Synagogue de Remagen (1869-1938)

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La synagogue de Remagen en 1905

La synagogue de Remagen, inaugurée en 1869, a été détruite en 1938 lors de la nuit de Cristal comme la plupart des autres lieux de culte juif en Allemagne.

Remagen est une ville allemande de Rhénanie-Palatinat dans l'arrondissement d'Ahrweiler sur la rive occidentale du Rhin, à environ 25 km au sud de la ville de Bonn. Elle compte actuellement près de 17 500 habitants.

Le Moyen Âge et le début de l'installation des Juifs

Les Juifs ont vécu à Remagen dès le Moyen Âge. Ils sont victimes de massacres en 1298 lors du pogrom de Rintfleisch et lors de la peste noire en 1348-1349 où ils sont accusés d'avoir empoisonné les puits. Dans les documents d'époque on trouve le nom de Samson ben Gerschon de Remagen et de sa femme Dileia, qui ont acheté une partie de maison en 1318 et une autre maison en 1326 dans le quartier juif de Cologne. On mentionne en 1340 un Nathan de Remagen. Après les persécutions dues à la peste noire, les Juifs se sont probablement réinstallés dans la ville vers 1400. Ils obtiennent en 1398, 1401 et 1409, des lettres de protection leur permettant de vivre à Remagen et à Sinzig. D'autres Juifs sont mentionnés dans la première moitié du XVe siècle. En 1424, des Juifs expulsés de Cologne ont pu également s'y installer.

La nouvelle communauté jusqu'à l'avènement du nazisme

L'émergence de la communauté moderne remonte aux XVIIe et XVIIIe siècles. En 1724 quatre familles juives sont mentionnées dans la ville ; En 1808, il y a 35 résidents juifs. Le plus grand nombre de résidents juifs est atteint vers 1860, avec 62 personnes en 1858 et 64 en 1863, réparties en 14 familles. Après ces dates, le nombre de Juifs à Remagen chute en raison de l'émigration vers l'étranger ou le départ vers les grandes villes allemandes, de sorte qu'en 1895 ainsi qu'en 1925, on ne compte seulement 31 Juifs résidant en ville. Les juifs habitant Oberwinter, situé km au nord de Remagen, soit en 1864 4 familles avec 20 personnes, font également partie de la communauté de Remagen.

La communauté est bien installée et comprend une synagogue, une école religieuse en association avec les communautés voisines, un Mikvé (bain rituel) et deux cimetières, un ancien qui au XIXe siècle ne reçoit plus d'enterrement et un nouveau. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, vers 1880-1895, l'école religieuse est commune aux communautés de Remagen, de Sinzig (km au sud de Remagen) et de Niederbreisig (10 km au sud de Remagen). En 1908, un professeur commun de religion est employé pour les enfants des communautés de Remagen, Sinzig et Niederzissen (15 km au sud de Remagen). En plus de l'instruction religieuse, les enfants juifs fréquentent les écoles chrétiennes locales des localités respectives.

Au milieu des années 1920, la communauté juive se compose de neuf familles. Les dirigeants de la communauté sont Moritz Fassbender et Gustav Meyer. Les cinq écoliers juifs restants reçoivent une instruction religieuse du professeur David Würzburger de Linz am Rhein, situé à km à l'ouest de Remagen, sur l'autre rive du Rhin.

Au milieu des années 1920, la communauté juive de Remagen avec celle de Sinzig forte de 39 habitants juifs en 1925, forme un Synagogenbezirk (district synagogal) avec les communautés de Löhndorf et de Bodendorf, comptant à elles deux 12 résidents juifs en 1925. En 1932, Moriz Fassbender est le président de la communauté, H. Bär son adjoint et A. Meyer le responsable à Sinzig. Martin Stiebel en tant qu'enseignant de religion, se rend régulièrement à Remagen d'Andernach, situé à 25 km au sud de Remagen, , bien qu'au cours de l'année scolaire 1932-1933, il n'y a plus qu'un seul enfant juif d'âge scolaire à Remagen. Jusqu'en 1933, certains commerces sont détenus par des Juifs, comme: le magasin de vente en gros de maroquinerie de Jonas Fassbender; le magasin de cigares de Jonas Levy; le magasin d'articles d'occasion de Aaron (dit: Markus) Marx; la boucherie Bär ainsi que la jardinerie Levit.

La Chevra Kadisha

Deux associations sont actives à Remagen, la Chevra Kadisha (Société du dernier devoir) fondée en 1837, qui s'occupe des personnes décédées jusqu'à leur enterrement religieux et accompagne leurs proches, et la Israelitischer Wohltätigkeits-Verein (Association caritative israélite), créée en 1888 et issue de la Chevra Kadisha. Cette dernière prendra quelques années plus tard le nom de Verein zur Förderung des Handwerks unter den Juden (Association pour la promotion de l'artisanat chez les Juifs)[1]. Première association juive de la région à s'occuper de la formation des enfants à l'artisanat, elle compte 219 membres en 1892 et environ 200 dans les années 1920, non seulement de Remagen et des villes voisines, mais même de Bonn et de Cologne.

Dans son rapport annuel de 1894, l'association note qu'un "haut corps législatif" se prépare à restreindre le colportage et le commerce du bétail dont vivent particulièrement de nombreux Juifs. Dès lors, le but de l'association permettant aux jeunes juifs de recevoir une formation professionnelle, prend une importance toute particulière[2]. L'avocat Gottschalk de Cologne, profite de l'assemblée générale pour demander une révision des statuts et éventuellement le transfert du siège de l'association de Remagen vers une grande ville rhénane. En 1895, les dépenses de formation financées par les cotisations des membres s'élèvent à 800 marks-or[3]. Lors de son assemblée générale du , l'Association caritative décide d'étendre son rayon d'action aux communautés juives de la région administrative de Coblence[4], et en 1903, elle publie un encart dans les journaux juifs:

« On recherche des garçons et des filles de parents juifs pauvres, qui ont le désir et la capacité d'exercer un métier ou des professions techniques ou agricoles, afin de leur permettre d'apprendre un tel métier, ou de soutenir leurs parents ou tuteurs à cet effet par des conseils et des moyens financiers[5]. »

L'association est alors dirigée par Moritz Fassbender de Remagen, président; A.J. Wolf de Remagen, vice-président et de Mrs Abraham Gottschalk d'Ahrweiler, Daniel Wallach et Hermann Hirsch de Linz, et S. Sander d'Erpel. Il est également demandé que les artisans juifs qui acceptent de laisser leurs apprentis juifs exercer leurs pratiques religieuses pendant leur formation soient signalés.

En 1913, un fonds de prêt est mis en place pour aider les jeunes artisans à créer leur propre entreprise Concernant le nombre d'apprentis, on relève: pour 1891-1892, pour la première fois 2 garçons et 2 filles élevés et formés aux frais de l'association[6]; en 1913 on compte 2 couturières, 3 cordonniers, 2 boulangers, 1 jardinier, 2 bouchers[7]; L'activité de l'association a perduré jusqu'en 1938, mais les archives font défaut.

En 1924 le président de la Chevra Kadisha est Moritz Fassbend et en 1932 Carl Hirsch de Sinzig.

Le nazisme et la fin de la communauté

En 1933, à l'arrivée au pouvoir d'Hitler, on compte encore 25 habitants juifs à Remagen. Plusieurs d'entre eux vont, jusqu'en 1940, quitter la ville en raison du boycott économique, de la privation de leurs droits et des représailles. La synagogue est détruite lors de la nuit de Cristal du 9 au . Les hommes de la SA brisent les vitrines des magasins Fassbender et Levy et détruisent leurs présentoirs. Les fenêtres de l'appartement de la famille Fassbender et de la maison Marx sont également brisées.

En avril et , les 14 derniers résidents juifs de la ville sont regroupés dans trois Judenhäuser (maisons juives) avant d'être déportés vers les camps de la mort.

Le mémorial de Yad Vashem[8] de Jérusalem et le Gedenkbuch - Opfer der Verfolgung der Juden unter der nationalsozialistischen Gewaltherrschaft in Deutschland 1933-1945[9] (Livre commémoratif – Victimes des persécutions des Juifs sous la dictature nazie en Allemagne 1933-1945) répertorient 28 habitants nés, ou ayant vécu longtemps à Remagen parmi les victimes juives du nazisme.

La synagogue de Remagen

Histoire de la synagogue

Commémoration

Références

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