Synagogue de Butzbach (1926-1938)
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La synagogue de Butzbach n'a été construite que très tardivement. Initialement, la communauté juive moderne qui date du XVIe et XVIIe siècles, possède une salle de prière située dans la mairie de la ville. Pour des raisons financières, une synagogue indépendante ne sera édifiée qu'en 1926. Celle-ci ne subsistera que 12 ans, incendiée par les nazis lors de la nuit de Cristal.
Butzbach est une ville d'Allemagne située dans l'arrondissement de Wetterau dans le Land de Hesse. La ville située à 16 km au sud de Gießen et à 35 km au nord de Francfort-sur-le-Main compte actuellement près de 27 500 habitants.
Au Moyen Âge
Des Juifs vivent déjà à Butzbach au Moyen Âge, la ville ayant reçu sa charte en 1321 : en 1332, ils sont mentionnés dans le cadre d'un emprunt. Lors de l'épidémie de peste de 1348-1349, les Juifs de Butzbach sont également victimes de persécution. Après cette persécution, leur présence est de nouveau mentionnée en 1371-1372. En 1384, une communauté juive possédant une synagogue est attestée à Butzbach. Les familles juives vivent principalement dans la Judengasse (ruelle des Juifs), mentionnée dès 1351, mais possèdent également des biens en dehors de cette rue. Leur principale source de revenus est le prêt sur gage. On trouve également trace en 1408 d'un médecin juif prénommé Jacob, d'un érudit juif du nom d'Aaron Katz, assassiné près de Sankt Goar en 1421 et d'un shochet (abatteur rituel) de la communauté juive. Il n'existe aucune trace d'une expulsion des Juifs à la fin du Moyen Âge ou au début de l'époque moderne, mais il semble que la plupart des Juifs aient quitté la ville au milieu du XVe siècle.
Aux XVIe et XVIIe siècles, des Juifs s'installent de nouveau dans la ville, vivant principalement du petit commerce, mais aussi occasionnellement de l'artisanat. En 1622, on recense cinq à huit familles, sept en 1653 et dix familles, avec un rabbin, en 1656. Pour des raisons inconnues, ces familles quittent Butzbach quelque temps plus tard ou sont expulsées. Un rapport de 1936, mentionne qu'une expulsion aurai eu lieu en 1676.
Depuis le début du XVIIIe siècle, des familles juives peuvent réintégrer la ville.
La communauté juive des XIXe et XXe siècles jusqu'en 1933
L’immigration significative ne se produit pas avant le XIXe siècle. En 1830, la ville ne compte aucun résident juif ; en 1848, on recense 27 Juifs répartis en cinq familles. Sachant que d’autres familles allaient suivre, elles obtiennent rapidement l’autorisation de fonder une communauté religieuse indépendante. Une salle de prière est aménagée dès . L’instituteur Heinrich Oppenheimer, originaire de Gleicherwiesen près de Römhild, prend en charge l’instruction des enfants. Il partira pour Darmstadt en 1858. Le premier conseil est composé de Mayer Meyer, Löb Kaufmann et Nathan Simon. En 1868, Butzbach compte déjà 14 familles juives. L’immigration en provenance des villages voisins, qui augmentera après la Première Guerre mondiale, ainsi que l’arrivée de Juifs dits orientaux fuyant les pogroms en Russie, portent ce nombre à une quarantaine de familles. Au début du XXe siècle, Hoch-Weisel qui compte en 1905 cinq résidents juifs, est rattaché à la communauté de Butzbach. Les Juifs gagnent principalement leur vie comme commerçants, notamment marchands de chaussures et de textiles, négociants en bétail, marchands de produits agricoles, bouchers, marchands de tabac, horlogers ou cordonniers.
La communauté juive dispose d'une synagogue à partir de 1926, en remplacement de la salle de prière qui existait depuis 1848, d'une école religieuse et d'un cimetière. Un enseignant religieux est chargé des affaires religieuses de la communauté ; il officie également comme chantre et shochet (abatteur rituel). Après le départ de l'enseignant Heinrich Oppenheimer en 1885, Emil Spiro est engagé comme enseignant, chantre et abatteur rituel de la communauté, poste qu'il exercera jusqu'à sa mort en 1920[1]. Son successeur est Moritz Fuld.
Lors de la Première Guerre mondiale, Siegfried Stern, membre de la communauté juive, tombe au combat. Jacob Rosenbaum, né à Butzbach, mais habitant Wiesbaden est également tombé au combat.
Vers 1925, date à laquelle on recense 139 résidents juifs, les dirigeants de la communauté sont Isidor Krämer, Hermann Löb et David Grünebaum. Les mêmes sont réélus au conseil en 1932. Moritz Fuld est l'enseignant, chantre et abatteur rituel. À cette époque, il enseigne à cinq enfants juifs à l'école religieuse et dispense un enseignement religieux à huit enfants dans des écoles secondaires. En 1932, il enseigne à un total de douze enfants. Il enseigne aussi à des enfants des communautés voisines qui n'ont plus d'enseignants, comme Münzenberg, distant d'à peine 10 km. La communauté est classée comme orthodoxe et donc rattachée au rabbinat provincial orthodoxe de Gießen. Parmi les associations caritatives juives figurent la Israelitischen Frauenverein (Association des femmes israélites) dont le but est de venir en aide aux nécessiteux et aux malades et la Männer-Krankenverein (Association d'aide aux malades) - Chewra Kadischa, qui soutient les nécessiteux et offre des services funéraires.
Présence d'un antisémitisme latent
Dans les années 1890, l'antisémite notoire Philipp Köhler, originaire de Bettenhausen, près de Langsdorf, provoque un climat de forte inquiétude dans la région de Butzbach au sein des communautés juives. Il ne parvient pas à se faire élire au parlement de Hesse[2],[3],[4],[5] en 1890, mais est élu au Reichstag en 1893 sous l'étiquette du Deutschsoziale Reformpartei (Parti social allemand de la réforme).
« Les événements qui se déroulent ici témoignent clairement de la façon dont l'antisémitisme sème la discorde au sein de larges pans de la population. Notre petite ville, avec ses deux marchés, le marché Sainte-Catherine et le marché Fasel, est le centre névralgique de toute la région de Wetterau. Les disciples de Böckel sont parvenus à pousser les choses si loin que les associations antisémites de la jeunesse villageoise ont jugé bon d'annoncer un bal antisémite à Nieder-Weisel [actuellement quartier de Butzbach], le dernier jour du marché Sainte-Catherine, le , à l'aide d'affiches bien visibles, dans le but manifeste de perturber le commerce du marché de Butzbach[6]... »
La période nazie
Après 1933 et l'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler, certains membres de la communauté juive, qui compte alors 148 personnes soit 2,6 % de la population totale, quittent Butzbach pour s'installer dans des grandes villes allemandes ou émigrent en raison de la marginalisation croissante et des représailles. Un grand nombre d'entre eux, environ 80 personnes s'installent aux États-Unis. Lors de la nuit de Cristal en , non seulement la synagogue, mais aussi des commerces et des maisons juives sont entièrement détruits. Entre autres, l'horlogerie d'Hermann Löb, située 9 Griedeler Straße, est saccagée et des horloges ainsi que des bijoux de valeur sont jetés dans la rue. Des membres de la SA les piétinent et une partie de la marchandise est volée. L'épouse d'Hermann Löb meurt six semaines plus tard des suites des brutalités qu'elle a subies.
En 1941-1942, les 18 derniers habitants juifs sont déportés vers des camps d'extermination.
Le mémorial de Yad Vashem[7] de Jérusalem et le Gedenkbuch - Opfer der Verfolgung der Juden unter der nationalsozialistischen Gewaltherrschaft in Deutschland 1933-1945[8] (Livre commémoratif – Victimes des persécutions des Juifs sous la dictature nazie en Allemagne 1933-1945) répertorient 82 habitants nés, ou ayant vécu longtemps à Butzbach parmi les victimes juives du nazisme.
Histoire de la synagogue
Synagogue du Moyen Âge
Une synagogue est mentionnée à la fin du XIVe siècle en 1384 sous le nom de Judenschule. Elle se situe dans l'ancienne Judengasse (aujourd'hui Hirschgasse) à l'ouest de la place du marché, jusqu'aux remparts de la ville. Cette synagogue de la fin du Moyen Âge semble avoir été abandonnée avec le départ des familles juives au milieu du XVe siècle, car elle est tombée entre les mains des seigneurs de la ville avant 1476 ou au cours de cette année-là. Les vestiges de ses murs ont subsisté quelque temps après.
Synagogue dans la mairie

Les familles juives qui s'installent à Butzbach au milieu du XIXe siècle assistent initialement aux offices de la ville voisine de Hoch-Weisel distante de 5 km (quartier de Butzbach depuis fin 1970). En 1848, une salle au premier étage de la mairie est mise à leur disposition comme salle de prière. Le (Shabbat Nachamu, 13 Av 5608), le premier office pour les familles juives nouvellement installées à Butzbach y est célébré. L'organisation religieuse s'inspire des offices de la synagogue principale de Francfort-sur-le-Main. Un article de 1857 paru dans le journal juif Allgemeine Zeitung des Judentums, décrit cette première salle de prière et le déroulement des offices, notamment l'introduction du chant choral dans les offices de la communauté juive de Butzbach.
« ...la communauté locale s'est développée au point que nous avons pu instaurer nos propres offices religieux dès (Chabbat Nachamu) et nous constituer ainsi en communauté officielle. La plupart des membres de la communauté ne suivant pas l'ancien office, malheureusement encore en vigueur dans la plupart des communautés de notre province, nous nous sommes tournés vers le rabbin Stein à Francfort-sur-le-Main, qui, avec une profonde gratitude, nous a volontiers aidés et nous a aimablement transmis l'intégralité du calendrier liturgique de la synagogue principale de Francfort-sur-le-Main. Nous avons essentiellement suivi cette liturgie simplifiée et raffinée, sans toutefois adopter le cycle triennal et en omettant les hymnes faute d'enseignant qualifié à l'époque.
Ce dernier problème est désormais résolu, car nous avons récemment accueilli un chantre compétent en la personne de M. Oppenheimer, professeur de religion de Gleicherwiesen. Il a initié les enfants de notre communauté, encore peu nombreux, au chant choral. Ce style ne manque jamais de toucher profondément le cœur de chaque Israélite sincère, passionné par la religion de ses ancêtres, et enrichit le culte à tous égards...Si nos rabbins se préoccupaient davantage des écoles et du culte, et si chaque communauté n'était pas livrée à elle-même, la situation serait tout autre ; l'ancien office, désordonné et solennel, céderait alors la place à un culte plus digne et plus fervent[9]. »
Comme le nombre de membres de la communauté juive continue d'augmenter, la communauté s'efforce de construire une synagogue dans la ville. Dès 1881, la construction est approuvée, mais n'est pas entreprise à cette époque. En 1920, une nouvelle tentative est lancée. Des appels aux dons sont alors organisés afin de réunir une partie des fonds nécessaires:
« La communauté juive de Butzbach (Haute-Hesse) est contrainte de construire une synagogue. Depuis cinquante ans, ses offices se tiennent dans une salle de la mairie. La ville a désormais besoin de son propre espace. Les membres locaux ont déjà contribué à un fonds de construction conséquent, mais les fonds restent insuffisants. Nous sollicitons donc la générosité des fidèles pour qu'ils fassent un don au comité de construction de la synagogue...Le rabbin provincial, le Dr Hirschfeld, à Giessen, est à votre disposition pour toute information complémentaire[10]. »
Nouvelle synagogue

L'inflation retarde le début de la construction. En 1925, l'architecte Jacob Lippert, de Butzbach, est chargé de concevoir la nouvelle synagogue. Il soumet les plans et la demande de permis de construire pour la communauté juive de Butzbach en . La synagogue moderne doit être construite sur un terrain de 1 524 mètres carrés, à la périphérie de la ville, en direction de Gießen, entre la Ludwigstraße et la Wetzlarer Straße. Elle se situe en face de la vaste demeure du Dr Leopold Simon, dont le rez-de-chaussée abrite la brasserie Zum Löwen. Pour des raisons budgétaires, seule la première phase de construction est initialement prévue. Un agrandissement ultérieur devrait suivre. Au cours de la procédure d'approbation du permis de construire, les plans sont révisés, le bâtiment légèrement déplacé et la conception modifiée, de sorte qu'un agrandissement ultérieur ne semble plus nécessaire dans l'immédiat. Le nouveau lieu de culte à l'entrée de la ville est alors achevé en un temps relativement court. La première pierre de la nouvelle synagogue est posée le . Le compte rendu suivant parait dans la revue Der Israelit:
« Pendant plus de quarante ans, la petite communauté juive locale s'est efforcée de construire son propre lieu de culte, en vain. Ce n'est qu'aujourd'hui, en raison des contraintes de circonstances, que son vœu commence à se réaliser. Le jour de l'Ascension d'Iyar (début du mois d'Iyar 5686, soit le ), la première pierre de la synagogue a été posée. Idéalement située, avec respect et sérénité, sur la route principale, cette petite synagogue s'élèvera comme un symbole de la renaissance de la vie juive et de l'esprit de sacrifice d'une petite communauté qui a déjà consenti, et continuera de consentir, d'importants sacrifices financiers à cette fin, la somme principale pour la construction ayant dû être empruntée. Encourager cet esprit de sacrifice au sein d'une petite communauté est assurément l'une des tâches les plus importantes pour la société actuelle, alors que la vie juive dans les petites communautés est si durement touchée. C'est pourquoi nous vous demandons cordialement de soutenir et de promouvoir ce projet sacré selon vos possibilités, par le biais de dons[11]... »

L'inauguration a lieu le sous un soleil radieux, lors d'une grande fête organisée pour toute la ville. Le rabbin provincial, le Dr. Hirschfeld de Gießen, officie lors de la cérémonie. Un article détaillé sur l'événement parait dans la revue Der Israelit:
« ...La nouvelle synagogue se dresse désormais là, impressionnante non par sa taille et son espace, mais par son architecture sobre et respectueuse, presque une silhouette, encadrée par de grands arbres. Le , à 14 heures, la cérémonie d’inauguration, empreinte de dignité à tous égards, a débuté. La participation de la population locale à cette célébration exceptionnelle fut forte et sincère, et de nombreux visiteurs venus d’ailleurs affluèrent. Pour le dire d'emblée : l'événement, par sa forme et son contenu, par son organisation rigoureuse, son déroulement digne et respectueux, et enfin par son effet impressionnant sur les participants et les spectateurs, constituait un véritable Kiddouch Hachem (« Sanctification du Nom de Dieu ») ! La mairie, qui abritait depuis lors la salle de prière de la communauté juive, était décorée de drapeaux. De même, la rue empruntée par la procession était richement pavoisée. De nombreuses communautés juives extérieures à la ville avaient envoyé leurs représentants. Le conseiller commercial Meyer de Magenza (Mayence) représentait l'association régionale. Étaient également présents le clergé des deux autres confessions locales, des représentants des écoles (lycée, école primaire, etc.), des conseils d'églises et d'autres corporations municipales.
M. Fuld, un enseignant de la communauté juive, a ouvert la cérémonie par un discours d'adieu devant l'ancienne salle de la synagogue, dans l'hôtel de ville. Il a retracé brièvement et clairement la construction de la nouvelle synagogue et décrit les différentes difficultés rencontrées. Après que la chorale de la synagogue locale eut chanté le Vayehi Binsoa[12], les rouleaux de la Torah ont été retirés, suivis d'une courte allocution du rabbin provincial, le Dr Hirschfeld de Gießen. L'architecte Lippert de Butzbach, qui avait supervisé la construction de la nouvelle synagogue et en avait également conçu les plans, a remis les clés du lieu de culte au conseil de la communauté juive. À l'issue de cette brève cérémonie, le cortège, accompagné des notes de l'hymne « Les cieux racontent la gloire de Dieu[13] », s'est mis en route vers la nouvelle synagogue, portant les rouleaux de la Torah. Ce fut un moment solennel, presque émouvant, tandis que le cortège inhabituel, bordé de nombreux spectateurs, traversait la rue décorée pour l'occasion. Avant l'entrée dans la nouvelle synagogue, le bourgmestre, le Dr Hansen, a chaleureusement accueilli, au nom de la ville, tous les invités venus de près ou de loin et a adressé ses plus sincères félicitations à la communauté juive pour leur magnifique nouveau lieu de culte...Mlle Ferna Katz prononça avec grâce un discours d'ouverture vibrant, composé par M. Fuld, l'enseignant, et remit les clés de la synagogue au représentant du bureau de district, le Dr Grein, conseiller municipal. Il transmit les meilleurs vœux du gouvernement et du bureau de district pour cette belle célébration. Le chef de la communauté juive locale accepta la clé et, après un bref serment, la remit au rabbin provincial, le Dr Hirschfeld. Avec des paroles de bénédiction, il ouvrit la synagogue et la consacra à sa vocation, et la foule en liesse, aussi nombreuse que la synagogue pouvait contenir, afflua à l'intérieur. Tous furent frappés par la beauté de l'intérieur de la synagogue. Pendant l'hymne choral « Ma Tovu[14] » (« Que c'est beau… »), les rouleaux de la Torah furent apportés, portés par quelques-uns des membres les plus âgés de la communauté. Au même moment, un chant interprété par des garçons sous la direction du Dr Ehrenreich commença. L'allumage de la « lampe éternelle » et l'ouverture de l'Arche Sainte ont suivi, culminant avec l'élévation des rouleaux de la Torah au son du chant choral « Umnuchau Jaumar ». M. J. Krämer, président de la communauté locale, a ensuite brièvement retracé la construction de la synagogue, remerciant les nombreux représentants des différentes entreprises et tous les participants. M. Meyer, membre de la Chambre de commerce de Mayence, a transmis les félicitations de l'association régionale et de la communauté sœur de Mayence. Le Dr Hirschfeld a ensuite prononcé un long discours de célébration qui a profondément marqué les esprits[15]... »
Le journal local de Butzbach écrit :
« La cérémonie était émouvante et à la hauteur de l’occasion. Un peuple qui défend et honore sa religion fait preuve du plus grand respect envers lui-même. Nous souhaitons également beaucoup de bonheur à la communauté juive pour l’inauguration de son magnifique lieu de culte, véritable joyau qui fait honneur à notre ville. Hier, ils ont constaté que tous les citoyens participaient à la célébration. Et si l’esprit de réconciliation a émergé de cette fête, c’est assurément le plus grand et le plus beau des gains[16]. »
La synagogue de Butzbach est un bâtiment de forme polygonale. Elle compte 120 places assises. La synagogue de Butzbach ne sera le centre religieux de la communauté juive de la ville que pendant douze ans. Lors de la nuit de Cristal en , la synagogue est incendiée. Le silence persistant des habitants les plus âgés de Butzbach empêche l'identification des auteurs. Les principaux instigateurs sont probablement des membres de la SA. Les pompiers protègent les maisons voisines, notamment une usine de peinture située à proximité mais ont l'interdiction d'éteindre l'incendie de la synagogue. Les trois membres du conseil d'administration de la communauté, Hermann Lob, Leopold Rosenblatt et David Grünebaum sont déportés au camp de concentration de Buchenwald après le . Le , ils sont contraints de signer l'acte de vente du terrain de la synagogue. Lobb et Rosenblatt doivent signer alors qu'ils sont encore à Buchenwald ; Grünebaum, libéré, signe à Butzbach. Une stèle commémorative est érigée le à l'emplacement de l'ancienne synagogue. On y lit l'inscription en allemand:
« Hier stand die Synagoge der ehemaligen Jüdischen Gemeinde Butzbach.
Erbaut 1926, in der Zeit der nationalsozialistischen Gewaltherrschaft niedergebrannt am 10. November 1938.
Am gleichen Tage wurden auch die Synagogen in den Stadtteilen Griedel, Nieder-Weisel und Pohl-Göns zerstört.
Damit begannen Vertreibung und Vernichtung unserer jüdischen Mitbürger.
Von diesem Geschehen lassen wir uns mahnen:
Nie wieder darf unser Volk den Terror gegen Menschen zulassen.
Shalom – Friede
(Ici se dressait la synagogue de l'ancienne communauté juive de Butzbach.
Construite en 1926, elle fut incendiée le 10 novembre 1938, sous le régime nazi.
Le même jour, les synagogues des quartiers de Griedel, Nieder-Weisel et Pohl-Göns furent également détruites.
Ce fut le début de l'expulsion et de l'extermination de nos concitoyens juifs.
Cet événement nous rappelle que jamais plus notre peuple ne doit tolérer la terreur contre l'humanité.
Shalom – Paix.) »
La plaque commémorative est volée en 2017, mais une nouvelle, légèrement modifiée, est installée peu après.
- Monument à l'emplacement de la synagogue détruite
- Plaque commémorative sur le monument
En 2014, une plaque commémorative est installée à la mairie de Butzbach avec le texte suivant :
« Im Rathaus unserer Stadt befand sich der Betsaal der jüdischen Gemeinde Butzbach
vermutlich von ihrer Wiederbegründung im Jahre 1848 bis zur Erbauung einer eigenen Synagoge im Jahre 1926.
Diese wurde während der nationalsozialistischen Gewaltherrschaft
im November 1938 schändlich zerstört
(La salle de prière de la communauté juive de Butzbach était située dans la mairie de notre ville,
probablement depuis sa réinstallation en 1848 jusqu'à la construction de sa propre synagogue en 1926.
Celle-ci a été honteusement détruite pendant la tyrannie nationale-socialiste en novembre 1938.) »
Notes et références
- ↑ (de): Article dans la revue Der israelit du 24 juin 1920
- ↑ Arrivés à égalité avec le même nombre de voix, Philipp Köhler du Deutschsoziale Reformpartei et le Dr Vogt du parti national-libéral, le tirage au sort désigna Köhler, mais son élection a été invalidée au profit du Dr Vogt car l'un des électeurs ayant voté pour Köhler ne possédait pas la nationalité hessoise
- ↑ (de): Article de la revue Der israelit du 7 aout 1890
- ↑ (de): Article du journal Allgemeine Zeitung des Judentums du 15 aout 1890
- ↑ (de): Article dans la revue Der Israelit du
- ↑ (de): Article dans le journal Allgemeinen Zeitung des Judentums du 25 décembre 1891
- ↑ (en): Base de données des victimes de la Shoah ; Mémorial de Yad Vashem.
- ↑ (de): Recherche de noms de victimes dans le Gedenbuch; Archives fédérales allemandes.
- ↑ (de): Article dans le journal Allgemeinen Zeitung des Judentums du
- ↑ (de): Article dans la revue Der israelit du
- ↑ (de): Article dans la revue Der Israelit du
- ↑ Vayehi Binsoa: prière à l'ouverture de l'Arche Sainte
- ↑ https://fr.wikisource.org/wiki/Bible_du_Rabbinat/Psaumes#Bible_du_Rabbinat/PsaumesCH019 Bible du Rabbinat/Psaumes - Chapitre 19-2
- ↑ Ma Tovu: prière en entrant dans la synagogue
- ↑ (de) Article dans la revue Der Israelit du 21 septembre 1926
- ↑ (de): Article dans le journal Butzbacher Zeitung du 21 aout 1926
L'édifice peut être considéré comme un nouveau fleuron architectural de notre ville. Seule une gestion financière rigoureuse et un usage judicieux des moyens techniques les plus économiques ont permis de concrétiser le projet sous sa forme actuelle. Et c'est avec brio que l'architecte, Jakob Lippert, a su relever ce défi, ce qui lui vaut ici également des éloges. Là où l'effet est généralement obtenu par l'emploi de matériaux onéreux, de sculptures, etc., ici, il est obtenu par l'harmonie des couleurs ; preuve qu'il est possible d'utiliser la couleur avec audace et liberté sur des édifices solennels et religieux. La ville de Butzbach peut être fière de sa nouvelle synagogue, d'une sérénité et d'une atmosphère particulières, se détachant presque en silhouette sur fond de grands arbres, conformément à la vision de l'artiste. À l'intérieur, c'est un véritable écrin, élégamment meublé avec les éléments caractéristiques d'un lieu de culte israélite, faisant honneur à la communauté juive et à son constructeur
- (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Synagoge (Butzbach) » (voir la liste des auteurs).
- (de): Butzbach (Wetteraukreis) - Jüdische Geschichte / Synagoge; site: alemannia-judaica
- (de): Dieter Wolf: Alte Synagoge im Rathaus und neuere Synagoge
- (de): Ludwig Hellriegel: Geschichte der Butzbacher Juden; Wetterauer Geschichtsblätter; Volume: 17; 1968; pages: 29 à 55