Studium de Trets

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Trets se blasonne D'argent, à trois trèfles de sinople 2 et 1[1]

Le studium de Trets est un collège fondé par Urbain V. Situé dans la vallée de l'Arc, il reçut, entre le et le , 180 élèves âgés de 12 à 18 ans[2]. La liste complète de la nourriture quotidienne qui leur a été servie au réfectoire pendant un an a été conservée[N 1]. Jour après jour, elle donne, tant pour les élèves que pour leurs professeurs, les différents menus servis[2].

Cette nomenclature a permis de constater qu'en un an furent observés 149 jours maigres où ne furent servis que du poisson et des œufs[3]. Quant à la viande, elle apparaît régulièrement dans le menu du réfectoire. Servie pendant 217 jours, le plus souvent bouillie, c'est essentiellement du mouton (160 jours), ce qui amène une consommation par individu de 21 kg de viande par an[N 2]. Elle entre régulièrement dans les soupes et potages qui sont servis matin et soir[3].

Les différents potages du studium de Trets
Base Choux Épinards Bouillon
(brodium)
Herbes Fèves Poireaux Oignons Pois chiches Courge Lentilles Raves Piperade
[N 3]
Fromage
[N 4]
jours/an 125 41 32 29 22 19 18 17 14 12 10 1 1


Avec le pain, le chou apparait en toutes saisons et reste la base des menus quotidiens[4]. Il n'est remplacé qu'occasionnellement par les épinards, les herbes (blettes) ou le potiron[4]. Louis Stouff, qui a pu étudier trois budgets alimentaires établis à partir des comptes de la cuisine de trois maisons, a dressé un tableau comparatif[5] :

Budget alimentaire (%) Pain Viande Poisson
et œuf
Légume
et fruit
Épices, huile
et fromage
Vin
Studium papal de Trets
(1364-1365)
32,116,55,333,141
Hôpital du Saint-Esprit de Marseille
(1409)
3033,112,63,64,515,3
Archevêché d'Arles
(1429-1430)
24,52313,52,55,531

Analyse diététique

Les indications fournies pour la studium ont permis de constater une faible consommation de fruits (noix, figues, prunes) et de fromages (20 g par jour) d'autant que les maîtres en consommaient le double de leurs élèves. L'huile d'olive est peu utilisée, sauf le vendredi et samedi, jours de jeûne, et en Carême pour faire frire le poisson[4].

Par contre la consommation de vin est conséquente[N 5]. C'est un constat général. À Carpentras où le jeune Pétrarque fit ses humanités de 1313 à 1317, son père, pour les payer, donnait chaque année au recteur du collège quatorze éminées de blé et le futur poète devait apporter son vase à vin et son gobelet pour boire au cours des repas[6].

Il en était de même au Collège de Périgord, à Toulouse, qui fut fondé par le cardinal Hélie de Talleyrand-Périgord, en 1360. Élèves et professeurs recevaient chacun un tonneau pour leur consommation annuelle[7]. La contenance du tonneau variant entre 685 et 1 252 litres, la consommation était donc comprise entre 1,9 litre et 3,5 litres par jour.

De plus, l'étude des menus de Trets a permis de dresser ce bilan et de le comparer à des normes actuelles :

Variation des apports Glucides (g) Protéines (g) Lipides (g) Fer (mg) Calcium (mg) Calories (kJ)
Studium de Trets[8] (XIVe siècle)47, 59065100, 42 600
Menu classique[9] (XXIe siècle)86, 9524, 140, 238, 51603 485
Fast food[9] (XXIe siècle)87, 539, 935, 583153 460
Écoles de Nouméa[10] Fév. Mars Avril Mai Juin Juil. Août Sep. Oct. Nov.
Protéine % 14 17 14 20 15 19 15 12 14 15
Lipide % 31 19 42 24 37 29 35 42 31 37
Glucide % 55 64 44 56 48 52 50 46 55 48
Calories (kJ) 3 281 3 847 3 839 2 802 3 859 3 690 3 549 2 925 3 150 3 318

Louis Stouff en tire la conclusion que les élèves mangeant au réfectoire du studium étaient bien nourris avec des rations équilibrées et raisonnables[N 6]. Pour être amélioré, il ne manquerait journellement qu'un peu plus de laitage, quelques matières grasses (beurre ou huile d'olive) et un fruit frais[8].

Reste la grande quantité de pain et de vin qui correspond au régime général dans la Provence médiévale et qu'Emmanuel Le Roy Ladurie avait déjà noté pour le Languedoc à la même époque[8].

Notes

Références

Bibliographie

Voir aussi

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