Stylo rétractable

From Wikipedia, the free encyclopedia

Un stylo rétractable est une variante du stylo à bille. Il se caractérise par un mécanisme intérieur actionnant la cartouche d'encre. Ce mécanisme, mû par un ressort hélicoïdal, permet l'occultation ou la saillie de la pointe d'écriture depuis son fourreau de protection. Une pression exercée sur le poussoir sommital provoque l'éjection de la pointe, laquelle vient se verrouiller en position infradextre du fût pour son emploi.

Histoire

Stylos rétractables Pilot.

La première invention et le brevet initial du stylo à bille rétractable remontent à 1888, et sont attribués à John J. Loud. Toutefois, en raison d’une conception jugée imparfaite, cet objet ne connut aucune commercialisation avant près de six décennies. Les problèmes techniques inhérents à ce premier modèle furent résolus ultérieurement par László Biró et son frère György Biró. Leur innovation reposa sur l’emploi d’une encre plus visqueuse et d’un dispositif d’alimentation exploitant le principe de la capillarité, permettant ainsi un dépôt lent et régulier de l’encre sur le papier. Leur production fut exclusivement distribuée sur le continent européen. Par la suite, l’entrepreneur américain Milton Reynolds apporta une modification substantielle au système en lui adjoignant un mécanisme à gravité. Cette version obtint une large faveur commerciale sur le marché des États-Unis[1]. Enfin, la Frawley Pen Company, fondée en 1949 par Patrick J. Frawley, revendique la fabrication du « premier stylo à bille rétractable » en 1950 [2],[3].

Mécanisme

Le stylo à bille à mécanisme de rétraction se compose d’un corps, d’un poussoir, de deux cames, d’une goupille de guidage, d’un ressort hélicoïdal, d’une cartouche d’encre et d’une pointe à bille logée à son extrémité distale, ainsi que d’autres éléments subsidiaires. La goupille de guidage est généralement rapportée par moulage intégral au corps du stylo. Le ressort, quant à lui, fournit la tension nécessaire à la rétraction de la cartouche dans le fût. Les cames constituent un système mécanique bistable. Dans la première position stable, la cartouche d’encre est entièrement rétractée à l’intérieur du corps ; dans la seconde, elle est déployée, la bille étant exposée pour l’écriture. L’actionnement du poussoir, situé à l’extrémité proximale du stylo, provoque la commutation du système d’une position à l’autre, entraînant la translation alternée de la pointe à bille[1].

Clic habituel sur un stylo

Le déclic de stylographe désigne l’action répétée d’enfoncer le mécanisme d’un stylo à bille, produisant un son sec[4]. Usuellement, ce mécanisme n’est actionné que pour faire jaillir ou rétracter la pointe en vue de l’écriture. L’émission sonore qui en résulte présente des variations de hauteur, d’intensité et de timbre, fonction de la morphologie et de la marque de l’instrument. Lorsqu’elle est produite de façon itérative, cette manifestation acoustique peut engendrer des effets psychiques tant sur son auteur que sur les individus avoisinants. Ce geste, tantôt conscient tantôt inconscient, est fréquemment corrélé à des états de désœuvrement, d’inattention[1], de méditation, de dissimulation ou de nervosité[2]. Il est parfois qualifié de manie nerveuse — une expression dénotant une certaine agitation psychomotrice — ou encore d’« activité distrayante libérant une énergie nerveuse »[4]. Le cliquetis de stylographe peut s’apparenter à une forme de comportement d’autostimulation, mais il se singularise par sa discrétion sociale : son exécution en public passe souvent inaperçue, contrairement à d’autres manifestations analogues jugées socialement inconvenantes[1],[3].

Le bruit provoqué par la manipulation d'un stylo à clic est susceptible de nuire à la faculté de concentration d'autrui, étant fréquemment perçu comme une cause d'agacement. Ce phénomène acoustique peut également constituer un stimulus déclencheur de réactions misophones chez certains individus.

Dans la culture populaire

  • Boris Grishenko (incarné par Alan Cumming), subalterne dans le film GoldenEye (1995) de la série James Bond, se distingue par un tic gestuel caractéristique : l'actionnement répété du mécanisme de son stylo. Lors du dénouement de l'intrigue, l'agent Bond tire parti de cette manie en substituant à l'objet usuel un engin explosif déguisé, dont la mise à feu est précisément commandée par une pression similaire. Cette manipulation provoque l'anéantissement de la base souterraine de l'antagoniste.
  • Dans un message publicitaire pour la marque de prêt-à-porter Kohl's, Jennifer Lopez — incarnant une version fictive de sa propre personne — irrite ses collaborateurs par l'action répétée d'enclencher un stylo à cliquet[1].

Références

Related Articles

Wikiwand AI