Sunda
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Sunda (gentilé : Sundanais) est le nom du pays qui, aujourd'hui, correspond aux provinces indonésiennes de Banten et Java occidental, c'est-à-dire le tiers occidental de l'île de Java. Toutefois, la plupart des spécialistes ont tendance à mettre à part les régions de Banten et de Cirebon, anciens sultanats fortement influencés par la culture javanaise depuis le XVIe siècle, à la suite de la chute en 1579 du dernier royaume sundanais, Pajajaran, défait par le Banten.
La capitale moderne du pays Sunda est la ville de Bandung, fondée à la fin du XVIIIe siècle et siège en 1955 de la célèbre conférence des pays afro-asiatiques.
La langue sundanaise forme à elle seule un groupe de la branche malayo-polynésienne des langues austronésiennes. Elle est différente du javanais proprement dit, qui forme un autre groupe.
L'État du Pasundan

Le est proclamée la république du Pasundan (Republik Pasundan), un État fantoche créé à l'instigation des Hollandais sur le territoire de l'actuelle province de Java occidental, avec pour président Suriakartelegawa. Elle est rapidement dissoute.
Le est créé l'État de Java occidental, renommé État du Pasundan, avec pour président le comte Muharram Wiranatakusuma, bupati (préfet) de Bandung. Le Pasundan est un des 7 États de la république des États-Unis d'Indonésie formée le .
Le Pasundan est incorporé dans la république d'Indonésie le .
Culture

A priori, la différence entre les cultures sundanaise et javanaise n'est pas évidente pour un regard extérieur.
Toutefois, les deux langues sont distinctes, même si elles sont toutes deux malayo-polynésiennes.
L'identité est distincte elle aussi. Outre la langue, la référence des Sundanais est d'abord l'histoire, qu'on peut résumer avec le nom de l'ancien royaume de Pajajaran et celui de son roi le plus connu, le légendaire Siliwangi. L'histoire de la princesse Dyah Pitaloka, qui se suicide plutôt que de se laisser traiter comme une vile concubine par Gajah Mada, premier ministre de Majapahit, exprime le refus des Sundanais de disparaître comme « peuple » (que l'histoire, racontée dans une chanson de geste écrite au XVIe siècle, le Kidung Sunda, soit vraie ou non est une autre… histoire).
Poésie
Cette nostalgie d'une grandeur disparue est aussi exprimée de façon poignante dans la merveilleuse tradition du tembang, dans laquelle les kidung sont chantés, accompagnés de kacapi (instruments à cordes pincées dont la caisse allongée est couchée) et de flûtes en bambou (suling). Ce genre a été créé au XIXe siècle par le comte Pancaniti, bupati (préfet) de Cianjur près de Bandung. La musique est en principe jouée avec une échelle musicale particulière au pays Sunda, sorog.
Musique


Les Sundanais ont leur propre forme de gamelan, même s'ils utilisent les mêmes échelles musicales qu'à Java, pelog et slendro (salendro en sundanais). En plus de l'orchestre habituel, utilisé pour accompagner le théâtre d'ombres wayang ou les danses, les Sundanais ont un « gamelan de chambre », le degung, formation plus réduite. Le degung est notamment utilisé pour jouer un genre particulier de musique contemplative. Pour l'anecdote, cette musique degung semble très prisée des touristes étrangers à Bali, car quand ils veulent acheter des cassettes de musique « locale », on leur vend souvent du gamelan degung. Il existe un instrument de musique nommé aussi Angklung, très populaire, qui se joue en secouant une structure de bois.
Danse

Le pays Sunda a une tradition de danse de cour propre, développée notamment par les descendants de la cour de Sumedang, la principauté héritière de Pajajaran.
Parmi les danses populaires, les Sundanais ont leur propre forme de tayub, cette danse autrefois exécutée par des troupes itinérantes qui venaient animer les fêtes de village, dans laquelle la danseuse invite tour à tour des hommes de l'assistance à danser avec elle. C'est le ketuk tilu, qui jusque dans les années 1970 avait mauvaise réputation auprès des Sundanais citadins à cause de ses mouvements et poses suggestifs. Puis un chorégraphe de Bandung a créé le jaipongan à partir du ketuk tilu. Ce style a rapidement suscité un véritable engouement, et les tentatives pour l’interdire au début pour indécence n'ont fait que le rendre plus populaire. Danse « sociale », le jaipongan est dansé lors de mariages ou autres occasions, et est également devenu populaire comme danse de scène.
Avec le jaipongan s'est développé un style de musique dynamique, sensuel et plein d'humour. Un des aspects les plus impressionnants de ce style est le jeu de tambours. L'instrumentiste joue en effet avec plusieurs tambours tout en restant assis. Ce jeu a ensuite évolué de façon autonome pour aboutir au spectaculaire rampak kendang.
Batik
Sunda a ses propres motifs en batik, notamment le style dit garutan (de la ville de Garut, au sud-est de Bandung).
Cuisine
Voir aussi : Java ~ Culture javanaise ~ Gamelan

