Sucrerie de la Retraite
Ancienne sucrerie
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La sucrerie de la Retraite est une ancienne sucrerie située sur le hameau de La Retraite à Baie-Mahault en Guadeloupe.
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Sucrerie (en) |
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| Coordonnées |
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Fondée en 1883, elle disparaît en 1950.
Géographie
L'usine était située à La Retraite, aux abords de la Départementale 2, sur la rivière Houaromand, entre Baie-Mahault et Petit-Bourg près des distilleries de la Grippière (Daubin), Lalung, Clairefontaine et Damoiseau. L'établissement s'étendra progressivement sur 1 137 ha (1946) et sera desservi par 20 km de chemin de fer pour amener les cannes à l'usine et la relier à l'embarcadère de Pointe-Jarry[1].
Histoire
De taille moindre en comparaison de celle de Darboussier, il n'en reste que de minimes vestiges, difficiles à distinguer. Pourtant l'usine a été l'un des moteurs de la vie quotidienne de la ville de Baie-Mahault de la fin du XIXe siècle jusqu'au milieu du XXe[2].
L'usine remplace une première habitation-sucrerie dont la fondation est inconnue mais qui est acquise en 1881 par un habitant de Baie-Mahault nommé Léon Guyot. L'habitation traditionnelle doit être abandonnée en raison de la crise touchant les sucreries de ce type. Guyot s'associe alors à ses beaux-frères Descamps, propriétaires des sucreries de Birmingham et de Montourment, pour former la Société Georges Descamps & Co en janvier 1883[3].
La construction de l'usine moderne commence en février 1884. Malgré un capital conséquent, Georges Descamps est victime de l'effondrement des cours du sucre. Il cède son entreprise de Birmingham et doit faire face au retrait de son frère Léon. Ne parvenant pas à rembourser ses dettes, le Crédit foncier colonial obtient l'expropriation de la société à la fin de la campagne de 1885[4].
Le Crédit Foncier Colonial vend alors l'usine de La retraite à une maison familiale marseillaise de négoce basée à Pointe-à-Pitre, la Société Gérard Frères. En 1890, une autre société de Marseille entre au capital, les Borel, qui sont chargés en particulier de la gestion de l'usine[4].
Malgré les déboires liés à la chute continuelle du cours du sucre, à la veille de la Première Guerre mondiale, et malgré sa production modeste, l'usine est un des sept établissements de la Guadeloupe à continuer de fonctionner. Cependant les salaires sont diminués de 40 à 50 % jusqu'en 1900 et la journée de travail passe de sept à dix heures. En 1902, avec la troisième chute du cours du sucre, le salaire à la journée passe à celui à la tâche, menant dans la misère de nombreuses familles. En février 1910, une importante grève permet aux travailleurs d'obtenir des conditions plus viables[5].
Après la mort en 1910 d'un des frères Gérard, la société familiale est dissoute et devient la Société anonyme commerciale, industrielle et agricole de la Guadeloupe (SACIAG). Vers 1919, l'usine s'engage dans la production de rhum mais en 1921 la SACIAG la revend à la Société de production industrielle et agricole (SPIA) de Paris. Un moulin pour augmenter la production de 25 % est construit ; cependant l'investissement ne parvient pas à être rentabilisé. En janvier 1927, la SPIA dépose le bilan. La SACIAG, créancier, cherche à éviter la fermeture de l'usine et en obtient l'adjudication. Elle en cède en juillet 1928 le contrôle à la Société des Raffineries Saint-Louis dans le cadre d'une nouvelle Société du Centre de la Retraite (SCR)[6] et reçoit 8 000 actions sur les 20 000 formant le capital. Le siège de l'usine devient celui de Saint-Louis au 3, rue de la République à Marseille. Gabriel Gérard en reste le PDG[7].
L'usine est victime en septembre 1928 de l'ouragan Okeechobee et est fortement endommagée. Grace aux indemnités versées par l'État, et malgré l'importante sécheresse de 1931, elle est reconstruite à neuf et sa production augmente très fortement en 1932-1933. Jusqu'en 1939, sa situation financière demeure rentable mais l'usine doit faire face à plusieurs mouvements de gréve de ses employés en 1930, 1934 et 1937 jusqu'à l'accord signé entre le gouverneur Félix Éboué et les usiniers[8].
Les lois raciales, autoritaires et répressifs du gouverneur Sorin lors du gouvernement de Vichy durant la Seconde Guerre mondiale marquent une rupture dans les liaisons avec la métropole. La Guadeloupe rejoint la France Libre en juillet 1943 mais la situation reste extrêmement difficile. La production s'effondre entre 1943 et 1945. En novembre 1946 Saint-Louis revend ses parts à la SIAPAP (Société industrielle et agricole de Pointe-à-Pitre)[9] qui reprend les dettes de la SCR. Cependant la SIAPAP n'y effectuera plus aucun investissement et malgré les nombreuses grèves du personnel dont celle de 1948 qui durera 53 jours, décide de la fermeture du site en 1950[10], laissant dans la misère de nombreuses familles[11].
- Vestige d'un mur faisant face à l'usine de la Retraite.
- Vestiges des constructions autour de l'usine de la Retraite.
- Cette maison est construite à l'emplacement exact où se trouvait l'usine.
- La rivière Houaromand passait sur l'arrière de la sucrerie.
