Stérilité mâle cytoplasmique
From Wikipedia, the free encyclopedia
La stérilité mâle cytoplasmique (SMC) est la stérilité mâle totale ou partielle d'organismes hermaphrodites, résultant d'interactions nucléaires et mitochondriales spécifiques[1]. Elle correspond à l'incapacité à produire des organes reproducteurs mâles (anthères) ou des gamètes mâles (pollen) fonctionnels. La stérilité mâle cytoplasmique conduit à des populations gynodioïques (populations où coexistent des hermaphrodites pleinement fonctionnels et des hermaphrodites mâles-stériles, donc fonctionnellement femelles).
Joseph Gottlieb Kölreuter a été le premier à documenter la stérilité mâle chez les plantes. Au XVIIIe siècle, il fait état d'anthères avortées au sein de certaines espèces et hybrides.
La stérilité mâle cytoplasmique (SMC) se trouve principalement chez les angiospermes et a été identifiée chez plus de 140 espèces[2], réparties sein de familles très variées. Elle a également été identifiée chez une unique espèce animale, Physa acuta, un escargot d'eau douce[3].
La gynodioécie causée par la SMC pourrait être un intermédiaire évolutif entre hermaphrodisme et dioécie[4].
La stérilité mâle peut être facile à détecter chez les plantes à fleurs, l'effet au niveau du phénotype étant souvent observable à l'oeil (par exemple absence ou atrophies des anthères). Les grains de pollen peuvent également être dosés par des techniques de coloration (carmin, lactophénol ou iode).
En agronomie et sélection végétale, il est souvent intéressant d'éviter l'autofécondation des individus et de favoriser des croisements pour obtenir des hybrides qui auront de meilleures performances que leurs parents (heterosis). L'existence de la SMC chez certaines espèces peut alors prise en compte dans les schémas de sélection et permet d'éviter une castration manuelle[5].