Suicide dans l'Égypte antique
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Il n'y a pas de preuves archéologiques directes de suicide dans l'Égypte antique, mais les archéologues, avec prudence, parlent de l'existence de signes physiques dans des tombes laissant penser au suicide comme exceptionnels[1].
Durant les trois millénaires de la longue histoire de l'Égypte antique, les archives ne relatent qu'à peine une poignée de suicides.
- Au lendemain d'une tentative d'assassinat contre Ramsès III, un certain nombre des conspirateurs, parmi eux le prince Pentaour, fils de la reine Tiyi, sont condamnés à mort, mais, comme une marque spéciale de clémence, ont le « choix de se suicider ». Le procès des conjurés est retracé dans le papyrus dit judiciaire de Turin, dont le principal des trois fragments qui le composent est conservé au Musée égyptologique de Turin.
Le maître d'hôtel Pebes n'a pas été condamné à mort pour avoir festoyé avec les femmes du harem accusées d'avoir conspiré contre le roi. Son châtiment est d'avoir le nez et les oreilles coupés, mais il se tue, probablement incapable de supporter sa honte.
- La reine Cléopâtre VII, la dernière des Ptolémées, se serait suicidé pour ne pas être humiliée en public lors du triomphe d'Octave à Rome, après l'échec de sa tentative de maintenir l'Égypte indépendante.
On en sait davantage sur le suicide à l'époque gréco-romaine que dans les trois précédents millénaires d'histoire égyptienne, mais les registres sont rares. Parmi eux se trouve une plainte officielle auprès d'Apollonios, stratège du nome Arsinoë, déposée par Pakebkis, fils d'Horos, et Kollouthos, parents d'un homme poussé au suicide par la persécution.
Des menaces de se tuer soi-même comme des appels au secours ont également été faites dans l'antiquité. Une femme appelée Isidora, inquiète de la mauvaise santé de son enfant, écrit à son mari Hermias :
« Ne fais plus rien, diffère tout, et viens, de préférence demain. Le bébé est malade. (...) Je crains qu'il meure en ton absence. S'il meurt en ton absence, sois certain que tu me trouveras pendue »
— Anton J. L. van Hooff, From autothanasia to suicide: self-killing in classical antiquity, Routledge, 1990, p. 155