Synagogue de Bad Homburg (1866-1938)

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La synagogue au début du XXe siècle

La synagogue de Bad Homburg, inaugurée en 1866, a été détruite en 1938 lors de la Nuit de Cristal comme la plupart des autres lieux de culte juifs en Allemagne.

Bad Homburg vor der Höhe (en français également : Bad Hombourg) est une petite ville thermale allemande de l'arrondissement du Haut-Taunus, district de Darmstadt dans le Land de Hesse, à environ 15 km au nord-ouest de Francfort-sur-le-Main. Elle compte actuellement près de 52 000 habitants.

Le Moyen Âge

Quelques familles juives ont probablement vécu à Bad Homburg dès le Moyen Âge. En 1335, Louis IV de Bavière autorise Godefroy d'Eppstein à accueillir dix Juifs dans les villes de Steinheim, de Homburg et d'Eppstein, mais on ignore, faute de preuves, si des Juifs se sont alors installés à Hombourg. Entre 1333 et 1348, le registre du tribunal de Francfort fait état de transactions entre des Juifs de Hohenberg ou de Hohinburg, noms donnés au Moyen Âge à Homburg.

Après les persécutions dues à la peste noire de 1348-1349, il n'est plus fait mention de Juifs à Homburg.

Les XVIIe et XVIIIe siècles

Ce n'est qu'au XVIIe siècle qu'une nouvelle communauté juive émerge. En mars 1622, vingt Juifs protégés habitent la ville. Pendant la guerre de Trente Ans (1618-1648), leur nombre va décroître et le journal officiel de Homburg du n'en mentionne plus que onze. Après la guerre, leur nombre va continuer à décroître. En 1671, il n'y a plus que trois Juifs avec leur famille. Le Landgraf Frédéric II qui désire développer la ville de Homburg, ordonne en février 1698, que les familles juives doivent dorénavant habiter regroupées dans une même rue comme pour les familles huguenotes dans la Louisenstadt. La Judengasse (l'actuelle Wallstraße), est établie sous son successeur le Landgraf Frédéric Jacob. Par décret du , cette rue peut être fermée par les autorités. Mais les familles juives ne sont pas pressées d'habiter cette rue, préférant rester dans leur maison de la vieille ville. Le décret impose que les Juifs doivent s'installer dans cette rue dans les six mois, mais fin 1730, seulement cinq familles ont déménagé. En 1737, le décret est réitéré. Le journal officiel de Homburg du , donne les noms de 21 familles.

Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, à l'exception du Landgraf Frédéric-Louis en 1774, plus tolérant, tous les Landgrafs successifs vont imposer aux Juifs d'habiter dans la Judengasse. En 1791, l'ordre est de nouveau renouvelé. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, le nombre d'habitants juifs de Homburg progresse fortement : de 56 familles en 1772, on passe à 75 en 1790 et à 105 en 1803. La communauté juive est aussi implantée dans les villages avoisinants de Seulberg et de Gonzenheim ainsi que dans d'autres dépendant de la municipalité de Homburg. De 1710 à 1757, existe à Homburg une importante imprimerie juive qui fournit des livres religieux en hébreu à de nombreux Juifs de Francfort.

L'époque moderne

À partir du début du XIXe siècle, les Juifs sont autorisés à s'installer partout en ville. La population juive continue d'augmenter et culmine en 1865 avec 604 personnes, soit 7,14 % de la population totale de la ville. En 1848, le Landgraf Gustave publie un décret indiquant que « À partir de maintenant, il n'y aura plus aucune différence du point de vue des relations locales et civiques entre nos sujets juifs et nos sujets chrétiens ». La structure professionnelle et sociale des Juifs va changer de façon importante dans le courant du XIXe siècle. À la fin du siècle, beaucoup sont des commerçants, avec leur boutique de mode, d'entretien ménager ou d'article de ménage, située principalement dans la Louisenstraße (la grande rue commerçante), D'autres possèdent des hôtels, des restaurants, des cafés ou des sanatoriums. D'autres enfin sont dans la banque, la friperie ou les antiquités. Plusieurs médecins juifs travaillent dans les établissements thermaux de Bad Homburg où de nombreuses personnalités juives se font traiter, tels que de célèbres rabbins russes ou le philosophe Martin Buber.

Les associations communautaires

En 1925, la communauté juive compte 400 personnes soit 2,5 % de la population totale de la ville (16 000 habitants au total). Le rabbin Wreschner est assisté par Moses Herz qui est Hazzan, enseignant et Shohet et par Leopold Goldschmidt, enseignant, Hazzan remplaçant et Shames (bedeau de la synagogue). Le rabbin Wreschner, qui assure la direction de l'école religieuse où sont accueillis 54 élèves, donne en plus des cours d'instruction religieuse à 30 autres élèves inscrits à l'école publique.

La communauté dispose de nombreuses associations juives caritatives, dont certaines existent depuis le XVIIIe siècle :

  • La Israelitische Männerkrankenkasse, créée en 1780, dont le but est l'assistance aux malades: 52 membres en 1932.
  • Le Israelitische Frauenverein (Chewrat Naschim), créée en 1810, renommée plus tard en Israelitische Frauenkrankenkasse, avec pour but l'aide aux malades et les services funéraires: 97 membres en 1864.
  • L'association de charité Chewrat Gemillus Chassodim pour les malades et les services funéraires : 27 membres en 1864 ; 40 membres en 1932.
  • La Chewrat Talmud Tora, l'association du Talmud Torah : 31 membres en 1864.
  • La Chewrat Bikkur Cholim, association d'aide aux malades : 49 membres en 1864.
  • Le Jüdischer Holzverein (Chewrat Ez Chajim), une association chargée de fournir du bois de chauffage en hiver pour les pauvres: 61 membres en 1864 ; 100 membres en 1932.
  • La Armenkasse der Israelitischen Kultusgemeinde, association d'aide au nécessiteux de la communauté et aux voyageurs.
  • Le Verein zur Ausstattung jüdischer Mädchen, créée en 1886 et chargée de la formation professionnelle et du trousseau de mariage des jeunes filles juives pauvres : 65 membres en 1932.
  • la Wirtschaftsbeihilfe, créée en 1918, association d'assistance aux nécessiteux.

Près de la synagogue, on trouve le cimetière, le Mikvé ainsi qu'une bibliothèque communautaire.

Sous le nazisme

En 1933, il reste encore environ 100 familles juives à Bad Homburg, mais après l'arrivée des nazis au pouvoir, beaucoup vont déménager ou émigrer, en raison de la privation de leurs droits civiques et de la répression croissante. En 1937, il ne reste plus que 60 familles.

Lors de la nuit de Cristal du au , les troupes de SA détruisent non seulement la synagogue, mais pénètrent dans de nombreux commerces et habitations juives les pillant et les saccageant. Le magasin de meubles Herz, situé dans la Louisenstraße, à proximité de l'hôtel de ville, est complètement détruit. Les hommes juifs sont arrêtés et déportés au camp de concentration de Buchenwald.

Le mémorial de Yad Vashem[1] de Jérusalem et le Gedenkbuch - Opfer der Verfolgung der Juden unter der nationalsozialistischen Gewaltherrschaft in Deutschland 1933-1945[2] (Livre commémoratif – Victimes des persécutions des Juifs sous la dictature nazie en Allemagne 1933-1945) répertorient près de 150 habitants nés, ou ayant vécu longtemps à Bad Homburg parmi les victimes juives du nazisme. Les recherches effectuées pour établir cette liste ont été rendues difficiles du fait qu'il existe plusieurs villes ou villages du nom de Homburg[3] en Allemagne et que certaines personnes vivant à Bad Homburg étaient enregistrées à Francfort.

Histoire de la synagogue

Notes

Bibliographie

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