Avec El Hogar, cette revue littéraire fut au XXesiècle l'une des plus importantes du continent sud-américain.
L'équipe de Sur en 1971: on reconnaît Victoria Ocampo debout derrière Borges, aux côtés de Silvina Ocampo et son mari Bioy Casares.
Sur est née durant l'été 1931 de la rencontre entre l’intellectuelle mécène Victoria Ocampo et l'écrivain américain Waldo Frank qui, depuis 1926, connaissait une certaine renommée en Amérique du Sud. Cependant, c'est José Ortega y Gasset, qui proposa le nom et apporta sa caution de philosophe, car il était respecté en tant que directeur de la Revista de Occidente. Ocampo souhaitait depuis longtemps monter une tête de pont littéraire entre l'Europe et l'Amérique du Sud. Elle pensa dans un premier temps à la revue Commerce fondée par Marguerite Caetani comme modèle à la fois esthétique et littéraire[1].
L'Argentine en 1931 ne connaît pas la crise économique, tandis que la plupart des éditeurs européens sont fortement touchés par les retombées du krach de 1929. Aussi, Ocampo offre-t-elle une revue particulièrement luxueuse de 124 pages parfois illustrées, imprimée sur beau papier et disposant d'une couverture à rabats qui fut recouverte plus tard d'un vernis sérigraphié: sur le premier plat, pendant les vingt premières années, seule une flèche orientée vers le bas, le nom de sa revue et un numéro de série figurent. L'accueil de la presse argentine fut plutôt glacial, elle accusa Victoria d’élitisme. Par la suite, et pour ne rien arranger, la revue prit fortement parti pour la république espagnole, puis contre le nazisme et accueillit en son sein une impressionnante liste de penseurs venus du monde entier.
Durant les années d'Occupation de la France, Ocampo aide à lancer Les Lettres françaises qu'elle insère comme supplément dans sa revue[3]. En 1942, paraissent les premiers écrits de H. Bustos Domecq.
Sous le péronisme, la revue est momentanément interdite et Ocampo fait même de la prison en 1953.
Ocampo dirige sa revue jusqu'au numéro 305, en 1966. Son amie traductrice Pelegrina Pastorino lui succéda de façon irrégulière. La dernière des 372 livraisons sortit en 1992.
↑ Bruno Ackermann, Denis de Rougemont: une biographie intellectuelle, Genève, Labor et Fides, 1996, p.716.
Voir aussi
Bibliographie
John King (1986), Sur. A Study of the Argentine Literary Journal and its Role inthe Development of the Culture, 1931-1970, Cambridge, Cambridge University Press, 2009 (ISBN978-0521121217) - lire en ligne un extrait [PDF].