à la disposition des producteurs par la Nicæa Films: «Vastes plateaux de prise de vue — Piscine — Super Parvos Debrie — Centrale 10 000 ampères — Groupes électrogènes 1 200 ampères — Camion de son procédé H — Multiplex Debrie développant 700 mètres heure (en montage) — Tirage — Laboratoires»[5]. En 1937, les studios s'agrandissent et se modernisent encore: au milieu du vaste terrain de la Nicæa, sur la rive droite du Var, à trois kilomètres de la Promenade des Anglais, s'ajoute aux deux studios primitifs qui ont été conservés et forment un plateau de 360 mètres carrés, un studio de 30 mètres de long sur 18 mètres de large, soit 640 mètres carrés, portant à plus de 1 000 mètres carrés la superficie totale des plateaux qui permettent le montage simultané de cinq ou six décors et de réaliser un film en trois semaines. Répondant à toutes les exigences de la technique sonore, ils sont également équipés de plus de cent projecteurs de toutes puissances alimentés par un courant de 3 500 à 4 000 ampères[6],[4].
Entre les laboratoires et le grand studio, dans une construction en forme de villa provençale sont aménagées trois loges comprenant chacune salon, cabinet de toilette et loggia, et un grand salon réservé aux metteurs en scène et producteurs. Les services du siège social qui se trouvaient jusque-là boulevard du Tzarévitch à Nice ont rejoint les bureaux de l'administration sur le site. Les laboratoires, avec salle de développement, de tirage et auditorium, ont subi une transformation nécessitée par l'installation de la nouvelle machine à développer «La Multiplex», que la Nicæa Film a été la première à acquérir en France et qui effectue de jour toutes les opérations du développement dans le minimum de temps. Les studios sont désormais aussi vastes et aussi bien équipés que ceux de Paris, Londres ou Berlin. Outre les installations déjà décrite on y trouve encore les ateliers de décoration, les salles de restaurant, la centrale électrique, le magasin d'accessoires, un atelier de mécanique, une menuiserie, un atelier de staff, un hangar à décors, le garage du camion de son, celui des groupes électrogènes et des voitures, le pavillon du portier, des salles pour la figuration, d'autres loges pour les artistes avec salle de douches, les installations électriques du plateau, une salle d'attente, un blockhaus, un jardin provençal et une piscine d'eau courante[6].
Les représentants de la municipalité niçoise, de la préfecture et des grandes administrations des Alpes-Maritimes sont invités à l'inauguration qui se déroule en présence des techniciens, artistes et artisans réunis pour réaliser Le Chanteur de minuit sous la direction de Léo Joannon qui se trouve ainsi le parrain du nouveau studio de la Nicæa[4].
L'occupation de Nice par l'armée allemande le provoque l'interruption du tournage de La Boîte aux rêves de Jean Choux et Yves Allégret et la fermeture des studios de Saint-Laurent-du-Var. Ils sont détruits en par l'un des derniers bombardements alliés dont l'objectif était la destruction du pont sur le Var[3].